VE TS

me

PER ES # + à APACA % 5 = 3 2y7 à a 1 É A EE EEE LP - a 15 £ E = ET ER PE RL RE 2 Tam 127 COLLE

Mémoires de la Société

Linnéenne de Paris.

Tome 58.

Wanting the frontispiece portrait of Broussonnett

mentioned on p.67 of pt.5.

: * Eu . - - { è

©. 9h! A:3.

MÉMOIRES

SOCIÉTÉ LINNÉENNE

DE PARIS.

DE L’IMPRIMERIE DE LEBEL, IMPRIMEUR DU ROI,

RUE D’ERFURTH, 1, PRÈS L'ABBAYE.

MÉMOIRES

SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE PARIS,

PRÉCÉDÉS DE SON HISTOIRE,

PENDANT LES ANNÉES 1829 ET 1824.

VV VU AVAL AV LU QU LA VARAU

TOME TROISIÈME.

RAA AVI A/R AAA NU AA AAA/0 AVATAR

PARIS,

AU SECRÉTARIAT DE LA SOCIÉTÉ LINNÉENNE, Rue des Saints-Pères, 46, en face la rue Taranne, Er cnez DESBEAUSSEAUX, Lagraire, QuAr MALAQUAI, No 15,

VV VV VVQ/Y

1929.

SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE PARIS.

AAA VA LAN AAA AAA MUALARAA RAT

PREMIÈRE PARTIE.

HISTOIRE DE LA SOCIÉTÉ.

DV ERA AAA AAA AAA AAA AAA AAA AA AAA AA UAE UV

AAA MVL AAA AA LU VV VV VA LV VAL AUT VU UVAALAV/ A/S VAE

SOCIÉTÉ LINNÉENNE

DE PARIS.

37"° ANNÉE DE SA FONDATION.

PROCES-VERBAL de la Séance publique du 28 décembre 1824, jour anniversaire de la mort

de TOURNEFORT.

À midi précis, les portes de la grande salle de l'hôtel de la préfecture du département de la Seine, dite Salle Saint-Jean, furent ouvertes au public. Le thermomètre marquait alors 10° 75 centigrades; le baromètre indi- quait 761,44; et l'hygromètre était à 94 degrés. Le ciel était nuageux avec brouillard, les vents soufllaient du sud-sud-ouest,.

La salle était décorée de draperies et ornée du buste de Linné. La famille de feu Anpr£ Tnouin, mort pré- sident de la Société Linnéenne, occupait une tribune particulière. Une brillante réunion de dames, de savans étrangers, de magistrats, de députations des diverses académies de la Capitale, composaient l’assemblée qui était des plus nombreuses et des mieux choisies. Près de MM. les ambassadeurs de Suède et de Danemarck, et de M. le chargé d’affaires du Grand-Duc régnant de

a

Ca)

Saxe-Weimar, siégeaient MM. Popevin, Barriy, Des- MyTTÈRE et Pasrré, nommés maîtres des cérémonies.

À une heure, tous les Membres résidans, les Mem- bres honoraires et Auditeurs, plusieurs Correspondans nationaux, M. le docteur Gorcy, président de la Co- lonie Linnéenne de la Moselle et de la Meurthe, ainsi que les dames Associées-libres, prirent place dans les fauteuils qui leur étaient destinés et se grouppèrent autour du bureau.

Les Dignitaires s’étant assis, M. le docteur DEscour- r11Z, Président actuel de la Société Linnéenne, se leva, ouvrit la séance, et prononcça le discours suivant :

« Honorables Gollègues,

» L'époque solennelle qui nous rassemble est l’anni- versaire du jour TournErorr a cessé de vivre. Gette réunion a pour but d’acquitter une dette pénible, mais chère à nos cœurs. Joignons à cette première couronne celle de Lixxé,son digne successeur, de Lixx£ dont la perte, également sentie, jeta tous les vrais savans dans la consternation.

» Offrons un double hommage à ces deux botanistes célèbres, merveille de leur siècle, et qui, par des routes différentes, mais sagement établies, nous font arriver, à chaque recherche, au but qu’ils se sont proposé. En citant les /nstitutions botaniques de Tournerorr, et le Système des plantes de Linx£, j'entends déjà vos cris d’allégresse et d’admiration remplir la voûte du sanc- tuaire que nous avons consacré à leurs talens sublimes, à leur glorieuse mémoire.

A

» Honneurs soient rendus à ces confidens de la

(in)

nature, à ces scrutateurs profonds des secrets de la création; à ces rares génies doués d’un jugement sain, d’une vaste conception; à ces fondateurs de deux sys- ièmes ingénieux qui ont rapproché les plantes de l’es- pèce humaine par des relations sensibles et véridiques; à ces architectes enfin qui ont élevé, pour l’intelli- gence du développement et de la fécondation régéné- ratrice des végétaux, un temple, tous les mystères de leur hyménée sont dévoilés.

» Par un effet heureux de cette douce sympathie, qui unit étroitement les vrais amis des beautés du globe, nous avons pour patrie commune l'univers, et pour famille tous les admirateurs des merveilles de la nature. Semblables à la diligente abeille qu’on voit sans cesse occupée à butiner la corbeille de Flore pour en enrichir sa ruche, chacun de nous, Messieurs, doit déposer sur le cippe brille le buste de l’immortel Liné, notre patron, les découvertes utiles qu’il a faites dans l’année. C’est un tribut bien doux que nous devons consacrer à la mémoire de ce grand homme. Depuis près de quarante ans cet usage est établi parmi vous : puisse un avenir heureux resserrer nos liens fraternels, et protéger l'exécution de nos projets! Linxé£ n'existe plus, mais ses ouvrages sont partout, ils assurent à son génie une gloire éternelle.

» Nommé par vous Président à la mort de M. Axpnf Tnouix, dont la perte récente nous a couverts de deuil, je frémis, Messieurs, en songeant aux devoirs qui me sont imposés, et à l'énorme différence que vous trou- verez entre le maître et l’élève; mais si je ne puis vous offrir les vrais talens et l'expérience consommée du

de

(iv) savant qui guida si long-temps mes pas dans la vaste carrière des sciences naturelles, je m’efforcerai d’y suppléer par un dévoûment sans bornes, par une étude opiniâtre qui me méritera sans doute le doux plaisir d’attacher quelques fleurons de plus à la couronne bril- lante que lui a décernée la renommée.

» Nous avons eu à regretter, Messieurs, que les évé- nemens politiques ne nous aient pas permis de tenir une séance publique en 1823, mais j’ai la satisfaction de vous annoncer que pendant les années 1823 et1824 la Société Linnéenne a honorablement rempli son temps; son active correspondance, étendue sur les deux hémisphères, a fourni des faits nombreux qui ont, les uns, détruit quelques théories hasardées, les autres éclairé des points d’histoire naturelle jusqu'ici regar- dés comme inexplicables. L'analyse de ses travaux que va vous présenter le Secrétaire perpétuel en sera la preuve convaincante.

» Si la Société Linnéenne a perdu des hommes mar- quans, tels que Axpré Tuouin, votre ancien président, dont l'éloge est dans tous les cœurs et va vous être lu; TuuxserG qui fut l'ami et le successeur de Linx£; Jenxer qui, par sa belle découverte de la vaccine, ra- cheta la vie des deux tiers du monde, et arracha à une mort prématurée des milliers d’enfans pour les rendre à leurs mères éplorées; Gonn£A DE SErRA qui s’occupa si utilement de la carpologie, base essentielle à bien connaîlre pour naturaliser les plantes; Bowpicn, ce voyageur intrépide; Tone, martyr des sciences et de la noblesse de ses sentinens, qui avait si bien étudié les révolutions géologiques et les productions végétales du

(F4)

département des Landes; Juce-De-SaiNT-ManTIN, dont la vie tout entière fut consacrée à l’agriculture; Du- MonT DE CourseT, auteur estimé du Botaniste-Culti- vateur; Louis Reynier qui débrouilla l’histoire des plus anciens peuples dans ce qui a rapport à l’écono- mie rurale et l’économie politique : tous membres dis- tingués, sur la vie desquels votre Secrétaire perpétuel vous a lu, pendant les travaux de l’année, des notices biographiques, etc.; la Société a fait des acquisitions brillantes, des acquisitions qui lui donnent les plus hautes espérances. On peut dans le nombre citer le prince CuristTiAN, héréditaire du trône de Danemarck, qui s'occupe de la géologie dans le même temps qu'il protége les autres parties de l’histoire naturelle, et le Grand-Duc de Saxe-Weimar, ami de l’agriculture, et qui partage son temps entre les soins de ses Etats et le plaisir indicible de Part des jardins.

» Les filles de Linné, Messieurs, ont aussi reçu le diplôme d’associées libres; l'Amérique, le Piémont et la Suisse ont vu les dames, admises dans votre sein, rivaliser de gloire et de zèle pour enrichir le lieu de vos séances de dessins et de tableaux. Les dames, vous le savez, Messieurs, embellissent la vie: elles aiment la gloire et nous la font aimer. Leur présence enchante- resse nous inspire le désir de leur plaire, et c’est pour leur plaire que nos efforts sont grands, que notre vie devient studieuse, que notre active étude nous conduit à des succès, que ces succès nous méritent des cou- ronnes qu'il nous est si doux de partager avec elles ou plutôt de déposer à leurs pieds, C’est ce sexe char- mant, enfin, dont le talent reçoit la vie; c’est lui seul

A) qui inspira les touchans accords de CoLARDEAU, ce poète sensible qui exprima avec tant de feu, sur sa lyre sonore, les doux transports de la tendre Héroïsr.

» Loin de nous, Messieurs, ces rivalités funestes aux progrès de la science, et cette basse envie qui dégrade le sentiment; que ces passions haineuses fassent place à une émulation profitable à la société générale. Réu- nissons donc tous nos efforts.

» Membres de la section de zoologie : continuez vos obervations avec activité; qu’elles agrandissent le do- maine de la science, et tournent au prolit des hommes et de l’agriculture. Rappelez-vous que notre confrère Desuayes, en nous donnant l’histoire du hérisson, ne s’est pas borné à un examen physiologique, qu’il a fait apprécier l'utilité du petit chasseur pour nettoyer les jardins, les vergers et les plantations d’arbres des in- sectes dévastateurs et des autres animaux rongeurs. Imitez M. Braunien, votre correspondant à Vendôme, à qui l’on doit un Traité pratique sur l'éducation des abeilles, et profitez de ses curieuses découvertes.

» Membres de la section de botanique théorique : riches des nomenclatures avouées par les académies, évitez de nouveaux systèmes, et surtout des synony- mies inintelligibles ; c’est hérisser d’épines une science dont la simplicité fait tout le charme. Conservez pré- cieusement, sans les dénaturer, les richesses sans nom- bre acquises par de constans travaux. Que vos systèmes de nomenclature soient aussi purs que la fleur nou- velle que vous avez à décrire; évitez soigneusement de replonger dans le cahos une science aimable dont on doit éloigner les diflicultés, pour qu’elle se trouve

( vu )

conforme au vœu du Créateur. Cependant accueillez les innovations, ne rejetez pas les réfutations, c’est du choc des opinions que naît la vérité. La Société se plaît, par mon organe, à adresser des félicitations à plusieurs de ses membres, à MM. Soucan@r-Bonin, Nor- serre, GEcs, et Auninerr, de Tonnelle, près Taras- con, qui, par un dévoûment sans bornes, sont parvenus à propager en Europe la culture des plantes exotiques, au moyen des sacrifices énormes qu'ils ont faits pour élever à la science des temples l’on peut étudier dignement la nature. Elle en adresse aussi à MM. Dr- LAVAUX, qui Connaîl si bien les richesses végétales de la France; GAUDICHAUD, qui nous en a rapporté un très- grand nombre des pays qu'il vient de parcourir; Pr- ROLLE, à qui les jardiniers doivent un bon guide.

» Membres de la section de physiologie végétale : c’est à vous de nous signaler les caractères extérieurs et l’organisation interne des plantes à décrire, pour faire distinguer avec certitude la place qu’elles doivent oc- cuper dans les sections, les genres et les familles. C’est à vous de nous faire connaître leur organisation in- terne, leur mode de nutrition et d’absorption souter- raines au moyen de leurs racines; le mouvement de la sève, et autres phénomènes du développement de leur végétation. Gonsultez les travaux des Saussune fils, des Dursrir-Tuouars, des Mirez, qui ont traité cette matière avec une rare perfection.

» Membres de la section de botanique applicable aux arts : que vos savantes études vous conduisent à des découvertes utiles. Sondez les écorces; recueillez les sèves résineuses pour en obtenir par diverses manipu-

Cyr) lations ou par la chimie, à l’exemple de vos collègues MM. pe Viceneuve, LAUBERT, ASTIER, BONASTRE, Lauuonr et Descourrizz, des cotons, des filasses, des principes colorans, des brais pour la marine, du vernis, du caout-chouc.

» Membres de la section de botanique applicable à l’art de guérir : analysez les plantes susceptibles d’of- frir des ressources à la médecine, et les racines fécu- lentes capables d'augmenter, en cas de disette, les res- sources de l’indigent. Déjà plusieurs de vos membres ont publié des flores locales, en indiquant souvent les propriélés médicales des plantes. On peut citer avec distinction la Flore de l’Archipel grec et des côtes du Pont-Euxin qui complète celle de Tourxerorr, et qui vous a été offerte par M. Dumonr-Durvizze, voyageant encore en ce moment pour l'intérêt de la science; les Flores de Sicile, par M. Bivowa; celle de Naples, par M. Texore; celle de Toscane, par M. Garrano Savi; et celle de toute l'Italie, par M. Briexour, de Modène; le précieux travail de M. le docteur Roques sur les plantes vénéneuses; la Flore médicale des Antilles (Amérique du Sud }), par M. le docteur DescourriLz ; celle de l'Amérique du Nord, par M. Nurraz, de Phi- ladelphie; la Flore de Rouen, par M. LEerurqQuiEr DE Lonccuawr; la Flore d’Abbeville, par M. Boucuer; celle de Marseille, par M. Gourré-Lacour; enfin celle de Lot et Garonne, par M. pe SAINT-Amans.

5 Membres de la section d'agriculture, de cet art utile et précieux qui fait la prospérité des Etats : témoi- gnez, au nom de la Société Linnéenne, à MM. Grnou, DE VizeNEUvE, Marnieu pe Dompasie, TuifpauT px

(ax) BerneaAup, la satisfaction qu’elle éprouve de l’heureux emploi de leurs loisirs ; n’oubliez pas que votre confrère PErRorTET, qui, pendant trois années, a exploré toutes les îles du grand archipel d’Asie, de l’Afrique et de plusieurs côtes orientales de l’Amérique du Sud, en à rapporté des observations agricoles de la plus haute importance; qu'il a guidé, par son savoir, les naturels de ces beaux pays dans la culture des plantes pré- cieuses dont ils ne savaient point tirer parti; qu’il en a naturalisé le plus grand nombre en Europe, et qu’il affronte encore en ce moment les tempêtes de l'Océan dans l'espoir de vous offrir à son retour le résultat de ses nouvelles recherches. Nous devons aussi de la re- connaissance à notre confrère LAPyLAIE qui s’est con- sacré aux recherches botaniques en visitant Terre- Neuve et toutes les côtes françaises, et à nos collègues MM. Persoow, votre Vice-Président, Acarpn et pe BroN- DEAU, qui se sont particulièrement occupés de l'étude difficile et peu attrayante des cryptogames.

» Membres de la section de géologie : continuez vos recherches souterraines; consultez dans les entrailles de la terre ces fossiles de haute antiquité dont les es- pèces colossales nous sont inconnues, et qui consta- tent la majesté du monde en frappant les observateurs d’étonnement et d’admiration. Votez, Messieurs, des remerciemens à vos collègues MM. Boxxarre-Mansuy, de Saint-Mihiel; Lamoureux, de Nancy; Bory, de Saint - Vincent; Lanpreau, d'Angoulême; Soxer- Wiscemer, Dumonr-Dunvirze, pe Bounxox, le prince Cristian, TrAuLLÉ, et le savant précoce GILLET DE Laumonr fils, que ses rares talens en minéralogie, chi-

(x)

mie et docimasie viennent d’élever à une place hono- rable, mais dont nous devons regretter sincèrement l'éloignement. Les constans et pénibles travaux de ces membres distingués ont bien mérité de la Société Lin- néenne. Je devrais citer ici le savant Bourper de la Nièvre, que nous espérions posséder en ce jour so- lennel, mais il ne viendra plus partager nos travaux, l’impitoyable mort l'a ravi le 20 de ce mois à notre amitié. La mort a pour jamais interrompu ses utiles travaux ! Que ses mânes reçoivent nos adieux ! Que son inconsolable épouse voie dans l’expression de notre sensibilité la part active que nous prenons tous au malheur qui vient de la frapper, et dans la per- sonne de son époux dont le nom était déjà placé avec honneur dans les fastes de la géologie, et dans la per- sonne d’un fils qu’ils affectionnaient tous deux.

» Membres de la section de philologie : rapprochez les méthodes agricoles des anciens peuples de la terre, de celles que le temps et l'expérience ont perfection- nées; profitez des avantages des premières, sans ou- blier qu’une louable persévérance, qu’un travail opi- niâtre, que des expériences nouvelles sagement conçues et multipliées avec adresse, doivent certainement vous mériter de nouveaux succès, et par conséquent de nou- velles couronnes.

» Tels sont, Messieurs, les principes que nous devons adopter pour nous rendre dignes de déposer les fruits de nos découvertes au pied de l’autel de la patrie. Soydhs toujours unis par le seul désir d’être utiles à nos concitoyens; resserrons pour toujours les liens de notre intimité, et afin de vaincre les diflicultés

(x)

d’une étude nouvelle, éclairons- nous mutuellement du flambeau de notre expérience. Alors, Messieurs, le monde entier louera nos intentions, et encourage ra nos efforts par une bienveillante approbation. »

M. Triggaur pe BerneauD, Secrétaire perpétuel, rendit compte ensuite des travaux de la Société Lin- néenne pendant les années 1823 et 1824.

M. le docteur PrépaGnez, membre résidant, lut, au nom de la section de zoologie, un rapport sur le con- cours ouvert relativement aux animaux vivans ren- fermés dans des corps solides; il y rend compte des mémoires reçus et de la décision prise par la Société par laquelle elle a voté un encouragement de deux cents francs à M. Vazcor, de Dijon, auteur du mé- moire 2, ainsi que la prorogation, à l’année 1827, de la question proposée.

Après cette lecture, le Président se leva et prononca ces mots : «La Société Linnéenne de Paris déclare, » en ce jour mémorable, accorder à M. le docteur Vaz- » Lor, de Dijon, à titre d'encouragement, la somme de » deux cents francs promise à l’auteur de la collection » la plus complète de faits relatifs aux êtres vivans ren- » fermés dans des masses de pierres, dans des troncs » d'arbres, etc. Elle se félicite de compter ce labo- » rieux naturaliste au nombre de ses correspondans, » et de le voir cueillir la première palme oflerte aux » recherches utiles par les disciples du grand Linwé. » La Société ouvre de nouveau la lice jusques au

(ur \) 7 juillet 1827 : elle compte que les concurrens » s'empresseront de répondre à l'appel qui leur est » fait. Nous demandons des expériences, faites avec » soin et sans précipitation; la question proposée est » importante, et sa solution sera un nouveau pas vers » de plus grands phénomènes : elle honorera celui qui

» la donnera, »

Pour et au nom de la section de botanique ,M. Dera- vaux, membre honoraire, rendit compte des mémoires recus pour le concours ouvert, en 182», relativement à lorgane de la fleur auquel on doit exclusivement donner le nom de Wectaire.

Les concurrens n'ayant pas entièrement rempli les intentions de la Société, exprimées dans son pro- gramme, le prix n’a point été accordé, et le concours est continué à l’année 1825.

M. le docteur Roques, l’un des Vice-Présidens, au nom de la section d'agriculture et de météorologie, a la un rapport sur des encouragemens accordés à trois propriélaires ruraux qui ont établi des paragrêles en paille sur leurs champs et qui en ont propagé l'emploi.

Ensuite de ce rapport, le Président se leva de nou- veau el dit : « La Société Linnéenne accorde aujour- » d’hui à MM. le baron Cnrup, de Genève; BELTrRAME, » de Milan, et Asrozrtr, de Bologne, un exemplaire de » la collection complète de ses Mémoires, ainsi que

>

le diplôme de correspondant, pour avoir adopté les » paragréles en paille perfectionnés par M. Tuorran»,

( x » de Tarbes, et en avoir propagé l'usage. Elle désire que cette récompense serve utilement à l’agriculture,

3

et qu’elle soit, surtout aux yeux des cultivateurs

français, la preuve du plaisir que les vrais Lin- » néens auront toujours de contribuer à ses progrès

ÿ

réels. La Société Linnéenne vénère comme amis » de la patrie, comme amis des hommes, ceux qui » s'occupent des moyens de détourner efficacement » la grêle de la maison paisible de lutile laboureur. » Elle appelle le concours de tous vers cet honorable » but, et désormais elle décernera, chaque année, le » 28 décembre, des récompenses à ceux qui l’aideront » à réaliser le bien-être des campagnes et de leurs » habitans qui sont les pères nourriciers de l’Etat et » ses plus sûrs appuis. »

M Tuiégaur pe Berneaup obtient la parole et pro- nonce l'éloge historique de feu Axpr£ Tour, mort le 27 octobre 1824.

M. Tnéopore Descourrizz se lève ensuite et lit un mémoire sur le genre Nauchée, qu'il a dédié à l’un des membres honoraires de la Société Linnéenne.

Enfin M. Gazax, Secrétaire-adjoint -archiviste, donne lecture du programme des prix annuels pro- posés pour des tableaux météorologiques, et qui seront décernés à dater du 28 décembre 1825.

À quatre heures et demie, la séance a été levée au

( xIv ) milieu des applaudissemens prolongés de toute l’as- semblée. Fait et signé, en séance publique, à l'hôtel de la pré- fecture du département de Ja Seine, le 28 décembre 1824.

Pour extrait conforme :

Le Président, DESCOURTILZ, d. m. p.

Le 1% Vice-Président, Le II: Vice-Président, C.-H. PErsooN. J. Roques, d. m. m.

Le Secrétaire perpétuel,

Tuiégaur DE BERNEAUD.

BL UV LL AE VU UV VE UUUUU VU UE LULU UE LA VALLE LUS VAL VUL

ANALYSE DES TRAVAUX

DE LA SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE PARIS

PENDANT LES ANNÉES 1823 ET 1824;

Par M. TuiésaurT DE BErNEauD, Secretaire perpétuel.

Quan» dans le chemin des sciences, a dit Bacon, tu trouveras une erreur, prends-en note afin de la détruire; imite en cela le voyageur qui, tout en passant , arrache les herbes nuisibles ou tue le reptile vénimeux qu'il rencontre sous ses pas. Gette obligation, Messieurs, est celle que la Société Linnéenne s’est imposée lors de sa fondation première en 1788 et à l’époque de son rétablissement en 1820. Instruire et honorer la patrie, voilà l’ambition des grandes âmes : tel est aussi le but des travaux et des recherches dont j’ai à vous entre- tenir.

Dans l'intérêt de la cause commune, il importe, Messieurs, que chacun de vous pénètre jusqu’au sanc- tuaire du temple linnéen, et ÿ reconnaisse les géné- reux efforts que mes infatigables confrères aiment à faire pour débarrasser les sciences des erreurs et des entraves qui les enveloppent encore, pour combattre l’imposture et leur préparer de nouveaux progrès. De la publicité des actes d’un corps lettré dépend son

( xvi ) existence réelle, de la nature de ses œuvres résulte sa vériiable importance : c’est sur ce dernier point que vous allez nous juger.

Sans doute il est honorable pour moi d’avoir à mon- trer les nouveaux tributs déposés par les Linnéens sur l'autel de la science; sans doute je dois chaque année, à cette époque mémorable, éprouver un profond sen- timeni de joie et d’orgueil de me voir appelé à révéler le secret de tant de veilles utiles; mais pour ne point rester trop au-dessous de mes devoirs, le zèle le plus absolu, le dévoûment le plus entier ne suflisent pas, j'ai besoin, à mes confrères, de votre appui fraternel, j'ai besoin, à vous, Mesdames et Messieurs, qui daignez m'écouler, j'ai besoin de toute votre indulgence. Je les réclame; permettez-moi d’y compter.

Lorsque nous portons nos regar . sur les phéno- mènes de la nature, nous les voyons tous liés les uns aux autres et leur union intime constituer l'harmonie des êtres. Mais pour pénétrer le secret de leurs lois di- verses, il faudrait, à l'exemple de Burrox, en embrasser les rapports les plus éloignés, et en même temps, comme Lixxé, saisir les traits distinctifs propres à chacun d’eux en particulier. Cette puissance du génie est réservée au siècle qui doit nous suivre; le nôtre est appelé à ras- sembler les faits, à les constater et à les exposer avec exactitude, avec simplicité, En attendant que nos mé- thodes d'investigation nous donnent les moyens d’arri- ver à la conquête de la vérité, qui est celle de l’ordre, notre devoir à tous est d'accueillir toutes les opinions, d'accepter le fruit de toutes les recherches, de favo-

( xvir )

riser toutes les activités et d'empêcher qu'aucun germe d’aristocratie ne pénètre dans le domaine des sciences : cette hydre aux cent têtes souille tout, elle envenime tout, elle dévore tout. C’est donc pour préparer les nobles espérances de l'avenir et multiplier à l'infini les matériaux dont il doit s'emparer, que vous avez, Messieurs , réuni tous vos efforts et développé jusqu'ici les ressources présentes de l’art d’observer.

HISTOIRE NATURELLE /Généralités).

Comme dans les années précédentes, la grande ques- tion de la vie s’est offerte à vos méditations. Vous avez reconnu qu’elle est une dans la nature entière, qu’elle tend sans cesse à s’élever, et qu’elle est modifiée diffé- remment selon les divers corps organisés. Ses manières

’être ont été ‘'udiées dans les animalcules infusoires par M. Acar:1 de Lunden, dans les hydrophytes par M. GrareLoupr, de Bordeaux, qui vous a remis à ce sujet une monographie fort intéressante, et dans les végélaux par M. Pascaris, de New-Yorck, qui les re- garde comme les premiers élémens de la vie animale.

L'action plus ou moins perceptible des agens phy- siques sur ce phénomène, le premier de tous, action qui a fourni à M. Epwanps le sujet d’une belle suite d'expériences, a également été pour vous, Messieurs, un puissant motif de recherches. Ainsi, tantôt vous occupant de la distribution géographique des êtres qui peuplaient la terre avant les cataclysmes qui en ont plusieurs fois changé la face, et de ceux que l’on y voit aujourd'hui, vous avez cherché à faire cesser le vague que l’on reconnaît dans les écrits publiés jusqu'ici sur

( xvut )

cet objet, et à ramener les observations à la grande pensée de Bnoussonxer. M. le docteur Rogsnaw, de Stockholm, s’est chargé, sur votre demande, de com- pléter son beau travail sur la géographie des plantes cultivées d'Europe. M. Tar£gaur pe BERNEAUD a jeté les premières bases d’un mémoire dans lequel il con- sidère les plantes et les animaux utiles dans leurs re- lations mutuelles entre eux et avec les localités, afin d’en déduire des règles certaines pour la naturalisation. M. ne LA Frexaye, de Falaise, vous a fourni de nou- veaux faits pour constater cette même analogie des lo- calités avec certaines espèces d’insectes, pendant que M. le docteur Pasrré cherchait dans les propriétés des plantes médicinales le caractère du terrain qui les nourrit et celui de l’atmosphère qui les enveloppe sans cesse. ;

Tantôt, portant vos yeux sur les animaux renfermés vivans dans des corps solides, vous avez obtenu des résultats qui vous ont déterminés à prolonger le terme du concours ouvert en 1822 sur ce sujet. En attendant la solution de la haute question de physiologie pro- posée, vous m'avez chargé de citer honorablement MM. Dorsy, de Verdun-sur-Meuse ; LaAnpreAu, d’An- goulême, et Lapierre, de Roanne, pour les faits nou, veaux qu’ils vous ont communiqués.

Avec la vie tous les êtres ont recu le besoin de sa conservation : c’est à ce sentiment propre à doubler les forces, que le philosophe rattache les premiers li- néamens de l’humaine société ; c’est aussi lui qui porte certains animaux à vaincre leurs habitudes pour s'unir

avec des êtres plus faibles qu'eux. Plusieurs exemples

(‘xx )

vous ont été cités; ils vous ont paru très-curieux, mais en même temps susceptibles d’un nouvel examen, d’un examen plus approfondi, dans la vue d'apprécier les véritables causes qui rapprochent ainsi des animaux de goûts si opposés et qui les décident à s’obliger mu- tuellement; dans la vue de s’assurer encore si l’asso- ciation est réciproquement consentie, si elle est de durée, et dans l'intérêt réel des individus ou de l’un d’eux seulement.

Le sentiment de sa propre conservation semble perdu, pour certains animaux, dans l’espèce de fasci- nation que d’autres animaux exercent sur eux. Les observations que vous avez recueillies de M. Acaron, qui a remarqué le Vorticella convallaria fascinant des animalcules infusoires encore plus petits que lui pour s’en repaître, et de M. Ropar, d’Olemps, qui a vu des serpens et des vipères en agir de même à l’égard de belettes, d’oiseaux, de grenouilles, etc., dont ils fai- saient ensuite leur proie, n’ont pu vous trouver con- vaincus, comme quelques personnes paraissent l’être, que cette sorte de phénomène soit due à l’action ma- gnétique de certains corps; vous n’y voyez jusqu'ici que l’effet d’une frayeur poussée à son point extrême; elle anéantit toutes les forces vitales et ôte à l’animal frappé tout moyen de fuir le danger imminent qui le menace.

J’ai dit tout-à-l’heure que la nature des lieux suffi- sait à l’œil habitué à bien voir pour connaître les êtres qui devaient s’y trouver; cependant il est des circon- stances la misère et le despotismeretiennent l’homme comme caplif sa propre existence Jui ferait un

! b.

(xx)

devoir de ne point demeurer. Alors, il ne tarde pas à perdre son noble caractère et à devenir victime des plus affreuses infirmités : tels sont les goitreux et les crétins qui peuplent les vallées basses ouvertes au pied du Mont-Blanc et des Hautes-Alpes. M. Cu. HensarT, de Nantes, vous a entretenu de ces races particulières, disons mieux, de ces pénibles dégénérescences, dont M. le docteur Fopéré, votre correspondant à Stras- bourg, s'était déjà occupé en médecin habile, en phi- lanthrope éclairé.

PHYSIQUE APPLIQUÉE.

Mais pour être bien connus, les phénomènes de la vie veulent que les autres phénomènes de la nature soient étudiés avec soin. Et comme tout s’enchaîne dans le vaste univers que nous explorons, il importe d'apprécier le degré d’action que les corps exercent les uns sur les autres, et de se rendre un compte rai- sonné des diverses théories adoptées jusqu'ici. C’est cet examen qui a amené M. Ginou, de Buzareingues, à se demander si la sensation du son devait être rap- portée aux vibrations d’un fluide gazeux, ou bien à l’action d’un fluide propre sur l'organe de l’ouie. Après des recherches approfondies, après une sage crilique de toutes Les opinions connues jusqu'ici, votre zélé correspondant est parvenu au point de pouvoir d'abord aflirmer qu’on ne peut, à l’aide d’un fluide gazeux, expliquer tous les phénomènes du son, et no- tamment sa transmission à travers les obstacles, ses modifications connues sous le nom de timbre et d’ar-

ticulation , et son renforcement dans les lieux il

( xx1 )

rencontre des corps résonnans. Il a ensuite prouvé qu’on se rend plus heureusement compte de ces diffé- rens phénomènes à laide d’un fluide subtil, dégagé, dans la percussion ou dans la vibration des corps so- lides ou des gaz, sous forme de globules, composés d’une infinité de molécules sonores qui, se repoussant mutuellement, tendent à se propager dans l’espace. Ce fluide est encore, selon M. Ginou, composé de plu- sieurs séries de tons primitifs que les différentes vi- brations séparent comme le prisme en agit pour les couleurs.

Pendant que M. Girou s’occupait ainsi de la théorie du son, M. Barzzy, dont les travaux tendent à décou- vrir dans les lois de la physique l’explication des phé- nomènes de l’organisation et de la vie chez les végé- taux, et la solution de plusieurs questions importantes pour la culture, vous donnait une idée de la nouvelle théorie de la lumière que soutiennent des noms illus- tres, et qu'il a exposée plus complétement encore dans un abrégé de physique qu’il vient de publier (1). Vous avez vu que celte théorie admet un fluide éthéré, émi- nemment subtil et universellement répandu, qui, par les vibrations diverses que lui imprime le corps lu- mineux, nous transmet, à travers l’immensité de l’es- pase, les couleurs et toutes les modifications de la lu- mière qui lui ont été primitivement communiquées. M. Barsy a voulu, par ce travail qu’il développera plus tard dans son entier, démontrer que la simplicité

(1) Manuel de physique, Elémens abrégés de cette science. Paris, 1825, 1 vol. in-18.

( xxur ) et la fécondité du système présenté fournissait les moyens d'expliquer, sans le secours des hypothèses, tous les phénomènes, la marche de la sève et les prin- cipes de la physiologie végétale.

Mais, quelle que soit l'opinion qu’on adopte sur la nature de la lumière, personne ne peut douter de ses brillans effets sur les nombreuses parties de la créa- tion : elle anime tout, elle donne du charme à la soli- tude Ja plus profonde, elle est pour la nature entière le souflle du bonheur.

Quittons maintenant les hauteurs de la science et descendons vers les objets particuliers qui fournissent un aliment habituel à votre docte curiosité, et à la science l’éclaircissement de quelque portion du syÿs- tème général.

MAMMALOGIE.

On avait jusqu'ici regardé le tapir comme particu- lier à l'Amérique du Sud, et l’on attribuait à une im- portation plus ou moins rapprochée les individus que l’on trouvait dans les forêts de l’ile de Sumatra et de la péninsule de Malaca. Pendant que M. Dran» en- voyait au Muséum d'histoire naturelle la dépouille de ce dernier animal et une tête osseuse ; pendant qu’on s’assurait de la différence des deux espèces, la Société Linnéenne demandait des renseignemens particuliers à ce sujet à ses correspondans aux Indes orientales. Il résulte de ceux obtenus, que le tapir de l’Inde diffère de celui du continent américain, non-seulement par la longueur de sa trompe, la couleur blanc-sale de sa peau qui passe pour être imperméable à l’eau,

{ XXII ) mais encore par l’absence de la crinière sur le cou du mâle; et qu’il est indigène aux grands bois maré- cageux de la Chine orientale, il est connu sous le nom de Me, et d’où il est descendu sur le territoire de Malaca et de Sumatra.

Il vous a été lu, par M. Noyer, de Cayenne, un mé- moire sur les cochons-marrons vivant en troupes dans les forêts de la Guyane, et sur le pecari ou patira, es- pèce très-voisine du cochon-marron, mais avec lequel il ne se mêle jamais. Dans ce mémoire, l’auteur relève les erreurs commises par AzArA, qui n’avait observé ces animaux que dans l’état de domesticité (1).

M. Tuiésaur pe BerneauD s’est occupé des animaux domestiques sous le double rapport de leurs mœurs et de l’éducation dont ils sont susceptibles, de leurs be- soins et des moyens d’y pourvoir le plus utilement pour eux et pour l’homme des champs. Ge grand tra- vail fait partie d’un ouvrage qu'il se propose de publier incessamment.

ORNITHOLOGIE.

M. Cnavanxes, de Lausanne, s’est assuré que la grue ne doit point rester dans le genre Ardea, Linné l’a placée; ses preuves, il les a puisées dans les organes de la respiration, de la voix et de la digestion. Si la grue se rapproche du héron par sa taille, la longueur de son cou et de ses jambes, elle s’en éloigne par l’œ- sophage qui est étroit,à plusieurs tuniques, et par son estomac très-musculeux. Gomme les gallinacées et les

(1) Ce mémoire est inséré dans la Bibliothèque physico-econorrique, tom. XIV, pag. 80 et suiv.

( xxiv )

granivores, la grue avale des fragmens de quartz et autres pierres pour aider à la trituration des substances dures dont elle se nourrit. Outre ces renseignemens neufs, M. Gnavannes vous apprend encore que la jeune grue a la tête entièrement couverte d’une sorte d’é- dredon de couleur grise; adulte, elle a l’occiput chauve, coloré en rouge, et la partie antérieure chargée de pe- tites plumes noires. Sa chair, quoiqu’on ait publié le contraire, est un mets très-distingué,

M. Bonpes, administrateur de l’enregistrement et des domaines, occupé, depuis 1821, de l’éducation des aras bleus, et M. le docteur G. DronsArT vous ont fourni de nouveaux renseignemens relatifs à la nais- sance de ces perroquets en France, et surtout à Paris; ils ont en même temps détruit quelques erreurs échap- pées à la plume de M. Lamounoux, de Caën, dans un mémoire qui fait partie du deuxième volume de vos Actes (1).

M. Noyer, de Cayenne, que je viens de nommer, vous à encore communiqué des notes qu’il a recueil- lies à la Guyane relativement aux couroumous ou grands vautours, ils sont très-communs, et ils purgent le pays des cadavres d’animaux de toute espèce que la iner dépose sur le rivage. On trouve toujours ces oiseaux dans les environs des cases de Nègres, et

(1) Le petit du ara ne se couvre point de duvet avant le deuxième mois de sa naissance ; la femelle seule est chargée des devoirs de l'in- cubation et de la nourriture; le mâle n’y prend d’autre part que celle de défendre Papproche du nid. Les œufs éclosent le vingt-deuxième jour. Avant läge de cinq ans le jeune ara peut se reproduire en

Jrance.

( xxv )

il n’est pas rare de les voir s’y mêler aux canards do- mesliques pour leur disputer les restes des cuisines.

De leur côté, MM. Hozzanpre, de Metz, et LApPiERRE, de Roanne, ont écrit pour vous l’histoire particulière des oiseaux que l’on rencontre habituellement dans les départemens de la Moselle et de la Loire. L’un et l’autre ont suivi la méthode de Tewwixer (1), et ils vous donnent diverses indications curieuses sur la ra- reté, les lieux et les époques de l’apparition de chaque espèce. Un pareil travail, fait dans chaque département, reclilierait bien des erreurs, et présenterait les véri- tables matériaux d’une ornithologie complète de la France. Vous le demandez, Messieurs, à tous vos cor- respondans nationaux, et vous les invitez à ne point négliger les détails qui peuvent vous éclairer pour la distinction des espèces, tels que les cris, le chant, les habitudes, le nid, la forme et la couleur des œufs (2). Ils répondront tous à vos vues patriotiques, n’en dou- Lez pas.

Tandis que M. Scuinz, de Zurich, publie son bel

ouvrage sur les nids et les œufs des oiseaux de l’Eu- rope, M. Moquix-Taxpox, de Montpellier, se livre à des

(1) Voyez son Manuel d'ornithologie, se édition.

(2) On sait les erreurs de plusieurs ornithologistes qui ont pris pour le même oiseau la corneille-corbine et le freux dans sa pre- mière année. Brisson et Burrox ont regardé avec raison le sizerin et Le cabaret comme deux espèces distinctes; cependant on s'efforce aujourd’hui à ne les présenter que comme des individus d’une même race; leur chant, leurs voyages, leur demeure, la forme de leur nid et les couleurs de leurs œufs sont des signes trés-distincts, faciles à voir.

( xxvr )

recherches sur les divers états sous lesquels on ren- contre l’œuf, avant et après l’incubation, non-seulement chez les oiseaux (1), mais ençore chez les poissons, les reptiles, les insectes et les vers. En applaudissant à l’utile entreprise de ce jeune naturaliste, vous avez re- connu, Messieurs, qu’il réunit toutes les conditions né- cessaires pour la remplir dignement.

HERPÉTHOLOGIE.

Depuis plusieurs années le monde savant désire la pu- blication des recherches importantes auxquelles M. Des- courTiiz s’est livré pendant son séjour aux Antilles, sur le caïman ou crocodile de Saint - Domingue; les vœux de tous les naturalistes vont être satisfaits, ce grand ouvrage est sous presse. À une description très- exacte de toutes les parties de ce dangereux animal, votre Président, Messieurs, a réuni les remarques les plus curieuses sur le développement et accroissement du petit, sur ses habitudes dans toutes les phases de la vie; il a peini la fureur brutale et jalouse des mâles, les mœurs de la femelle qui abandonne, comme les tortues, à l’action du soleil l’espoir de sa postérité, la férocité du petit à sa sortie de l’œuf, et les différentes chasses que l’homme livre sans relâche à l’affreux reptile. Tous ces faits, recueillis avec l’infatigable ar- deur d’un savant avide de découvertes utiles, avec le talent d’un observateur consommé, compléteront l’his- toire des crocodiles écrite par M. Grorrroy-Sainr- Hiraime, sur les bords du Nil,et par M. Cuvier, en

(1) Un premier mémoire est imprimé plus bas, pag. 38 el suiv.

( xxvIr ) présence de toutes les espèces rapportées des "deux mondes. ICHTHYOLOGIE,.

Les trigles qui peuplent les eaux de la mer de Nice, ont offert à M. Risso la matière d’un travail, dans le- quel le savant ichthyologiste vous a fait parfaitement connaître et le genre et les espèces variées de ce pois- son (r). Nous désirons que ce mémoire serve de mo- dèle à ceux qui s’occupent des poissons.

Vos archives se sont enrichies d’un manuscrit ré- digé, sur la demande de l’un de vos membres, par feu JEAN Tnore, de Dax, et ayant pour titre : Notes pour servir à l'ichthyologie fluviatile et maritime du dé- partement des Landes. Vous y avez trouvé des ren- seignemens précieux pour l’histoire naturelle de la France.

MOLLUSGOLOGIE.

Peu de temps avant sa mort, le célèbre Conrea DE SERRA vous avait promis une histoire complète de cette espèce de Méduse, connue sous le nom de Rhizostome, qui ressemble aux plantes pour son mode de nutrition. D’après les fragmens qui vous ont été lus, vous devez éprouver de grands regrets pour la perte de ce savant doublement cher À vos cœurs, et comme observateur palient, exact, et comme un des premiers correspon- dans de la Société Linnéenne à l’époque de sa fon- dation.

Un mémoire détaillé vous a été donné par M. Turé- BAUT DE BERNEAUD sur la pinne-marine, dont il étudia PR RS EURE ou à © NUM Le se lisent Mit à

(1) Voyez pag. 24 et suiv. de ce vol.

( xxvin )

les mœurs dans le golfe de Tarente et aux bords de l'ile de Nisida, l’on distingue aisément, au milieu des flots cristallins d’une mer rarement agitée , le byssus de ce mollusque. Votre confrère vous a fait connaître en même temps la véritable destination de la pinnothère que l’on découvre dans presque toutes les pinnes-marines, et dont l'existence singulière a donné naissance à des traditions plus ou moins étran- ges. Il vous a prouvé que ce petit crustacé n’est point et ne peut être le pourvoyeur de la pinne-marine, comme on l’a dit, mais bien un ami qui reçoit d’elle l'hospitalité, et qui la paie de ce bienfait en l’avertis- sant des approches de lArgonaute-Argo, le plus re- doutable de ses ennemis. Cette observation déjà an- cienne (1), a été refaite par Hassgzquisr (2), et con- firmée à vos yeux par l’examen de toutes les parties de la pinne-marine, par l’exposé des ruses de l’argo- naute et celui des mœurs de la pinnothère.

HELMINTOLOGIE.

M, Garéxa, de Turin, s’est occupé de recherches irès-suivies sur les annélides hirudinées qui vivent ou sont en usage dans le Piémont (3). Le mémoire qu’il a publié à ce sujet est soigné et remplit parfaitement les intentions du naturaliste qui demande des détails exacts. Les espèces nouvelles décrites par votre pa-

(1) N. Panrnexu Gianwerrasu, Halieutica, lib. VIN, vers. 560 et seq.

(2) Voyage dans la Palestine, We partie, pag. 448.

(3) Mer. dell Accademia delle scienze di Torino, vol. XX V, p.253, et vol. XX VIF, paz. 321.

(xxx ) tient correspondant resteront, parce qu’elles sont éta- blies sur des différences sensibles d'organisation, d’ha- bitudes, et sur une plus ou moins grande tenacité de vie.

Aux espèces établies par M. Car£éna, il en a été ajouté une nouvelle par M. pe Sainr-Amans, d'Agen. Quel- ques critiques ont cru reconnaître l’'Hirudo oscillatoriæ du président de votre colonie de Lot-et-Garonne (1), tantôt dans l’AHirudo marginata de Muzrer (2), tantôt dans l’AHirudo paludosa de M. Gar£na. Un examen plus réfléchi eût montré de grandes différences entre elles ; en effet, si l’ÆHérudo oscillatoria ressemble à la première par un cou bien distinct, par la tête qui est très-prononcée, et à la seconde, en ce qu’elle balance son corps par des mouvemens ondulatoires qui durent fort long -temps, elle s'éloigne de toutes les deux en ce qu’elle ne se roule point en boule à la manière des onisques, qu’elle nage, qu’elle n’adhère jamais, comme l’Hirudo marginata, avec son large disque à la sur- face de l’eau, et que sa robe n’est point jaunâtre ni parsemée de très-petits points verdâtres très-rappro- chés comme celle de l’/Zirudo paludosa.

Durant son séjour à Paris, M. le docteur Garrère vous a entretenu d’une espèce nouvelle d’acéphalo- cyste qui vit dans le cerveau de l’homme, et détermine une maladie cruelle que votre confrère reconnait être de la même nature que le tournis qui désole si souvent nos troupeaux de bêtes à laine. M. Gannère vous a fait

(1) Voyez pag. 193 du présent volume, (2) Verm. terrest. et fluviat., 174.

(xxx) suivre pas à pas les effrayantes douleurs auxquelles succomba le malheureux qui donna lieu à cette ob- servation de la plus haute importance pour l’art de guérir (1).

Puisque j'ai parlé du tournis des moutons, c’est le moment de mentionner ici les études que M. Ginou, de Buzareingues, a faites sur celte maladie. Ses obser- vations très-nombreuses,et répétées sur un grand trou- peau, plusieurs années de suite, lui ont donné des ré- sultats tels qu’il en a déduit les aphorismes suivans : le tournis est causé par la présence dans le cerveau d’un ou plusieurs hydatides ; —ils n’ont point de place fixe; de leur siége dépendent les caractères de la maladie; lorsque l’hydatide exerce sa pression sur la moëlle allongée ou sur le cervelet, l'animal est sujet à tomber, mais il ne perd point ses facultés intellec- tuelles ; lorsque le cerveau est offensé, les progrès de la stupidité sont en raison de la diminution de cet or- gane;—on ne peut guérir le tournis;— la maladie n’est apparente que quand l’hydatide a acquis un gros volume, et alors une grande partie du cerveau est détruite, ou bien quand plusieurs petits hydatides occupent l’espace d’un grand, et dans cas, il est impossible d’en déter- miner le siége et le nombre; l’agneau ne survit point à l’opération du trépan, ni à la ponction du tro- car, ni à l’ustion, et s’il y survit, c’est pour mourir

peu de jours après; ainsi dès qu’un agneau parait atteint du tournis, il faut l’abattre : sa chair est aussi

bonne et aussi saine que celle des autres agneaux; Ja

(1) Voyez pag. 196 de ce vol.

( xxx) tête seule doit être enfouie. Le tournis est hérédi- taire dans sa cause; il y a des époques il exerce spécialement de grands ravages. Tous ceux qui s’oc- cupent réellement de l’art pastoral ont confirmé ces règles invariables.

ENTOMOLOGIE.

Vos richesses entomologiques ont été augmentées de plusieurs insectes nouveaux, tels sont le Dorthesia Delavauxii et V'Agenia lamii dont la découverte est due à MM. Deravaux et Tn£opore Descourrizz (n)s le charançon de l'olivier qui a causé tant de ravages dans le département du Var, en 1825, et dont vous devez la description à M. Laure, de la Valette (2).

M. Tai£paur DE BERNEAUD, en continuant ses études sur les mœurs des fourmis, a remarqué que, en pri-- vant les mâles de leurs antennes, ils perdent aussitôt la faculté de voler; ils font bien le mouvement néces- saire pour s'élever, ils le répètent même souvent, mais ils ne peuvent plus tirer parti de leurs ailes.

L’infatigable M. Vazror, de Dijon, qui vous a fourni des notes sur les insectes qui vivent aux dépens du vinetier, du tabac, du fraisier, et même du lilas que certains écrivains disent ne servir de nourriture ni aux quadrupèdes herbivores ni à aucune espèce de Ru à menus | 2:<./ MEME à +: de:

(:) Voyez plus bas, pag. 285 et 293 de ce vol.

(2) 11 dévore les feuilles nouvelles, les boutons à fleurs et Les som- mités des jeunes bourgeons. Il est noir, un peu globuleux, et long d'environ 4 millimétres. On lui a donné le nom de Chaplun ou Cou-

peur dans les campagnes de Toulon, il s’est singuliérement mul- tiplié depuis 1819 et 1813.

( xxx11 )

larves, vous a entretenu des moyens que l’araignée à croix papale (Æranea diadema L.) emploie pour dresser sa toile à des distances qui paraîtraient impossibles, si l’on ne connaissait pas la force de projection avec laquelle elle lance ses longs fils d’un arbre à un autre. Il vous a de plus entretenu de la saperde, dont la larve vit dans l’intérieur des tiges du chèvrefeuille, et dont l’insecte parfait ne se montre que tous les deux ans. Après avoir bien étudié les mœurs de cet insecte, M. Vazror vous a fait voir qu’il est mal nommé par ceux qui le désignent sous le nom de Saperda ophihal- mica, et qu'il vaudrait mieux l’appeler Saperda loni- ceræ, puisqu'il paraît certain qu'on le trouve seulement dans les tiges de cet arbuste sous forme de larve et à la surface inférieure des feuilles quand il est insecte parfaiL.

Je ne dois point oublier ici M. Boxarous, de Turin, qui s’occupe spécialement du ver à soie, et qui a tant fait pour améliorer le système d’éducation auquel on soumet cet insecte et pour obtenir de plus grands pro- duits de son travail. Depuis l’introduction du ver fileur en Europe, personne n’en a retiré autant de profits que votre laborieux confrère auquel la science doit d’avoir vu perfectionner la méthode de Danpozo.

MM. Gopanp et Duménis continuent leur bel ouvrage sur les papillons indigènes à la France; mais le travail le plus remarquable en entomologie sera celui que M. Ler£vune pe Genisy se propose de livrer incessam- ment à l'impression sur les sphyngides crépusculaires. Cette monographie contient près du triple des espèces déjà décrites. Durant le séjour qu'il vient de faire dans

( xxxIT )

la Grande- Bretagne , votre habile confrère a visité ‘toutes les collections que possèdent les Anglais et les Ecossais, et surtout celle si précieuse de M. ALEXANDRE MakueEY, de la Société Linnéenne de Londres. M. pr Genisy, qui réunit aux talens d’ un observateur éclairé l’art. de manier très-habilement et le crayon et le pin- ceau, va enrichir cette partie des sciences naturelles d’un ouvrage neuf, chaque espèce sera peinte et décrite en présence des individus mêmes et avec toute l'exactitude que chacun de vous lui connaît,

_:. BOTANIQUE:

Les études botaniques long-temps limitées. aux plantes phanérogames, que leurs belles ‘couleurs, que leurs formes élégantes, que leurs suaves parfums asso- cient aux joies, aux souvenirs de tous les âges, pren- nent depuis peu d’années une direction sensible vers la cryptogamie. Cette partie de la science est pour ainsi dire vierge, et demande à celui qui veut l’explorer une - attention minutieuse, une patience plus grande encore que celle du botaniste ordinaire; les manières d’être des singuliers végétaux qu’elle renferme enrichiront la physiologie de données nouvelles; elles agrandiront les vues de ceux qui’considèrent la botanique dans son ensemble, dans les lois qui régissent chaque fa- mille, chaque genre en particulier, et dans les rapports naturels qui lient les plantes les unes aux autres, et à toutes les productions diverses de la nature.

Pour étudier.les cryplogames avec un avantage réel, il fallait, outre un guide assuré dans la partie descriptive, connaître le lieu des recherches, et savoir

A

( xxx1v ) comment on doit les recueillir, les préparer et les con- server dans les herbiers; aucun botaniste n’était plus en état de tracer des instructions à ce sujet que le modeste M. Pensoon, le premier de tous les mycolo- gistes. Il a cédé, Messieurs, à vos désirs, et aujourd’hui ses conseils sont adoptés généralement (1).

-Ce savant confrère a bien voulu présider à toutes les recherches entreprises par vos correspondans, le- ver leurs doutes et répondre à leurs questions nom- breuses. C’est d’açcord avec lui que vous avez voté des remercimens à M. Louis ne BronDEAu, d'Agen, pour avoir enrichi la Flore française du Conoplea cylindrica qui s’attache aux graminées; du Calycium populneum, remarquable par sa petitesse, qu’il a trouvé sur l’é- corce des jeunes pousses du peuÿlier noir; de lÆect- dium convolouli que l’on voit, en été, sur les feuilles du liseron; et du Fuligo cerebrina, espèce. nouvelle dont la forme imite en quelque sorte la figure du cerveau. NE :

Vous avez également voté des remercimens à. MM. Desmazières, de Lille; Varror, de Dijon; Bou- nier, de Versailles, et Tui£mauT pe BERNEAUD, pour les espèces qu'ils ont découvertes. Le premier a décrit et figuré une espèce fort curieuse de carpobole qu’il nomme Cyclophorus, à cause du grand cercle rouge orangé très-vif qu’elle porte : ce cryptogame jouit d’une propriété hygrométrique très-sensible. M, VazLor a trouvé une nouvelle æcidie à la surface des feuilles radicales de la Valeriana tuberosa ; M. Bounier, un

(1) Ces in tructions se trouvent dans ce volume, pag. 79 et 4ar.

(:xtxv )

agaric .non décrit voisin de l’Agaricus cirratus de: P£nsoon, et une pézize également inconnue qui a de grandes aflinités avec le Pezizu crenata de Busriarn; il a de plus augmenté la Flore des environs de Paris du Peziza badia de Présoon. Enfin ‘M, Fui£gaur pe Benxeaup a le premier chservé en France le Fibril- daria subterranca qui se’ cache sous terre, mais qui fixe ses longs bras aux vieilles souches et même aux arbres vivans moyen d’une membräne hyssoïde.-

: Vous avez en outre -applaudi à l'ouvrage qu’entre- pr-ad M. le docteur Fuzeis-Gnevazsren sur les hypo- xylons; cette grande tribu de la cryptogamie, dont les individus sont d’une conservation djflicile et suscepti- bles d’être altérés par le temps, demandait que l’on fixât par la peinture ses caractères microscopiques, c’est ce que fait le savant botaniste. La première li- vraison, la seule imprimée jusqu'ici, contient le com- mencement de l’histoire particulièré dès graphidées et six planches gravées avec soin.

L'infatigable M. Pinsoon a créé le genre Gyroce- phalus qui sert de passage des trémellacées aux hel- vellacées (1). MM: Nezs D’Esexpecx ont décrit une éspèce très-remarquable de polypore qu'ils ont reçue de l'ile de Java {2), et M. Louis ne BronDEAu yous à fait connaître une variété de l'Agaricus tigrinus de

BurcianD qui, par ses ramifications monstrueuses, est susceptible de tromper le botaniste qui n’a pas été à portée d’observer son développement dans diverses

(1) IL est décrit et défiguré pag. 75. (2) Voyez plus bas, pag. 258.

Ce

( XXXVI ) localités et d’en suivre attentivement les nombreux écarts.(1).. j

M Packs, de. Lyon, a relevé une eïreur commise par” tous .ceux qui ont écrit sur les Lycopodium (2), et M. Desvaux, d'Angers, a complété le travail sur les mousses, qui fait partie du FRAIS volume de vos Mé- moires (3).

Vous devez encore à ce dernier correspondant quel- ques observations relativement. aux paradoxes publiés jusqu'ici sur les prétendues transmutations du nostoc. M. Dgsvaux reconnait l'existence de. mouvemrens ap- préciables dans les parties composant ce végétal bi- zarre, mais il n’y voit pas un motif pour le placer, comme le veulent certains naturalistes, en tête du règne animal-,(4) ; il nie positivement que la matière verte puisse lui donner naissance, ainsi que le croit Ixcex-Housz, et qu’il se change en collémie, comme le dit M. H. Cassini : le collema est pourvu d’un spo- range semblable à celui de presque tous les genres de la famille des lichenées. Le nosfoc est une plante sui generis, qui à des rapports avec les ulves, les rivulaires,

(1) BatrarA, dans son livre intitulé : Fungorum agri ariminensis historia, lui donne trois noms différens et en publie ‘trois ligures. M. pe Cawpoze en a fait une espèce particulière sous le nom de Agaricus Dunalii. Dans sa Flore agénoise, M. pe Saint-Amans Pa- vait citéesous cette dernière dénomination, il a depuis reconnu ler- reur.

(2) Voyez son mémoire, pag. 298:

(3) Recourez à la pag. 211 de ce volume.

(4) Voyez le résumé de toutes les opinions émises sur le nostoc que j'ai donné dans le It volume, pag. 488, des Mémoires de la

Société.

( xxxvir ) | les algues, mais qui ne peut-être confondu avec elles lorsqu'on l’étudie sans prévention. |

À leur tour, les hydrophytes ont été pour M: pe La PyLaie le sujet d’une observation suivie pendant plu- sieurs années. il les a examinées dans leur mode-de

végétation et. de reproduction, dans leurs différens âges, dans leurs relations avec l'air atmosphérique et les eaux qu’elles habitent. 11 ne s’est pas contenté de les étudier à Terre-Neuve et dans l'espace qui sépare cette grande île, célèbre par ses pêches, du continent américain, Ja liberté s’est réfugiée; il les a suivies encore sur toutes nos'côtes dep uis le 45° jusqu’au 49° de- gré de latitude. Enfin, votresavant confrère, Messieurs, a voulu s’assurer de l'utilité des hydrophytes dans la nature, les ‘arts et dans les usages domestiques. Il a terminé cette belle monographie, qui ne tardera point à paraître, en jetant un coup-d’œil sur les classifica- tions diverses de ces plantes et sur les bases adoptées par M. Lawoüroux, voire correspondant à Caën.

MM. Descourriez, Desvaux, PErsoonw, Risso, Gourix. et Desmazières Vous ont lu des mémoires particuliers sur le Weratrum sabadilla (1), sur le genre nau- chée (2), sur le genre Sychinium et trois nouvelles espèces de Dorstenia (3), sur une nouvelle espèce de Cerastium trouvée près de Paris (4), sur les princi- paux châtaigniers indigènes et cultivés dans les Alpes

(1) IL est inséré dans ce vol., pag. 162. | (2) Ce mémoire paraîtra dans :e IVe vol.

(3) Ces mémoires feront partie du IVe volume des Âctes de la So ciété.

(4) Idem.

( xxxvu ) maritimes (1),sur quelques espèces de primevères (2}, et sur le Puniex nemolapathum de Linxé fils et le Buimceæ nemorosus de SCHRADER , qui ont été con- fondus par la plupart des naturalistes.

. Et tandis que M. Cozra, de Turin, créait un nou- veau genre. daus la grande famille des orchidées (3), et qu’il soumellait à un examen critique une rubiacée, nommée par les jardiniers Melanopsidium nigrum, pour en former un nouveau senre sous le nom du pro- fesseur Viyran1, votre: correspondant à Gènes (4), le sol français découvrait awzèle éclairé des Linnéens, des plantes phanérogames indigènes et cependant nou- velles pour sa Flore; savoir : le Fe plantaginéa, j jus- qu'ici estimé äppartenir uniquement à P Amérique sep- tentrionale, et que l’on trouve abondamment dans un marais du département de l'Isère, situé à deux myria- mètres de Lyon (5); le Ranuneulus sub apetalos qui se montre parfois au bord : des haies dans la plaine voisine de l'embouchure de l'Ain (6 js un Ærodium très-différent de rodium romanum de WiLpexow, qui existe aux environs de Fréjus; une Potentilla en- iièrement velue et portant des feuilles ternées et qua-

(1) Ce mémoire est inséré dans le XVe vol., pag. 146, de la Bi blicthèque physico-écoriomique. .

(2). Voyez plus bas, pag: 236 et suiv,

*(3), Le mémoire est dans ce vol., pag. 152 ét suiv.

(4) Le mémoire et la planche qui font connaitre ce nouveau genre seront imprimés dans le IVevol. des Actes delx Société.

(5) Cette plante, trouvée par M. Manior, est sujette à manquer dans les années de sécheresse.

(6) Voyez pag. 13 du Bulletin Liunéen, à la fin de ce volume; on . doit cette plante à M, Vicror Aucer, de Saint-Rambert,

à

('xxxix )

iernées, originaire des monts de Moustiers, et un Ci- neraria des environs de Castellanne, si voisin de lal- pina de ALLIGNT, qu’on ne peut plus nier l’existence de cette variété; il est assez rare, et colonneux dans toutes ses parties (1); un Lithrum nummulariæfo- lium découvert aux environs de Dijon (2); enfin une variété monstruguse de la V’aleriana officinalis trou- vée dans les forêts, essence de chêne, des départemens de l'Allier et de la Loire (3).

On s’est assuré que lAlisma plantago est sujette à varier à l'infini la forme de ses feuilles. M. Euenic, votre correspondant à Gastellanne, Fa vue très-abon- dante dans les eaux de l’Eygoutier, près de Toulon, et affecter la forme du feuillage des vallisnéries ; M. Tni£- gAuT DE BERNEAUD en à recueilli des individus entre Bercy et Charenton, en1822 et 1824, portant des feuilles linéaires entitres et des feuilles sagittées. Ces sous- variétés ne donnent point de fleurs, du moins j jusqu'ici on n’en a point encore observé.

M. Bowarcus, de Turin, a recueilli des fruits, depuis 1822, du Ribes aureum, originaire des rives du Mis- soury, qu’il cultive en pleine terre. C’est une acquisi- tion de plus pour Le jardin fruitier et un bel arbrisseau de plus pour les jardins d'ornement (4).

(1) Ces diverses plantes ont été recueillies par. M. le docteur EmEr- mie, de Castellanne.

(2) Cette espèce est due à M. Vazzor, de Diôn.

(3) M. Lapierre, de Roanne, en possède qui ont une tige con- tournée en spirale de 29 centimètres de haut; la base a 27 milli- métres de diamètre, et la partie supérieure, naissent les fleurs, 81 millimètres de diamètre.

(4) Cet arbrisseau se divise en nombreux rameaux; il se couvre de

(rue)

Le Phormium tenax, dont la conquête paraît assu- rée à notre économie rurale, a fourni à MM. GiLLerT ve Laumonr, l’un de vos membres honoraires, et Tii- BaUT DE BErRNEAUD, le sujet d'observations curieuses sur sa germination. Ce dernier confrère vous a lu un mémoire très-détaillé sur cette plante textile qu'il a soumis à de nombreux essais et dont il a donxé le pre- wier une figure exacte (1).

M. Courrer, votre correspondant à Dundalk, en Irlande, s’est occupé des dipsacées sous le rapport de leur organisation générale, mais il s’est réservé de vous ofrir plus tard la monographie complète de cette fa- mille qu'il divise.en six genres (2), et dans laquelle le calice propre extérieur est analogue à.l’involucelle des ombellifères. M. Gausesskpes à publié les premiers élémens d’une monographie des spirées; MM. Ness D'EseNBECx ont donné uné collection très-intéressante d’hépatiques propres à la grande île de Java (3); M. px SCHWEINITZ Continue son synopsis des carex indi- sènes à l’Amérique du Nord (4); M. Tonrey a dressé le catalogue des plantes rares des montagnes de

jolies fleurs d’or, disposées en grappes axillatres, du plus bel effet possible, et porte des fruits peuts, noirs, allongés, trés-abondans et légérement acidules. (1) Ce mémoire par‘ dans le IVe vol. des Actes de la Société. (2) Ces genres sont : : ina, Dipsacus, Cephaldria, Knautia, Pterocephalus et Scabiosa.

(3) Vova acta physico-medica Academiæ naturæ curios. Lonnens., tom. XIT, pag. 181 et suiv.

(4) Annals of the Lyceum of natural history of New-Fork, vol. J, pag. 62 et sutv

(-xén.) Rocky (1), et M. le docteur Escaweizer, de Munich, a soumis au monde savant un nouveau système pour la grande tribu des lichens qu’il partage en sept cohortes bien distinctes (2).

Plusieurs Flores vous ont été offertes. Celles de Longwi et de Madère vous sont parvenues manuscri- tes: l’une est dressée par M. MonrTaGxe, l’autre par l’'intrépide Bowpicu qui a trouvé la mort sur les rives meurtrières de la Gambie qu'il remontait pour la se conde fois ,.et qu’il explorait avec une ardeur toujours nouvelle. La Kore de Terre-Neuve et des îles Saint- Pierre et Miclon, fruit d’une exploration faite, en 1816, 1819 et 1820, par M. B. pe La PyLAIE, sera imprimée en 1825, en deux volumes in-4°, avec cent figures analytiques dessinées sur les plantes vivantes.

La Flore médicale des Antilles que MM. Descourtirz publient avec autant de soins que de rapidité, est ar- rivée aujourd’hui à sa 45° livraison. Cet ouvrage im- portant à la science par ses descriptions exactes, par les savantes récherches de votre Président, et les belles planches exécutées par son fils aussi bon botaniste que dessinateur habile, est indispensable sous le rapport de la botanique et surtout sous celui de la médecine légale. L’utile et l’agréable que l’on trouve réunis dans chaque article er font un livre de bibliothèque qui sera toujours consulté avec plaisir et avec profit.

A © Û © © ————— ——— ——— M |

(1) Annals of the Lyceum of New-Vork, tom. I, pag. 32.

(2) Les graphidées, les verrucaires, les trypéthéliacées, les parmé- liacées, les dermatocarpées , Les plocariées et les usnéacées. Voyez son Systema lichenum. Norimbergæ , 1824, in-4°, avec une planche hthographiée.

( xun }

Outre ce grand ouvrage, M; Tné£onore Drsscourriez en. fait imprimer ‘un autre qui fixera l'attention des amateurs et surtout:des savans adonnés aux études carpologiques : je veux parler de son livre sur les fruits des Tropiques. Ce travail, dont le texte-est écrit avec élégance, et les dessins exécutés avec un goût exquis, présente les fruits de ces contrées, si riches en végé taux de toutes les sortes, partagés en dix groupes dis- tinets, savoir : les mucoso-sucrés, les aqueux sacchari- fères , les aqueux insipides , les aqueux acidules, les acides proprement dits, les astringens, des émulsifs, les . farineux, qui comprennent aussi les racines employées à la nourriture; les aromatiques et les vénéneux, dont les propriétés héroïques sont portées au point le plus élevé. SATTE |

Dans le nombre des ouvrages que publient d’autres confrères, je ne dois point passer sous silence les 4mæ- nitates botanicæ bonnenses, de MM. Nges D’Esen- BECK; les /cones algarum ineditæ, de M. Acarvn, de Lunden, commenctes en 1820, et l’on trouve des renseignemens utiles sur la forme, la couleur et la con- sistance de ces végétaux infiniment variables ; les Plan- tes cryptogames du Nord de la F rance, par M. Des- mAzières, de Lille,.et la Phytographie médicale, de M. le docteur Roques, dans lequel le savant auteur ex- pose l'histoire des médicamens héroïques et des poi- sons tirés du règne végétal. Il y a réuni ce que l’expé- rience et l’observation ont fait découvrir de positif sur l'action et les propriétés de ces substances, ainsi que sur les moyens les plus propres à combattre leurs ef- fets nuisibles. Remarquable par la solidité et la variété

( xzim )

des connaissances que M. Roques y déploie, cet ou- vrage (1) offre aux savans et aux gens du monde, au magistrat et au philosophe, au cultivateur et à la mère de Hole. des lumières certaines sur la toxicologie, sur les cas graves ils ont à faire l'application des lois, et sur les plantes au milieu desquelles ils passent leur vie. À l’aide des figures soloriées qui accompe- gnent le texte on voit les végétaux malfaisans qu’il faut éviter et ne point confondre avec çeux qui sont co- mestibles, on marche d’un pas sûr, sans s’exposer aux dangers auxquels l’animal lui-même n’échappe pas toujours, malgré l'instinct qui l’avertit sans cesse.

Un voyage inédit entrepris, en 1818, aux Pyrénées, dans la vue de connaître leurs productions végétales, vous a été remis par M. Vicrrice RENAULT avec une partie de ses abondantes récoltes. Ce tribut d’un zélé correspondant vous a fait le plus grand plaisir. La re- lation est écrite sans prétention, elle est pleine d’inté- rêt, et fait l'éloge du cœur et des goûts simples de son modeste auteur. Lorsqu'il vous en rendit compte, M. le docteur RicnarD vous a rappelé des souvenirs précieux qui rapprochent Tournsrorr de l'illustre BRoussONNET, premier fondateur de la Société Linnéenne; il a émis à ce sujet quelques idées relatives aux moyens de tirer le plus grand parti possible des courses botaniques sur les hautes montagnes, idées que vous vous empres- sez de communiquer à ceux d’entre vous qui se desti- nent à la carrière du voyageur-naturaliste.

À côté du précepte vous pouvez en montrer l'appli-

(1) Deux volumes in-4°, avec cent quatre-vingts planches coloriées représentant les planses de grandeur naturelle.

( xziv,) cation. Votre confrère M. GaupicnauD, de retour du voyage autour du monde qu'il a fait, en qualité de bo- taniste, à bord de la corvette l’Uranie, vous en donne une preuve dans son exposé. des richesses végétales qu'il a eu le bonheur d’arracher au naufrage de l’U- ranie, arrivé 15 février 1890, au milieu de la baie française des îles Malouines (1). Une autre preuve vous sera également fournie par M. Dumonr-p’Unvize dans la belle expédition qu’il a entreprise en se séparant de vous, Messieurs. Son voyage touche à sa fin; bientôt nous reverrons ce savant confrère, el nous jouirons pai- siblement des récoltes, empruntées à toutes les bran- ches de l’histoire naturelle; qu’il aura faites dans les iles nombreuses de l'Océanie. Nos vœux l’accompagnent.

Is t’aécompagnent aussi, jeune Pernorrer, toi que l'amour de l’horticulture, que l’ardent désir d’être utile portent à affronter de nouveau les vagues mugis- santes des mers Atlantiques, pour découvrir des végé- taux utiles, rares ou inconnus à l’Europe, et en portér

a

(1) Sa collection , avant ce malheureux événement, était composée de 6250 plantes. Il en a perdu 2000. Le surplus provient des îles Marianes, Moluques, Sandwich, Malouines et de la Nouvélle-Hol- lande. La cryptogamie compte dans’ celte précieuse récolte 150 es- pêces d’alsues , 44 de champignons, 150 d’hépatiques, 86 de mousses, 131 de lichens, 230 de fougères et 23 dedycopodes. La phanérogamie y trouve 3416 espèces. Sur ce nombre total, 1800 espéces au moins n'existaient poiut dans Jes‘herbiers du Muséum d’hisioire naturelle de Paris : la plupart sont nouvelles. Un choix paraîtra en cent vingt planches dans la partie botanique du Voyage autour du monde que va publier M. le capitaine Louis ne FreYGiNET ; on y verra les plantes les plus curieuses recueillies par M. Gaunicmaun, et quelques espéces de genres déjà connus, mais imparfaitement décrits.

(‘XEv" ) d’autres de nos contrées aux hommes qui »euplent les côtes pestilentielles de la Mana et du Sénégal.

Avant de quitter le vaste domaine de Flore, il me reste à vous dire un mot des plans qui vous ont été soumis, afin d'arrêter les désordres qui se glissent dans la botanique. Tous les auteurs de ces projets, mus par des intentions pures, se plaignent amèrement de ce que, depuis plusieurs années, on est plus occupé de la création intempestive de genres et d’espèces, de l’as- sociation des plantes en familles dites naturelles, qu’à rechercher leurs propriétés, qu'à les-faire servir aux usages de l’homme et aux besoins des animaux domes- tiques. On néglige d'étudier les changemens que les végétaux essuient en quittant leur patrie, en les sou- mettant à nos lois de culture, aux caprices de la na- turalisation et aux épreuves chimiques : l’incertitude va toujours croissant. On n’y remédiera point par de nou- veaux modes de distribution, mais bien en quittant la fausse roule dans laquelle est lancé. Un premier moyen a été indiqué par l’Académie des sciences de Bruxelles; il est bon : il a pour but l'examen critique, et d’après les bases établies par Linné, notre maitre à tous, des genres et des espèces proposées ou adoptées depuis la mort de ce grand homme, et de déterminer, sur les mêmes principes, la valeur des dénominations qui ont été imposées à ces genres et à ces espèces. L'appel que vous renouvelez pour le nectäire, est un autre moyen de pénétrer plus intimement dans l’orga- nisation des plantes et d'arriver par suite à d’heureuses applications.

Dans le nombre des plans dont je parle, vous avez

( xuvi ) distingué celui de M, px Raviène, de Saint-Gilles, re- latif à une nouvellé langue botanique, tout analytique et basée sur la valeur représentative des organes des plantes. Une commission spéciale est occupée de son examen, à faire des essais, et à fixer les lois sur les- quelles il importe de s’appuyer,pour obtenir un résul- tat utile. Le travail de cette commission est trop peu avancé pour vous être encore soumis ; il le sera dans le cours de la nouvelle année.

PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE.

La physiologie végétale est toujours dans le vague, et la marche des esprits semble vouloir Fy retenir long-temps encore. Au lieu de s'occuper à réunir les faits, à les constater, à leur donner tous les caractères de l'évidence, on flotte dans le chaos des théories, sans songer qu'elle demande, non pas des systèmes , mais seulement des faits exacts, des faits nombreux. C’est à, Messieurs, tendent aujourd’hui vos recherches profondes ; plus tard vous découvrirez les nœuds se- crets qui les lient, vous donnerez un ensemble à toutes les observations, à toutes les expériences.

Quelles sont les véritables conditions de la vie dans toutes les époques de la végétation ? Dépendent-elles uniquement de l’action de la lumière ou de son ab- sence, du besoin que les jeunes pousses éprouvent d’être abritées par les feuilles contre l’atmosphère froide de la nuit, ou bien à une force motrice parti- culière? La solution &e ces questions est importante, elle a été traitée par trois de vos confrères.

M. le docteur Durnocnzr, de Château-Renault, at-

( xevur ) tribue à la lumière lénergie de lirritabilité dans la Mimosa pudica, et il le prouve par la perte qu’elle fait de son irritabilité lorsqu'on la plonge dans l’obscu- rité etque la température offre un certain degré d’a- baissement : son mode d’existence est alors identique à celui des autres plantes.

M. Aporpue pe Guesnez n’admet point le sommeil chez les plantes, il avance même qu’elles conservent toute l’action et la force de leurs organes la. nuit comme le jour, puisqu'elles absorbent. continuelle- ment les gaz nécessaires à leur propre existence. En attendant qu’il ait donné suite aux expériences aux- quelles il se livre, il substitue au mot sommeil, qu’il regarde comme impropre, celui de état nocturne des végétaux, La puissance qui ramène, à chaque aurore, sur le cristal des ondes le Nymphæa de nos paisibles étangs et le Lotus d'Égypte, n’est point en effet la même que celle qui excite le mouvement des étamines du Silene nociiflora, ou qui détermine la fructifica- tion du Cactus grandiflorus, du Nyctanthes sambac.

M. le docteur PAsrré suit une autre route que vos deux confrères. Il croit à l’existence du sentiment pro: pre des végétaux, sentiment assez voisin de celui de l'animal, et qui n’en diffère même que par l’absence de la locomobilité‘et de l'instinct d’entendement. La vie, selon lui, est le complément de l’organisation, elle est toute dans la sensibilité, et celui-là est profon- dément dans l’erreur, qui ose rapprocher les plantes des minéraux et avancer que, au milieu de leurs fonc- tions si variées, elles ne jouissent pas plus de sensibi- lité que la pierre brute.

{ xLvinr )

Quoi qu’il en soit, la physiologie s’est enrichie de plusieurs -observations remarquables sur la manière d’agir du pollen à l’égard du stigmate, et sur le pro- longement du canal médullaire dans l'intérieur des racines. On a acquis la certitude qu'entre la graine et la plante parfaite il ÿ a un état intermédiaire analogue à celui des larves chez les insectes, et dont la durée peut être plus ou moins longue. C’est à cette circon- stance, dont les lois sont inconnues, que M. Acarn, de Lunden, rapporte l'existence des plantes confer- voïdes, qu’il considère comme les premiers linéamens de la formation des prêles et des mousses (1). C’est encore dans les principes de la germination que M. le docteur Lavieirze, de Châtillon-sur-Loing, est allé découvrir les caractères essentiels du Cullitriche ver- na, et reconnaître les bases du genre et de la famille des callitrichacées (2).

On sait aussi qu'il y a des graines qui peuvent rester indolentes pendant plusieurs années, et qu’elles se dé- veloppent aussitôt qu’elles trouvent les conditions né- cessaires à leur végétation (3). Ainsi les orobanches attendent dans une inaction plus ou moins prolongée le moment des pluies entraîneront leurs graines vers les racines du chanvre, pour s’y fixer, y enfoneer leurs radicules et pousser des jets qui deviendront de véritables tiges à fleurs. En enlevant aux vieilles

(1) Consultez son travail sur la germination des prèles, tom. IX ; pag. 283, des Mémoires du Muséum d’hist. nat. de Paris.

(2) Voyez plus bas, pag. 229.

(3) Consultez, dans le II volume des Mémoires de Société, Jes pag. 116 et suiv.

-

( XLIX )

graines, comme l’a recommandé feu notre vénérable ami Juce pe SAiT-Marrin (1), leurs enveloppes avant de les faire germer, on leur rend toute la vigueur primitive; on hâte singulièrement le cours de son évolution au kakile maritime qui met crdinairement deux ans à le- ver, et celui de toute autre plante, pourvu que les co- tylédons présentent peu de parties amylacées.

Un autre fait non moins curieux a été recueilli par ur observateur exact, par M, Laure, de La Valette : le froid n’opère la désorganisation des végétaux qu’au- tant que la sève a été mise précédemment en circula- tion par la hauteur de la température. Ainsi une plante de l’Inde peut, sur notre territoire, résister à une gelée qui endommage des arbres indigènes ou naturalisés depuis des siècles, du moment que leur végétation est plus avancée, tandis qu’on la verra succomber à un froid qui fera descendre à peine le thermomètre à un degré voisin de zéro, si sa sève n’est plus dans un état complet d’engourdissement. Gette loi de physiologie explique pourquoi M. ne Guar, de la Grange, près Sau- jon, a vu le parasol chinois / Sterculia platanifolia) et le néflier du Japon, si agréable par son large feuillage persistant et par ses fleurs si odorantes, soutenir en pleine terre un froid de 13 degrés centigrades, tandis que le Phormium tenax périt à centigrades.

Les plantes enfermées dans les serres chaudes sont exposées à un si grand nombre de circonstances plus ou moins contraires à leur organisation, qu’il n’est pas

(1) Poyez mon Compte rendu inséré au volume des Actes de la Société.

d

(z)

étonnant de les voir présenter des phénomènes fort étranges. Ils demandent à être étudiés dans tous leurs détails, mais il faut bien se garder de prononcer de suite : M. PerroTrer vous en a fourni un exemple re- marquable dans le Bauhinia divaricata (1). Vous avez applaudi à la prudence de l’habile jardinier, à l'exactitude de l’observateur attentif. |

Un pommier commun a offert à M. Trrcerre px CLen- monr- Tonnerre la réunion des deux sexes, et une très- grande irrégularité dans la disposition de la fleur et dans la structure du fruit (2).

Il est évident que les plantes ont des relations in- times avec le sol qui les porte; quand celui-ci réunit toutes les propriétés nécessaires à leur entier dévelop- pement , elles lui rendent presque toujours autant qu’elles lui empruntent; mais quand le sol est pauvre, la plante ne tarde pas à dépérir. Les terrains graniti- ques sont les plus fâcheux à la végétation, tandis que les calcaires lui sont infiniment propices. M. Le Bour- LENGER VOUS à EXPOSÉ les causes de cette influence (5), et il en a déduit la conséquence, depuis quelque temps adoptée dans notre agriculture nationale, d'appliquer la chaux comme engrais.

M. Porrarr De Gawnnivris, de Bruxelles, a calculé le degré de chaleur qu’exigent certaines plantes pour mûrir complétement sous le ciel du Brabant méridio- nal, et il a reconnu que pour l'orge de mars il fallait une somme totale de chaleur équivalente à 2360° de

—— (1) Voyez plus bas, pag. 255. (2) Il est décrit à la pag. 164. (3) Voyez son mémoire, pag. 329.

(OA. ) l'échelle de R£auwur; pour l’orge d'été et le seigle, 2600°; pour le froment,2750°; et pour les solanées par- mentières, 3600°.

De son côté, M. Grassis a étendu ses études sur la fleuraison et la fructification de huit mille végétaux qui, maintenant, font la richesse de nos campagnes, l’ornement de nos parterres et de nos bosquets. Il a de la sorte agrandi la statistique végétale de la France, sont réunis tous les élémens de la naturalisation, et présenté le modèle d’un calendrier de Flore vrai- ment national, très-utile à l'agriculture, et du plus grand intérêt pour les âges à venir qui seront bien aises de savoir quels furent les végétaux cultivés et naturalisés au XIX° siècle dans la patrie des sciences et des arts. Nous bénirions l’antiquité si elle nous eût fait un pa- reil cadeau.

AGRICULTURE.

Deux grands établissemens ont été fondés par deux de vos anciens correspondans, MM. Sourancz-Bonix et Marureu DE Dousase. Ils feront époque dans les fastes des sciences naturelles, ils ajoutent une palme nouvelle aux palmes cueillies par la France dans tous les genres d'industrie et de gloire : ils honorent leurs auteurs que vous avez, à titre d'encouragement, in- scrits, dans votre dernière séance, parmi vos membres : honoraires.

Consacré à la culture des plantes exotiques, le jar- din de Fromont offre non-seulement aux botanistes la collection la plus complète des végétaux rares que la nalure a semés sous toutes les latitudes, les plantes

que les voyageurs intrépides vont chercher dans des d,

(an)

climats divers et que le commerce apporte pour la première fois des régions les plus éloignées; mais il est pour lhorticulture un foyer d’activité constante, M. Souraxce-Bonin se livre aux essais de toutes les sortes pour conserver, naturaliser et. multiplier à l'infini les richesses végétales des deux mondes. L’en- semble des cultures est si bien calculé, que tout y réussit, et le gouvernement des serres si parfait, que chaque plante y retrouve le sol, l’atmosphère, la nourriture et les rayons lumineux qui lui con- viennent, dans le même temps qu’elle reçoit les soins de la plus touchante hospitalité. Déjà l'étranger re- garde le jardin de Fromont comme un des premiers monumens élevés à la Flore exotique; la patrie re- connaissante le montre avec orgueil comme l’école- modèle, l’horticulteur va puiser de nouvelles, de larges instructions, apprendre à changer ou bien à perfectionner ses méthodes, connaître tout ce que la patience, unie à des études variées et approfondies, peut obtenir de la pratique la mieux entendue, et qu’elle est en droit d’espérer des combinaisons nom- breuses d’une savante théorie, d’un esprit sans cesse occupé à bien voir, à tout peser, à tout faire par lui- même (1).

La ferme normale que M. Marueu pe Dousasre a montée à Roville, entre Nancy et Lunéville, départe- ment de la Meurthe, donne les plus hautes espérances. Depuis le mois de septembre 1822 qu’elle existe, elle s’est placée à la tête des établissemens ruraux que

(1) Voyez le rapport fait sur ce jardit, pag. 172 et suiv.

( LHr,)

possède la France, et même aujourd’hui nous pouvons dire sans crainte qu’elle est vraiment unique pour nous, et qu’elle peut soutenir la comparaison avec tout ce que l’Europe vante en ce genre de plus utile à l’a- griculiure et à l’économie rurale. En eflét, cette ex- ploitation exemplaire est administrée avec sagesse; l'ordre règne dans ses différentes parties, et son but est de soumettre à l’expérience, la seule règle infaillible, les vues et les méthodes avouées par les praticiens les “plus instruits. Tout en améliorant ce que l'usage et les siècles ont sanctionné, tout en maintenant le premier des arts dans sa marche simple et patriarcale, on y perfectionne les instrumens, on y forme d’excellens sujets, on y profile de toutes les ressources que pré- sentent une terre bien préparée, et les animaux do- mestiques bien nourris, bien soignés et traités avec douceur, Destiné donc à donner de étendue aux amé- liorations introduites depuis 1789 dans Fagriculture nationale; destiné à exciter une noble émulation parmi les grands et les petits propriétaires, à les intéresser aux nouveaux procédés et les amener à ex apprécier les utiles résultats, Pétablissement de Roville ne pou- vait tomber en de meilleures mains que celles de M. Marnieu ne Dousaszs. Votre savant confrère, Mes- sieurs, réunit aux connaissances et aux qualités néces- saires un dévoûment sans bornes, un zèle éclairé, la probité et la franchise de l’homme sans défiance comme sans détours. Il sait qu’en agriculture le produit est le grand juge des revers et des succès, aussi tous ses ef- forts sont-ils dirigés pour éviter les uns et pour con- quérir les autres; et comme il veut que son exemple

( y ) profite davantage encore, chaque année il publie; sous le titre de Annales agricoles de Roville, les résultats bons ou mauvais de ses opérations diverses.

S'il nous reste encore beaucoup à faire pour élever l’agriculture de tous les départemens de la France à Ja haute perfection qu’elle a acquise dans un bon nombre de cantons, surtout dans la partie du dépar- tement du Nord que l’on nomme {a Flandre, et fut le berceau des assolemens alternes adoptés en Eu- rope, il faut avouer qu’une heureuse rivalité nous en révèle chaque jour les moyens. Vous en avez la preuve, Messieurs, dans le recueil périodique que publie l’un de vous (1) et dans les mémoires qui vous sont four- nis par vos correspondans.

Parmi les mémoires soumis à votre examen dans la période des deux années dont j'écris l’histoire, je ci- ierai entre autres celui de M. Ropar, d'Olemps, sur ‘état de l’agriculture du département de l'Aveyron; celuide M. Cranzes Boucuorre, de Voipy, sur la culture du châtaignier et sa réintroduction dans le départe- ment de la Moselle (2) ; celui de M. le docteur Tnouve- nez, de Pont-à-Mousson, sur les avantages qui doivent résulter de la plus grande propagation des arbres (5); ceux sur l’amélioration de nos divers animaux domes- tiques dans les départemens du nord-est, par M. Eure Boucnorrs, de Metz; dans le Midi, par M. ne Gaspa-

(1) La Bibliothèque physico-économique que rédige M. THiÉBAUT DE BerneauD depuis,le 1°*.janvier 1817. (2) I est inséré dans le XVIe vol., pag. 145 de ce recueil.

(3) Voyez le XIV® vol., pag. 242 du même recueil

(iv)

AIN, d'Orange; et sur toute l’étendue de notre terri- toire, par M. Tui£paur pe BerNeaup. Je citerai aussi l'aperçu sur les lins de Ghalonnes (Loire-Inférieure) qui vous a été lu par M. Oscar Lecrenc (1); celui de M. Wozrers sur le chou à jets cultivé dans les envi- rons de Bruxelles et qu’il serait bon de multiplier en France (2); enfin celui de M. ne Morocugs sur l’in- fluence que les récoltes intercallaires exercent sur les blés qui leur succèdent (3).

Vous vous souvenez encore, Messieurs, des notes qui vous ont été communiquées par feu Anpré Tnouin, dont la perte sera long-temps sensible à l’agriculture française, et par M. Arnéwas, de Nantes, sur la néces- sité d’introduire dans les grandes étendues de nos terrains marécageux la culture de la folle-avoine du Canada { Zizania clavellata ), qui a la double pro- priété de fournir une nourriture saine et agréable aux hommes et aux bestiaux. Vous avez distribué six kilo- grammes de cette graine.

Une nouvelle variété du Cucurbita pepo, provenant des environs: de Oratava, ville située au pied da pic de Ténériffe, a été introduite dans le département de la Seine-[nférieure par M. Isivore Le Brer, de Rouen. Ge confrère très-zélé s’est assuré qu’elle était plus avantageuse que les cucurbitacées de nos jardins, puis- que son fruit mürit beaucoup plus tôt, se conserve

"0

(1) Inséré dans la Bibliothèque physico-économique, tom. XH, pag. 289 et suiy. :

(2) Voyez tom. XV, pag. 20 et suiv. du même recucil.

(3) Voyez le même recueil, tom. XVI, pag. 280.

: ( Evi ) plus long-temps, et contient une grande quantité de principes sucrés.

Le Phormium tenax a été propagé par vos soins sur plusieurs points de la France. Getie plante s’accli- matera partout lon en tentera la culture; depuis qu’elle a porté à Cherbourg et sur la presqu'ile de Saint-Mandrier, près de Toulon, les graines que vous avez distribuées, elle a fleuri À Saverdun, à Marseille, et dans diverses autres localités du Midi.

Pour aider à de nouvelles conquêtes, et mettre tous vos correspondans nationaux el étrangers à l’abri de la fourbe de certains marchands grainetiers, vous leur avez fait un appel à leffet de recueillir avec soin, et de vous envoyer sans frais, les graines parfaitement mûres des végétaux de tout genre, tant herbacés que ligneux, économiques, agréables, curieux ou rares, et spécialement de ceux reconnus susceptibles d’être cul- tivés en pleine terre en France. Aux mois de janvier et février de chaque année ces différentes graines leur seront distribuées également sans frais, au prorata des envois qu'ils vous auront faits. Getle mesure sage, dans l'intérêt de l’agriculture et des travaux sur la physiologie végétale, complète, Messieurs, ce que vous avez heureusement commencé depuis 18%0, et plus spé- cialement en 1823 et 1824 , que la Société Linnéenne a répandu d'excellentes graines de pin laricio, de blé de Toscane, si recherché pour sa paille avec laquelle on prépare les chapeaux les plus fins; des individus pleins de force du sapin argenté, du poirier -lam- mas, etc., etc.

Tout en favorisant la culture des plantes exotiques

( cv }

reconnues utiles, vous avez senti qu'il importait de rendre compte des faits que vous révélait l’expérience. Ainsi, la pomme-de-terre sans tiges qui vous était ve- nue de l'Angleterre et du Piémont, n’est point une variété nouvelle, mais seulement un jeu particulier à certaine localité qui maintenant s’observe dans sa con- stitution géologique; le riz, pompeusement distribué par plusieurs préfets, sous le nom de Riz sec de la Co- chinchine, n’est rien autre que le T'riticum monococ- cum, froment locular, très-commun aux environs d'Agen (1); le peuplier-liége, que l’on disait indigène aux îles du Rhône qui appartiennent à l’arrondisse- ment de Monluel, département de l'Ain, n’est point une espèce particulière, mais bien un individu malade; la variété de chanvre du Piémont, que l’on désigne sous le nom de Cannabis gigantea, parce que ses tiges montent de 2 mètres et demi à 3 mètres, n’est qu’une variété accidentelle, fort remarquable, mais suscep- tible de se maintenir en l’état de vigueur qu’elle déve- loppe dans les vallées fertiles du Pô, seulement aux lieux absolument semblables.

MM. Ricuan», de Rodez, ne MAnriNeL, de Lyon, et D'Housres Finmas, d’Alais, se sont occupés de la cul- ture comparative des diverses sortes de solanées par- mentières : le premier sur 97 variétés; le second sur 95, et le troisième sur 24, qu’il avait particulièrement distinguées ; leurs expériences donnent pour résultats :

22

(1) Voyez à ce sujet les observations critiques de M. ne Sainr- Amaws, insérécs tom. XIV, pag. 289 et suiv., de la Bibliothèque physico-économique.

( vin )

que les variétés les plus productives se réduisent de vingt à vingt-deux; que les plus hâtives restent en'terre trois mois et demi, et les plus tardives cinq et six mois; que la voie des semis est la plus certaine pour conserver les meilleures variétés; enfin, que la substance alimentaire fournie par les premières qua- lités de solanées parmentières, est égale au tiers du produit de nos céréales.

Des cultures moins importantes, mais également liées aux besoins actuels de l’homme et à l’art des jar- dins, ont fixé l'attention de plusieurs d’entre vous; je n’en citerai que trois exemples. M. Sourance-Boniw, après avoir peint l’état de l’Angleterre sous le rapport horticultural (1), vous a enseigné comment on peut donner à ses melonnières un double avantage, en les rendant mobiles, disons mieux, en les parquant comme le berger en agit à l’égard de ses moutons (2); M. P£r- ROTTET, qui à recueilli de si belles observations pen- dant son voyage aux îles de la mer des Indes, vous a fait part des soins que demande le vanillier, lorsqu'on veut en transporter des boutures, et multiplier cette plante sarmenteuse semi-parasite (3); M. Pæxippanr, de Versailles, vous a adressé un mémoire sur la culture des plantes de bruyère, et indiqué les moyens d’imi- ter la nature de terre qu’elles exigent elle est rare. Ge procédé, justifié par sa pratique journalière, consiste à réunir dans un trou, d’une proportion rela-

, (1) Voyez, plus bas, la relation de son voyage, pag. 305 et suiv (2) Consuliez la note insérée dans ce vol., pag. 417.

(3) Son mémoire est inséré pag. 409,

( zx») tive à ses cultures, des feuilles d’arbres de bonne es- sence qui s’y réduisent, dans l’espace d’un an, en une sorte de pâte, si l’on a soin de les remuer deux ou trois fois ; cette pâte, mêlée à demi partie de sable de car- rière ni trop gros ni trop sec, remplace avec avantage et économie la terre de bruyère : les grandes plates- bandes du fleuriste de Trianon sont formées de cette composition.

Avec une activité semblable à celle que vos, cor- respondans déploient, Messieurs, notre agriculture ne peut que marcher à grands pas vers la perfection; vous y tendez par de généreux efforts, vous serez se- condés par les cultivateurs de toutes les classes, et l'étranger, jaloux de notre gloire, apprendra que, mal- gré les blessures profondes qu’elle a reçues depuis près d’un demi-siècle, la France a tous les élémens de la prospérité sur son sol qu’exploitent des mains indus- trieuses, chargées de lauriers et pleines d’honneur, que remuent des bras habitués à produire de nouvelles richesses, à raison de chaque nouveau besoin.

MÉTÉRÉOLOGIE.

Étroitement liée aux opérations rurales, la météo- rologie fixe sans cesse vos regards; vous accueillez avec le plus vif intérêt les observations qui vous sont fournies sur cette partie de la science dont les recher- ches ont pour but de connaître les causes et les effets des variations de tout genre qui se succèdent dans notre atmosphère. MM. Lapierre, de Roanne, Tuoz- LARD, de Tarbes, et Gazaw, d'Antibes, continuent à vous envoyer les tables météorologiques qu'ils dressent

(CAR

chaque année avec beaucoup d’exactitude. Tout en donnant à ces honorables confrères les encouragemens qu'ils méritent, vous avez désiré que tous vos cor- respondans nationaux et étrangers vous aidassent à colliger une plus grande masse de faits, et afin de les y déterminer, un ou plusieurs prix ont été fondés pour être distribués chaque année dans votre grande séance publique. Get appel sera entendu; vous aurez désor- mais à vous féliciter de plus en plus de la direction utile donnée aux études, et, riches d'expériences bien faites, vous pourrez, à l’exemple de votre infatigable confrère M. Ginou, de Buzareingues, en tirer des con- séquences pratiques de la plus haute importance. Vous vous rappelez tous la règle remarquable qu’il a déduite d’un grand nombre d'observations faites sur quarante- cinq points diflérens de l’Europe, pour apprécier, à la fin de septembre, le nombre de jours de pluie du mois d'octobre suivant. Ce mois est celui dont il importe le plus aux cultivateurs de connaître d’avance l’état mé- téorologique, parce que c’est le mois des semences d'hiver, et que de Pétat de sécheresse ou d'humidité des champs, au moment de l’emblavement, dépend en grande partie la récolte qu’on peut en attendre.

La conclusion que je tire ici, Messieurs, de l'appel fait aux savans, est une conséquence naturelle de ce qu'a produit sur les agriculteurs instruits la recom- mandation que vous leur avez faite d'essayer en grand les paragrèles en paille, inventés par M. Larosrozze, d'Amiens, et perfectionnés par M. Tuorran», de Tar- bes. Ces machines, propres à préserver nos champs d'un fléau d'autant plus terrible, qu’il nous frappe dans

(Cuxr )

le temps nous sommes prêts à recevoir le prix de nos sueurs, se sont propagées sur plusieurs points de l’Europe; partout elles ont été reconnues utiles (1). Afin d’en répandre de plus en plus l’usage, vous avez témoigné votre satisfaction à trois grands propriétaires qui ont donné l’exemple, en leur envoyant votre diplôme et la collection de vos mémoires (2). En remplissant ainsi le devoir que vous impose votre cœur, vous servez la science et vous méritez bien de J’humanité.

ARTS INDUSTRIELS.

En méditant sur le mystère de la fermentation vi- neuse et sur le phénomène non moins occulte de la corruption spontanée des fruits, M. Asrier, de Tou- louse, a pensé qu’ils pourraient très-bien être produits par la même cause, et que les agens chimiques qu’on emploie pour mûter le moût de raisin, seraient propres à empêcher les fruits de pourrir. Pour s’en assurer, ce patient investigateur mit en immersien permanente dans du moût fortement imprégné de gaz acide sulfu- reux, différentes espèces de fruits, chacun en sa sai- son, et l’expérience lui a parfaitement confirmé le rai- sonnement, puisqu'ils se sont tous conservés sans altération pendant plus d’un an, et que votre confrère, Messieurs, n’a eu qu’à les faire cuire dans le liquide conservateur, pour en obtenir une confiture bien su- périeure er qualité au raisiné des ménagères.

M. Asrier a de plus simplifié la fabrication du sirop

(x) Lisez l’exposé-des faits recueillis à ce sujet, pag. 425 et suiv. (2) Voyez le troisième rapport inséré à la fin de ce Compte rendu.

( zxnr )

de raisin, en supprimant la neutralisation des acides du moût qui faisait la principale difficulté de l’opéra- tion, et rendait par suite impossible la conversion de ce sirop en vin. Aujourd’hui le sirop qu’il prépare n’est que du moût réduit assez pour ne plus fermenter spontanément, et en le graduant à volonté, il en ob- tient, sans aucune peine, un vin plus ou moins spiri- tueux, ou du vin de liqueur excellent. Ses premiers vins ressemblaient pour la couleur aux vins cuits d’Es- pagne; ils ont maintenant une couleur rouge très-belle qu'ils empruntent aux pellicules des raisins les plus riches en principe colorant, conservés dans le sirop, et qui, dans le moment de la fermentation, colore le liquide.

La théorie de la fermentation vineuse a été le sujet de nouvelles expériences pour MM. pe Monocuess et Turégaur pe BerneauD : l’un et l’autre les ont rendues publiques, je dois donc les citer simplement (1).

Une plante vivace qui vient partout, qui monte fort haut, ne redoute point les fortes gelées, et dont la cul- ture estextrêémement facile (le Senecio doria), est sou- mise depuis trois ans par M. Gizcer pe Laumowr, l’un de vos membres honoraires, à une suite d’essais dans la vue d’en obtenir des fils plus utiles que ceux du chanvre, et peut-être égalant en force les fils du Phor- mium tenaæ. Ses premiers résultats sont fort encou- rageans. Votre illustre confrère espère pouvoir bientôt GONE UNE: 5 QU US NME n shbens li

(1) Voyez, du premier, son mémoire Sur la meilleure méthode pour opérer économiquement la fermentation vineuse. Orléans, 1824, in-8°;

- et du second, son Wanuel du vigneron, un petit volume in-12,

pag. 156 à 100. Pa6: 17

( zxrr ) donner à connaître le fruit des observations qu’il fait avec un soin tout particulier.

GÉOLOGIE.

Les recherches géologiques se font avec méthode, et ave@ un enthousiasme qu’on ne saurait trop louer; partout on veut arracher aux épaisses ténèbres qui les couvrent les premières révolutions du globe ; une noble émulation décide à s’y consacrer, et ceux qui portent la pourpre, et l’humble observateur qui cache sa vie dans une retraite studieuse. De cet accord gé- néral, la science retirera de grands profits, pourvu toutefois que l'esprit de systèmes ne vienne pas à en retarder la marche, à en limiter les vues, à en dé- nalurer les faits.

Dans le même temps que M. pe Trisran découvrait dans la carrière du hameau de Montbusard, près Orléans, des restes d’un animal voisin des Palæothe- rium et des Anoplotherium, au milieu d’un cal- caire plus moderne qu'aucun autre banc du grand bassin creusé au centre de la France; Bourver, de la Nièvre, que la mort vient de nous ravir, Bourper explorait, au milieu de l’Helvétie, une montagne (1) remplie d’ossemens d’éléphans, de rhinocéros, de hyènes, d’antilopes et de gallinacées, mêlés à des pois- sons, À des carapaces de tortues, à des débris de mol-

(1) Le mont de la Moliére, situé dans le canton de Fribourg, près du lac de Neufchâtel. Sa hauteur est de 319 mètres au-dessus du lac de Genève et 694 au-dessus de la Méditerranée. Le point le plus élevé est ombragé d’arbres et couronné par une vieille tour ruinée.

( zx

lusques, dont les analogues vivent aujourd’hui à de grandes distances de là, ou dont les races sont abso- lument perdues. Avec ces fragmens d’une époque très- reculée, le savant confrère que vous regretterez long- temps, Messieurs, a trouvé des mâchoires et des dents de cochon, fait aussi intéressant que nouveau, puisque jusqu'ici l’on n'avait ramassé d’ossemens de cet nl que dans les tourbières.

Peu de ; Jours avant sa mort, Bounper vous a entre- tenu de ses observations sur les brèches osseuses de l'ile de Corse, dont la découverte date de 1867. Dans l’innombrable quantité d’os brisés que ces brèches con- tiennent, M. Guvier n’a remarqué que des os d’ani- maux de la classe des rongeurs; Bourper y en a vu qui lui semblaient avoir appartenu au mouflon de Corse (1), animal fort voisin de l’argali de Sibérie; d’autres qui ont beaucoup de rapports avec ceux de notre lapin sauvage, avec ceux d’un ruminant, voisin de l’antilope des brèches du cap Galpe, près de Gi- braltar; d’autres plus gros, qu’il assimilait aux os des roches de Cette, d'Antibes, de Nice, etc.

Vous avez eu des notices sur des ossemens et des dents fossiles de divers animaux extraits de la marnière des Prunes, près d’Argentan (Indre), par M. ne Bas- TEROT; de la montagne Saint-Pierre de Maëstricht, par M. Cranax; de chevaux trouvés dans les monts Himalaya, à 5,200 mètres d’élévation, c’est-à-dire dans la région des neiges; de poissons et particulière- ment du genre Sparus, rapportés de la vallée de Re-

(1) Le muffoii on muferi des Corses, l'Ovis musimon de Taxxé.

({:w)

chenanthal, entre les villages de Zell et d’Xndorf en Bavière, par M. Cnanzes Hezzsrrogm. Vous avez recu des coquilles fossiles trouvées dans les grès de Fontai- nebleau, par M. pe Lauuowr fils; dans une montagne auprès de Gassel (Nord), par M. DesmyrrÈre; dans un banc de terre argileuse, silué au-dessous des premiè- res assises de l’ancienne forteresse d'Angoulême, par M. Lanoreau, et un mémoire de M. Drousr, du Mans, sur une nouvelle espèce de modiole, et sur quelques individus de la famille des orcactes, dont il a formé un “enre nouveau sous le nom de Véithée (1).

La rencontre de ces vieux témoins d’un monde très- ancien, tout en nous frappant d’étonnement, a fait naître le désir de trouver parmi eux des restes hu- mains : vain espoir ! L'existence de l’homme est posté- rieure à l’effrayante série des grands bouleversemens dont nous voyons çà el des preuves irrécusables, et les prétendus anthropolithes, cités avant la création de la science du géologue, appartiennent à des êtres d’un tout autre genre.

Cependant on parlait depuis peu de crânes et autres ossemens appartenans à une race d'hommes différente de celles qui habitent aujourd’hui le globe, découverts par lecomte Razowmoski(2); d’une tête munie de toutes ses dents et d’un bras humains, trouvés dans la commune de Salles, canton de Belin (Gironde); d’un péroné droit arraché à une carrière des environs de Li-

enr

(1) Il est imprimé plus bas, pag. 183 et suiv. (2) Edinburg’s philosophical Journal, juillet 1823, pag. 202.

(xyr)

sieux (1), quand tout-à-coup les feuilles périodiques annoncèrent un homme fossile, extrait de dessous les masses de grès du Long - Rocher, situé au sein de la forêt de Fontainebleau. Gette curiosité réveilla dans quelques esprits la vieille erreur d'hommes fossiles, et décida un chimiste de la capitale à en faire l’analyse. Les résultats qu’il déclara avoir obtenus fixèrent votre attention, et vous fûtes, Messieurs, les premiers à vous enquérir de la vérité, en consultant, par la voie de l’analyse chimique, non-seulement cette anthropo- morphose, mais encore le lieu même elle fut enle- vée. Vous avez publié le travail de vos commissai- res (2), et vous avez eu la satisfaction de le voir adopté par tous les savans.

En vous parlant des prétendus ossemens fossiles hu- mains de la grotte de Durfort, département du Gard (3), M. Mancez ne Serres, l’un de vos correspondans à Montpellier, a fixé la valeur du mot fossile, en en bor- nant l’application «aux corps organisés, ou à leurs » dépouilles, ou à leurs débris enfouis, soit dans les » couches vieilles et solides de la terre, soit dans l’in- » térieur des eaux, soit enfin répandus sur la surface » des continens, par des alluvions ou par tout autre » cause, pourvu toutefois que celles qui les ont ense- » velis ou transportés, soient antérieures à l’existence » des causes actuelles. »

(1) J.-3.-V. Hu, Sur la topographie médicale de Lisieux, thèse soutenue à la faculté de médecine de Paris, le 7 août 1824.

(2) Voyez pag. 343 et suiv. de ce vol. (4

ir ct suiy

(3) Voyez plus bas, pag: 3

( LXVIL )

La relation d’un voyage géologique fait par M. Kickx, de Bruxelles, à la grotte de Han que les eaux de la Lesse ont creusée, et qu’elies traversent encore au- jourd’hui, a amené M. Gawsesskpes à vous décrire les grottes ouvertes de la sorte dans nos montagnes des Cévennes, et plus particulièrement celle de Mialet, l'un de ses amis s’est égaré, et n’a pu être retrouvé qu’au bout de trois jours, quoique cherché par plus de trois cents hommes, divisés en bandes de huit à dix. Il vous a également entretenu d’une autre grotte que la rivière de la Dourbie s’est creusée dans une montagne voisine du village de Camprieux, qu’elle traverse de part en part, et forme, à sa sortie, une fort belle cascade. À part quelques incrustations, le naturaliste ne rapporte rien de l’intérieur de ces gale- ries souterraines.

M. Traurzé, de Sedan, vous a envoyé une produc- tion fossile de l’ordre des polypiers qu’il a découverte au lieu dit Les Rosiers, près Grandpré, petite ville du département des Ardennes. La terre des Rosiers occupe le fond d’un ancien golfe, dessiné par les falaises de Ghal- lerange, de Vieux, de Monchentin, et par la commune des Froids-Fossés. C’est que, au milieu des terres calcaires friables et tendres, on trouve, tant sur la croupe des hauteurs que dans les bas-fonds, une masse de polypiers, appartenant aux alcyonés de notre con- frère M. Lamouroux, de Caen, et auxquels, à raison de linstabilité de leurs formes, on a imposé le nom d’Aleyonium mutabile. Avec ce fossile, M. Traurré a trouvé la spongiée pezize, dont l’agrégat tuberculeux paraît avoir tenu aux polypiers, et plusieurs ammo-

€,

( zxvim }) nites de diverses grandeurs et d’espèces très-varites.

À ce dernier sujet, M. Tni£maur pe BERNEAUD vous a fait connaître la coliection nombreuse d’ammonites qu'il a réunies, et l'ouvrage qu'il rédige pour complé- ter celui commencé par Brueuiëre avec le plus bril- lant succès.

S. À. R. le prince Cunisrran-Frépénic, de Dane-

omarck, membre honoraire, s'occupe de recherches sur les formations calcaires des îles du Danemarck; il vous à appris que la hauteur de Faxoë, le point le plus élevé de cette formation, est un banc de coraux; que le promontoire de Stevens est un composé de con- clomérations et de petites pétrifications, traversé ho- rizontalement, avec un peu d’inclinaison, par des cou- ches de silex; que dans l'ile de Moën, ces mêmes couches sont en noyaux, et dans une situation courbe et même verticale. Le prince GnrisrrAn-Frépéric ras- semble en ce moment-toutes les pétrifications que ren- ferment et le silex et le calcaire de ces différentes îles, dans l’espérance que leur comparaison portera à des résultats intéressans au sujet de cette formation.

Dans peu de semaines paraîtra l’histoire naturelle des ichthyodontes, qui long-temps occupa les savantes veilles de feu Bounpsr., de la Nièvre. Non - seulement il a considéré les dents fossiles, qui ont appartenu à la famille des poissons, sous les rapports zoologiques et

D

géologiques, mais encore illes décrit avec le plus grand soin, et il en donne la figure, exécutée sous ses yeux par les meilleures lithographes. Get ouvrage fera épo-

que, et son auteur ne le verra point!

( zxix ) - MINÉRALOGIE.

M. Hensarr vous a donné l’histoire de la décou- verte de l’étain oxidé, faite en France, depuis le mois d'août 1809 jusqu’aujourd’hui, et celle du cuivre py- riteux des mines de Chessy, département du Rhône.

De leur côté, MM. Derniers, de Theux, près Spa; Lanpreau, d'Angoulême; Tnouwixe, de Nantes, et les membres de votre brillante colonie de New-Yorck vous ont envoyé des substances minérales, nouvellement trouvées dans les contrées qu’ils habitent; elles ont été soumises à un examen chinique par M. Giizer DE Laumoxr fils, qui vous a mis ainsi en état de connaître ce qu'elles offrent d’intéressant, et pour la science et pour les localités qui Les fournissent. Le travail de votre zélé confrère a été remis à chacun de vos correspon- däns,

PHILOLOGTE.

Tandis que le géolsgue descend dans les entrailles de

ja Lerre pour en arracher quelques feuillets de Phistoire physique du monde, le philologue cherche à trouver dans les grands écrivains de lantiquité son histoire morale. Il laisse de côté l’épouvantable inventaire de batailles, de meurtres, de révolutions politiques, qui donnent de l'espèce humaine une si fâcheuse idée, pour ne s’occuper que des inslitutions. Là, existe le cachet particulier à chaque peuple; là, on suit la marche de la civilisation. Dans la guerre, on ne vante que la force athlétique, que la haute stature du héros : tout cède à sa puissance, la masse des nations est opprimée, elle

(ruxx ”)

ne ressemble pas mal aux arbres de nos jardins obli- gés de céder aux caprices du jardinier, aux coups re- doublés de son croissant. L'étude des institutions est un tableau de famille l’on voit les efforts de Fintel- ligence et ses acquisitions, la progression des idées, les principes des lois, l’on juge la légitimité des choses, le génie des arts, l’on découvre le sentiment propre à chaque siècle. Tout y est grandiose, tout y respire la vie, une aimable fraîcheur, quand la justice est la base des actions publiques et privées; tout y est abject quand la corruption domine, quand l'intérêt général n’est pas essentiellement mu par l’amour de la patrie.

Feu votre confrère Louis Reynier, de Lausanne, qui s'était chargé d'écrire l’histoire de l’économie pu- blique et rurale des plus anciens peuples, a publié le fruit de ses recherches sur les trois plus illustres na- tions de l'Afrique. C’est le sujet du quatrième volume de sa grande, de son utile entreprise. Il y prouve que le point de départ de la civilisation actuelle remonte aux Ethiopiens, dont la haute antiquité se perd dans la nuit des temps écoulés ; que les Egyptiens, sans cesse occupés de croyances religieuses, et leur subordon- nant les institutions, toutes les sciences et les travaux de l’agriculture, s’isolèrent ainsi des autres nations; enfin que les Garthaginoïis, uniquement voués aux spé- culations commerciales, ont préparé leur propre ruine en voulant envahir l’industrie des autres peuples et écarter de l'Océan tous les navigateurs étrangers, Il a laissé complet le manuscrit de son cinquième volume consacré aux Grecs : nous en jouirons bientôt.

Vous avez reçu de M. Varzor des notices sur ce

(HER)

qu’on appelle Pommes de Sodome et Pommes maudites, qu’il estime être le fruit du prunier de Zachée que CG. Baux désigne par cette phrase : Prunus hicricon- thica folio angusto spinoso (1), ou mieux encore le produit d’un urédo analogue à celui qui déshonore quelquefois le maïs; sur les plantes nommées par Vireisz, que certains écrivains de nos jours, sans avoir visité en botanistes les contrées ce poète les indi- que, sans avoir examiné et pesé en philologues instruits les diverses opinions publiées jusqu'ici à ce sujet, ont prétendu reconnaître dans les plantes de notre nomen- clature moderne.

L'histoire du cinnamomon des anciens a été éclair- cie d’une manière aussi profonde qu'heureuse par MM. Nges D’Esengeck (2), tandis que M. le docteur Maunicer, de Vannes, sous le voile de l’allégorie, vous faisait voir quand et comment la pervenche, originaire de l’Helvétie, a franchi la chaîne du Jura et celle des Vosges, pour se naturaliser dans les Gaules, elle devint l'emblème de la fidélité.

Gontinuant ses études sur l’histoire des plantes de Tu£ornrasTe, et sur les autres écrits de cet illustre philosophe et grand naturaliste, M. Turfgaur De Ben- NEAUD vous a montré dans l’asphodèle le végétal con- sacré aux mânes, dont les tubercules étaient éstimés le mets le plus agréable aux morts heureux; dans le souci de nos jardins, la plante annuelle qui fleurit suc-

(1) Pinax, pag. 444, 11. (2) On la trouve dans leurs Æmonilates botanicæ bonnens:s, fasc. 1.

{ zxxir )

cessivemeat et qui présente sans cesse aux rayons du soleil son disque d’un jaune éclatant ; et ce qu’est réel- lement le sylphium, aux feuilles semblables à celles de l’ache, que Taf£opurasre nous dit être brouté par les animaux avec plaisir et avidité, et que M. Derra CezLa a, pendant un voyage récent à Cyrène, cru, mais à tort, reconnaitre dans la Ferula tingitana, qui est mortelle pour les chameaux qui la mangent (1).

BIOGRAPHIE.

Toujours empressés à payer aux hommes dont les travaux ont eu pour but le bonheur de leurs sembla- bles et l’avancement des études, vous avez écouté avec respect l’éloge du patriarche de l’agriculture française, du bon Ouivier ve Serres, écrit en vers par M. pe La- sous, du Mas d’Azil; celui de Brucuière, par le respec- table et docte M. Amor£ux, de Montpellier; celui de Gosse, de Genève, et de l’auteur de la Flora gallo- provincialis, tous deux correspondans de fa Société Linnéenne à l’époque de sa première fondation, qui vous ont été adressés l’un par Bourpzr, de la Nièvre, autre par M. G£ram fils, de Cotignac.

N

Tel est, Messieurs, le résumé de ce que vous avez fait pour les sciences pendant les deux années 1823 et 1824. Le zèle que vous déployez, depuis le rétablissement de la Société Linnéenne, vous a ouvert des relations pré- cieuses avec les premiers corps savans des deux hémi-

(1) Voyage de Tripoli de Parbarie aux frontières occidentales de

l'Egypte, fait ou 151%, ct publié à Gènes en 1823.

( LxxIII )

sphères. Vos archives se sont enrichies de bons livres, de matériaux utiles; vos collections ont été augmen- tées; des hommes recommandables par leurs vertus et l’heureux emploi de leurs connaissances ont sollicité l'honneur de partager et vos travaux et votre gloire; votre fête champêtre a été célébrée sur divers points de la France et de l'Amérique par vos colonies, au même instant que vous célébriez l’anniversaire de la naissance de Lixné sur le plateau fleuri de Romain- ville ou dans les bois de Viile-d’Avray (1); partout vous voyez des sociétés se former d’après les bases que vous vous êtes fixées, se proposer le même but et adop- ter le même nom que vous. Get hommage à la mémoire du grand homme que vous avez choisi pour maître est agréable à l’ombre vénérée de Broussoxxzr, votre illustre fondateur. Il est le gage d’une direction nou- velle imprimée aux esprits, qui reconnaissent enfin la nécessité d’arracher la science à l’anarchie, qui me- nace de la frapper de stérilité; qu’il soit pour vous, Messieurs, l’appel à de nouveaux succès. En voyant s’agrandir la patrie linnéenne, sachez grandir avec elle; vous êtes tous frères pour l’honorer, la soutenir et pour la défendre; soyez tous amis, en cueillant les nobles lauriers qu’elle vous offre.

(1) /’oyez la relation de ces deux fêtes pour 1823 et 1824 ; un

cahtr in-8°”,avec une planche.

AY US AAA VA AA AV AY VA/0// LAS VAL AY LA VU AAA AA AAA

RAPPORT

Sur le concours ouvert relativement aux animaux viwans renfermés dans des corps solides, lu, au nom de la section de Zoologie, par M. le docteur PIÉDAGNEL.

Des observations, dont quelques-unes reposent sur des faits attestés par des naturalistes instruits, sem- blent prouver que, parfois, on découvre dans des masses de pierres plus ou moins dures, dans des troncs d’ar- bres, et même dans des couches de houille, des êtres vivans, tels que serpens, crapauds, lézards, insec- tes, elc., sans qu’on puisse se rendre compte comment ils y ont pénétré, comment ils y ont conservé la vie.

La Société Linnéenne désirait qu’on rassemblât tous les faits analogues qui ont été rapportés par les écrivains; qu’on établit leur degré réciproque de pro-, babilité ou de certitude, en rapportant textuellement les preuves sur lesquelles ils reposent, et, s’attachant à réunir toutes les circonstances critiques qui peuvent éclairer sur l'existence et la cause probable de ces faits, que le tout fût traité de manière à établir d’a- bord les pièces d’où l’on peut et l’on doit partir, pour expliquer, s’il y a lieu, le phénomène en question.

Quelques observateurs ayant pensé, à l'égard des animaux trouvés dans des troncs d’arbres, que l’indi-

( zxxv ) vidu qui y avait pénétré jeune encore, par un accident quelconque, s’y était développé, et y avait acquis l’ac- croissement ordinaire qu'il prend à Pair libre, la So- ciété Linnéenne désirait que l’on examinât aussi cette singulière opinion, et que l’on montrât si les lois de la physiologie permettent ou non de l’admettre.

Enfin, par rapport aux animaux trouvés dans des blocs de pierre, il importe de savoir si la même théorie peut leur être appliquée, ou s’ils ont été enveloppés dans l’état on les trouve par la matière liquide, la- quelle, en se durcissant, a produit la masse pierreuse qui les forme, et dans ce cas, expliquer comment la vie a pu ne pas cesser; constater, autant qu'il est possible, par la nature des masses pierreuses, leur gi- sement relatif, leur homogénéité, l’époque zoologique à laquelle on peut rapporter l’emprisonnement de ces animaux, en ayant égard aux causes accidentelles qui peuvent diminuer l'intérêt et l’importance de tel ou tel fait.

Tel était le sujet du prix de zoologie que la Société Linnéenne de Paris proposa dans sa séance publique de l’année 1822.

Deux mémoires ont été envoyés à la Société; l’au- teur du premier s’étani fait connaître, son mémoire a été mis hors de concours.

Il n’en a pas été de même pour le second travail, il a fixé l'attention des examinateurs sous plus d’un rapport, et je puis le dire, l’auteur a même passé les limites que la question semblait lui imposer, car, sous le titre de Zooenstéréologie, il a rassemblé tous les faits, toutes les histoires, qui ont été rapportés d’animaux

(-2xerr )

vivans existant dans des corps solides; ainsi les vers, les poissons, les serpens, les crapauds, les grenouilles, trou- vés dans des corps de diflérente nature, tels que la terre, la pierre, le bois, les liquides et les solides ani- maux forment autant de chapitres séparés, analysés avec beaucoup de soin, et desquels l’auteur a tiré ses corollaires dans un résumé général.

Le nombre des faits rapportés, la manière dont ils sont exposés, la logique sévère qui semble les ré- duire à leur juste valeur, constituent un travail qui remplit entièrement les vues de la première partie de la question, et auquel par conséquent la Société ac- corde, à litre d’encouragement, une somme de deux cents francs.

Mais tout en rendant justice à M. Vazror, docteur médecin, ancien professeur d'histoire naturelle, la So- ciélé se trouve obligée de lui témoigner ses regrets bien mérités, de ce qu’il ne s’est pas occupé des autres par- lies de la question qui sont encore à résoudre, et de proposer pour prix de zoologie, pour l’année 1827, la question suivante :

Déterminer par des expériences,

Si des animaux, qui vivent ordinairement sur la terre ou dans l’eau, peuvent exister pendant un temps plus ou moins long dans des corps solides et privés d’air ou d’eau;

Si des animaux amphibies peuvent vivre dans des circonstances semblables ;

Si des animaux peuvent vivre dans ces circon- stances, quels y sont leurs moyens d'existence, quels

( LxxvII )

phénomènes physiologiques présentent-ils dans leurs fonctions nutritives et de relation;

Expliquer par les résultats obtenus, les nom- breuses observations consignées dans des auteurs, sur des serpens, crapauds, lézards, insectes, etc., trouvés vivans dans des masses terreuses plus ou moins dures, dans des troncs d’arbres, etc.

AAA VE EUR LULU LULU VER LULU VU VA LVULLUVE LUE LUE

RAPPORT

Sur: Le concours ouvert relativement au Nectaire, lu, au nom de la section de Botanique, par M. Decavaux, membre honoraire.

Dans sa séance publique du 28 décembre 1822, la Société Linnéenne proposa la solution de ces questions:

Quel est l'organe, dans la fleur, auquel on doit ex- clusivement donner le nom de Nectaire ?

A quel caractère peut-on le reconnaitre? et de quelle importance est-il pour les végétaux qui en sont pourvus ?

La Société pensait que des questions d’un si haut intérêt pour la science de la botanique éveilleraient l’'émulation d’un grand nombre de concurrens.

Elle devait croire à l’émulation dans un pays le savoir n’est point le privilége de classes particulières, et dont la langue, familière en quelque sorte à tous les hommes instruits du globe, a produit l’ouvrage le plus propre à inspirer le goût de l’étude des plantes, en répandant sur les premiers élémens, ordinairement si arides, les charmes séducteurs qui brillent dans tous les ouvrages de l’auteur d'Emile; car, à moins d’être tout-à-fait étranger à la littérature, on a deviné que je veux parler des lettres de Jzax-Jacquessurla botanique: ouvrage admirable, que des éditions et des traductions

( Lxxix ) multipliées ont répandu avec profusion parmi tous les peuples qui jouissent des bienfaits de la civilisation, et que l’un de nos habiles confrères a encore embelli de la magie de son pinceau.

Oui, Messieurs, la Société devait croire que l’on s’empresserait autour de la palme qu’elle présentait.

Car, dans quel pays les sciences naturelles sont-elles cultivées avec plus soins que parmi nous, surtout depuis que les Ecoles centrales, d’une trop courte exi- stence, et si injustement décriées par ceux qui n’ont pas voulu se donner la peine d’en étudier et d’en com- prendre les avantages, ont popularisé dans tous nos départemens une étude trop long-temps négligée:; écoles dont l’enseignement modifié par l’établissement des lycées, a cependant produit tant de fruits; écoles qui subsisteraient peut-être encore, si l’homme qui voulait tout rattacher à son pouvoir n’eût trouvé parmi les professeurs qui s’honoraient de leur appar- tenir une noble indépendance, qu’il lui paraissait dif- ficile de corrompre et d’enchaîner à son char, dont la flatterie et l’ambition commencaient à former le cortége ?

Sur quelques points de la France que vous jetiez aujourd’hui vos regards, une foule de végétaux utiles ou d’ornement attestent un goût général pour l’étude de la botanique.

Si les pépinières départementales, qui devaient in- digéner dans chacune de nos contrées les arbres les plus propres à s’y acclimater, ont été frappées de mort presque à l'instant de leur naissance, des pépinières particulières, établies près de la plupart de nos gran-

( LxxX )

des villes, ont été pour leurs proprictaires une source de richesses, les cultivateurs instruits et curieux ont puisé les plus belles fleurs, les meilleurs fruits, les arbres les plus précieux ou les plus pittoresques. On leur doit aussi les végétaux des quatre parties du globe, et ceux plus récens de l’Australasie, que leur air d’é- trangeté distingue si souvent au milieu de tous les n6- tres ; ils se rencontrent partout, dans nos jardins, dans nos parcs, qu'ils embellissent et parfument dans toutes les saisons, confondus avec les anciennes productions du sol national.

Quel pays a été exploré avec plus de soins que le nôtre ? Quel que soit le mérite de quelques -unes d'elles, je ne vous citerai point en preuve les Flores partielles, se trouvent décrites les plantes de nos principales provinces ; je me bornerai seulement à vous rappeler la Flore francaise de Lamancr et pe Can- DOLLE qui les rassemble toutes, ouvrage qui n’a point encore été égalé en Europe, et qui, grâces à l’heureuse situation de la France, entre deux mers et les deux immenses chaînes des Alpes et des Pyrénées, renferme une multitude d’espèces si variées. Qu’aux bords du lac il s’est retiré pour se livrer entièrement à l’é- tude, le savant botaniste que la France regrette en- tende les vœux de ses frères parvenus jusqu’à lui; puissent-ils l’engager à publier une nouvelle édition de la Flore francaise ; qu’il ajoute ainsi à sa gloire, en augmentant ses litres à notre reconnaissance, et qu'il sache que son exil volontaire d’une patrie, qui l'avait adopté, ne la point banni des cœurs qu'il s'était attachés.

rskxi

Sur notre sol qui renferme tous les germes du bon_ heur; sur cette terre féconde, dont Flore, Cérès ct Pomone semblent s’être partagé l’empire, la Société Linnéenne avait pu croire qu’un grand nombre de concurrens viendraient se disputer la couronne qu’elle offrait à leur émulation.

Comment se fait-il que son espoir ait été trompé ?

Nous ne pouvons le taire; d’odieuses calomnies se- mées contre une Société dont l’unique but est de ranimer l’étude des sciences naturelles, et de se rendre utile, en publiant les observations, les découvertes qui lui sont transmises, de basses intrigues ont écarté de la lice quelques athlètes timides.

La modestie, presque toujours compagne des vrais talens, en a éloigné plusieurs autres, ainsi que la difi- culté de consulter un grand nombre d’ouvrages rares et indispensables, ou celle de vérifier sur les plantes vivantes des caractères fugaces qui disparaissent en- tièrement dans les végétaux conservés dans les her- biers.

Trois mémoires cependant ont été adressés à la Société , et il en est deux auxquels la commission d'examen a été sur le point de partager le prix.

Le premier recu, portant cette épigraphe : Cher- che et tu trouveras, paraît être l’ouvrage d’un jeune homme impatient de se distinguer dans la carrière des sciences.

On voit que l’auteur a consulté à peu près tous les ouvrages des botanistes qui, depuis VAILLANT jusqu’à M. pe Mirpez, ont écrit sur le nectaire, et son mémoire est comme le résumé des opinions qu'ils ont émises.

f

{ LxxxIT )

On peut reprocher à ce mémoire d'avoir élé écrié avec trop de promptilude, et peut-être trop en pré- sence de l’article consacré au mot nectaire dans le Dictionnaire de botanique de Gérarnin et de De- VAUX.

La commission chargée de l’examen des mémoires a reconnu dans le jeune homme de l'aptitude aux re- cherches utiles; mais elle croit devoir l’engager à observer directement la nature. Elle désire, dans son inwrêt personnel, comme dans celui de la science, qu'il mûrisse les idées qu’il a émises; qu'il se livre à des expériences nécessaires pour confirmer ou recli- fier ses opinions, et qu’il conserve en même temps son esprit de critique, parce qu'il est sage et paraît dirigé dans de grandes vues. La commission a pensé qu'il ne s’offenserait point, si elle lengageait à soigner aussi un peu plus son style, plein d'énergie, mais déparé par beaucoup de négligences.

Elle a regardé ce mémoire comme un des premiers ouvrages, et peut-être le coup d’essai d’un jeune na- turaliste. Il ne doit pas craindre de reprendre son vol et de s’élancer de nouveau dans la carrière il vient de se hasarder ; il est très-probable qu'avec un peu de travail il parviendra bientôt à s’y distinguer.

Les auteurs des deux autres mémoires ont pris lan et l’autre la même épigraphe dans la Philosophie bo- tanique de Lixxé, et il n’est point étonnant qu'ils se soient ainsi rencontrés; car il était bien difficile d’en trouver une qui convint mieux au sujet : Vectarium pars mellifera flori propria. C’est encore aujourd’hui la seule définition que l’on puisse donner du nectaire,

( LxxxUT ) parce qu’elle est parfaitement juste, dit l’auteur du mémoire 2.

Cet ouvrage, d’une assez grande étendue, rédigé avec beaucoup d’ordre et de clarté par un botaniste qui paraît connaître et avoir médité avec soin tout ce qui a été écrit jusqu’à ce jour sur le nectaire, ren- ferme d’excellentes critiques et de précieuses observa- tions; cependant l’auteur, joignant à un mérite in- contestable une grande modestie, ne le regarde que comme un essai auquel le temps ne lui a pas permis de donner tous les développemens dont il le voit sus-

ceptible.

Si l’on se fût guidé par des observations compara- tives, dit l’auteur du mémoire 3, l’on ne de- manderait point aujourd'hui ce qu'est en effet le nectaire.

Ce mémoire, le plus considérable des trois, annonce un homme tout entier à l’étude de la botanique, et auquel peu d’ouvrages sur cette science sont étran- gers; il est riche d’observatios et de faits nouveaux ; on y trouve à chaque page la preuve que l’auteur s’est livré à des recherches nombreuses. Une foule de plan- tes, de toutes les familles, ont été par lui soumises à un scrupuleux examen, et plusieurs, qui jusqu’à ce jour paraissaient répudiées, ont été ramenées, par des aflinités incontestablement démontrées, auprès d’alliées qui, sans doute, ne les rejetteront point.

Il n’appartenait pas à la commission d’examen d’en- trer dans de plus grands détails sur les ouvrages des con- currens; elle n'aurait pu, sans indiscrétion, dévoiler

E

( LxxxIV ) leur travail, surtout voulant proposer, principalement d’après le regret manifesté par les concurrens eux- mêmes, de n’avoir pu donner un temps suffisant à leurs observations, de proroger jusqu’au 28 décem- bre 1825 la remise du prix de botanique.

Sans indiquer davantage les autres motifs de sa dé- termination, elle engage les concurrens actuels et ceux qui pourraient être tentés de leur disputer la palme, à revoir avec attention les questions proposées, et à bien les pénétrer, afin d’en donner une solution com- plète et satisfaisante, La commission ne doute pas que le prix ne soit mérité au prochain anniversaire de ce jour.

Botanistes de toutes les nations, la carrière vous est ouverle de nouveau; nous désirons que vous vous y élanciez hardiment, et, malgré cette prédilection si naturelle pour des compatriotes, qui nous fait espérer que le prix qu’ils ont disputé ne leur sera point ravi, nous sommes persuadés qu'ils le verraïent sans regret parer une tête étrangère. Un lien de confraternité unit les savans, quelle que soit la terre qui leur a donné le jour. Celui qui aurait pu se croire un instant sûr de la vicloire, répéterait, pour se consoler, si ses travaux n’obtenaient point la récompense qu’il avait ambition- née, ces paroles d’un grand homme : «de vois avec plaisir » qu'il s’est trouvé quelqu'un plus instruit que moi. »

On croit devoir engager les auteurs qui pourraient faire copier leur mémoire, à le relire et à le corriger soigneusement. Ghaque science a ses termes techni- ques, sa langue particulière, Il est donc à désirer qu'ils n’en confient la transcription qu’à des personnes

( LXXxV })

auxquelles le sujet traité ne soit pas entièrement étran- ser, afin de ne point déparer leurs écrits par des fautes grossières, qui ne sont pas assurément du fait de l’au- teur, et que la commission n’a point hésité à rejeter sur le copiste.

RAA VU VU VV VUUVAAULUVVY VU LU 0/00 10/00/00 AAA ME VAR

RAPPORT

Sur une récompense accordée pour l'adoption et la propagation des paragréles en paille, lu, au nom de la section d'Agriculture, par M. le docteur Josepx Roques, lun des Vice-Prési- dens.

Dans une de vos précédentes séances ; Messieurs, votre section d'agriculture a eu l'honneur de vous sou- mettre le résultat des recherches auxquelles elle s’est livrée pour connaître s’il était possible d’espérer quel-’ que utilité de la découverte des paragrèles en paille, inventés par M. Larosroze, d'Amiens, et perfection- nés par votre zélé confrère M. le professeur TnozLar», de Tarbes.

Comme vous l’avez vu, Messieurs, dans un premier rapport qui vous a été fait à ce sujet, il paraît irrévo- cablement démontré que l'usage de ces machines, sim- ples et fort peu coûteuses, détourne de dessus les champs que le laboureur fertilise par ses sueurs, l’un des fléaux les plus désastreux à l’agriculture.

Les preuves que votre section a rassemblées, sont fournies, non-seulement par le département des Hautes- Pyrénées, l'emploi des paragrèles se fait, sous les yeux et par l'entremise des autorités locales, sur une très-grande échelle depuis quatre années consécutives ;

mais elles le sont encore par des propriétaires très-

{ LXAXVII ) recommandables de Italie, de la Suisse, de PAlle- magne méridionale. Celles qui vous sont arrivées de- puis l’impression et la distribution du résumé, iuséré dans vos Mémoires pour 1824, confirment ce que vous avaient appris les premières.

Une des grandes pensées de la Société Linnéenne étant d’aider de tous ses moyens à la propagation des découvertes utiles, surtout lorsqu'elles tendent à la prospérité des campagnes et au bonheur des hom- mes, votre seclion d’agricullure vous a proposé de fonder des primes d'encouragement en faveur de ceux qui seconderaient vos vues sages, vos projets philan- thropiques. Dans votre séance du 1 1 novembre dernier, vous avez adopté la proposition qui vous en était faite, et vous avez chargé votre section de vous indiquer les personnes qu’elle estimerait dignes de recevoir, cette année même, la première récompense par vous offerte aux véritables amis de l'art agricole. Elle remplit, par mon organe, cette honorable tâche aujourd’hui, Messieurs, que vous mettez le monde savant dans la confidence de vos pensées et de vos profondes inves- ligations.

Si M. Torrarn ne vous eût pas été lié par les rap- ports de la correspondance la plus amicale; s’il n’eût point été intéressé aux succès d’une découverte qu’il a singulièrement améliorée, votre premier mouvement était de lui voter une médaille d’or. Mais vous avez pensé qu’il valait mieux porter vos encouragemens sur des propriétaires ruraux qui paient d'exemple, par l’'empressement généreux qu’ils apportent à soumettre à des essais les moyens qu’on leur indique dans l’in-

( LxxxvInt |) térêt de l’art qui pourvoit à tous les besoins de la vie sociale.

Vous ne devez point en douter, M.Tnozran» verra, avec le plus sensible plaisir, votre choix tomber de préférence sur les personnes que je suis chargé de vous nommer devant celte honorable assemblée,

Elles sont au nombre de trois. La première est M. Berrrami, de Milan, qui travaille avec ardeur à la propagation des paragrêles en paille; la seconde est M. le baron Cru», de Genève, et la troisième, M. l’in- génieur Asrozri, de Bologne, qui ont placé ces utiles machines sur leurs propriétés rurales, et ont le plus contribué à leur adoption dans des cantons trop sou- vent exposés aux désastres de la grêle. Le premier rapport de votre seclion d'agriculture lui a fourni les faits qui ont déterminé son choix, il serait superflu de les rapporter ici.

Accordez donc, Messieurs, en ce jour, à chacun de ces trois propriétaires, une collection complète de vos Mémoires imprimés jusqu'ici, et joignez-y le diplôme de correspondant de la Société Linnéenne. Cette ré- compense sera pour d’autres un noble motif d’émula- lion.

VV L0/0 VU/ VUE UV UV VV VV AU LVL VV LAVE VA VUUVY VU VV

PROGRAMME

Des encouragemens annuels promis pour des observations météorologiques.

La Société Linnéenne, embrassant dans leur en- semble les sciences physiques et naturelles, attache surtout la plus haute importance aux recherches qui peuvent conduire à des applications utiles : c’est ainsi qu’elle appelle spécialement l’attention de ses mem- bres vers les études de la physique, vers’ les études de physiologie végétale et animale. qui pourraient éclair - cir plusieurs points obscurs de l’agriculture et des di- verses branches de l’industrie humaine.

Il est une science qui, plus que toute autre, est sus- ceptible d'amener à des résultats du pius grand inté- rêt, puisqu'elle a pour but de connaître les causes et les effets des variations de tout genre qui se succèdent dans notre atmosphère : cette science, c’est la météo- rologie. En observant les mouvemens, la température, humidité, la pesanteur de l'air; en remontant aux causes des vents, des pluies, des orages, elle nous four- nira les moyens de calculer à l'avance, et avec exacti- tude, le retour des saisons, l’époque, l’intensité, la durée des froids et des chaleurs, des pluies et des vents; elle peut, par suite, apprendre au cultivateur le véritable moment il convient de faire telle opéra- tion, il doit confier telles semences à la terre : ce

(xc)

ne sera plus alors en aveugle qu’il fixera l’époque des travaux d’où dépend sa fortune; un guide assuré di- rigera ses pas.

Mais, il faut le dire, les bases de la météorologie ne sont point encore assises sur des fondemens assez so- lides pour établir une théorie qui embrasse tous les faits connus : dans chaque pays des exceptions sans nombre viennent entraver le savant. C’est donc à l’é- iude des phénomènes qu'il faut s’attacher ; c’est de la masse des faits que jailliront d’abord des principes pratiques indiqués par les observations, puis enfin une théorie qui en liera, qui en expliquera tout l’ensemble.

Déjà la Société Linnéenne a vu ses eflorts, pour constater l'utilité des paragréles en paille, couronnés d’un plein succès; elle espère exciter le même zèle pour les observations météorologiques. Elke veut rem- placer l’Institut spécial de météorologie que lon a vu un instant fleurir à Manheim et périr avec l’Electeur- Palatin qui l'avait fondé; elle veut rivaliser de zèle avec la Société qui vient de s'établir pour le même objet à Londres, et devenir le centre des travaux de tous les hommes éclairés, de toutes les réunions sa- vantes nationales et étrangères dans une entreprise aussi utile.

in coyséquence, elle demande qu'il soit, dans toutes les localités, ouvert des registres météorologiques con- formes au modèle annexé au présent programme, et dont le résumé sera publié dans le volume annuel de ses Mémoires. Ges tableaux contiendront la température calculée sur un thermomètre centigrade, exposé au nord, placé à six mètres au-dessus du sol, et destiné

cd

(WxGr!)

à fournir chaque jour, à neuf heures du matin, à deux heures après midi et à neuf heures du soir, la moyenne des températures extrêmes; la pression moyenne de l’atmosphère indiquée par les variations barométriques et les oscillations de la boussole obser- vées à neuf heures du matin, à midi et à neuf heures du soir; le degré d’humidité de l’air d’après un hy- gromètre de huit cheveux, tenu à l'ombre et au nord; la quantité de pluie tombée calculée en centimètres; la nature des vents dominans, leur vitesse, leur durée et leur quantité mesurées toutes les vingt-quatre heures avec un bon anémomètre; l’état du ciel; enfin une colonne d’observations l’on insérera les phéno- mènes particuliers, tels que les époques de la floraison et de la fructification des arbres et des plantes indigè- nes et cultivés; l’apparition, disparition, nichée,passage ou chant des oiseaux; l’apparition et disparition des insectes; les épidémies et maladies régnantes, etc.

À partir de sa séance publique annuelle du 28 dé- cembre 1825, la Société Linnéenne distribuera à ceux qui lui ferent passer des tableaux de ce genre, avant le décembre, des encouragemens proportionnés au mérite du travail obtenu.

Les paquets devront parvenir, franes de port, à M. Tuif£saur pe Benneaup, Secrétaire perpétuel, rue des Saints-Pères, 46, qui en donnera recu.

N. B. Les personnes qui désireraient concourir à la confection la plus régulière des tableaux demandés, pourront s'adresser au Se- crétaire perpétuel pour obtenir, à des prix modérés, les différentes sortes d’instrumens nécessaires. Ces inslrumens seront confectionnés avec exaclitude, simplicité et par la même main.

VEV VV UE ELA VE UE LVL LULU VUE OL UE LAUR LULU LUE LL LULULE

SECOND SUPPLÉMENT

AU

TABLEAU DES MEMBRES ET CORRESPONDANS

INSÉRÉ DANS LE 11° VOLUME, PAGE XCIX ET SUIV.

0 ———

MEMBRES RÉSIDANS.

Devizze (Pierre-François-Alberic), ancien professeur d'histoire naturelle, D. M. et accoucheur, ancien Auditeur.

Descourrizz (M.-E.), D. M., ancien Correspondant.

Prépacxer (Honoré), D. M., professeur de physio logie à l’Athénée.

Popgvin (Eugène-Damas), chimiste, ancien Corres- pondant.

Roques (Joseph), D. M.

CGaiccor (Adrien-Gustave), pharmacien.

Le Breton (Emile), pharmacien.

Gizzer De Lauwoxr (Nic.), chimiste et minéralogiste.

Pinozze (Louis-Joseph), horticulteur.

Boxasrre, professeur de chimie.

Ganaz (Jean-Nicolas), chimiste.

Léveizzé (J.-H.), docteur en médecine.

MEMBRES HONORAIRES NATIONAUX.

Dezavaux (Francois- Urbain}, professeur d'histoire

naturelle, ancien Correspondant.

( xcunr )

Fuzemiron (Jean-Claude), propriétaire.

Naucue, docteur en médecine.

Goncx (Pierre-Ghristophe), docteur en médecine, an- cien Correspondant, président de la Colonie Lin- néenne de la Moselle et de la Meurthe, à Metz.

Souzanes-Bonin (Etienne), propriétaire du jardin des cultures exotiques de Fromont, ancien Correspon- dant.

Marurev DE Dousase (CGhristophe-Joseph-Alexandre), directeur de la ferme expérimentale de Roville (Meurthe), ancien Correspondant.

MEMBRES HONORAIRES ÉTRANGERS.

Arzguus (Adam), professeur d'histoire naturelle à Upsal. :

Dewirr GuinTon, gouverneur de la province à New- Yorck.

Akerzy (Samuel), D. M. et professeur à New-Yorck.

Euuorr (Step.), à Charleston, dans la Caroline du Sud.

Sizziman (Benjamin), professeur de chimie au collége de Yale, dans le Connecticut.

Iosack (David), D. M., professeur à New-Yorck.

S. A. R. le prince GurisrrAn-FRéDÉRIC, prince hérédi- taire du Danemarck à Copenhague.

S. À. R. le Grand-Duc DE Saxe- Weimar.

MEMBRES AUDITEURS.

Lacnorx (Alexis), D. M. de Montauban.

Descourrizz (Théodore), naturaliste et dessinateur. Cazesrnourpar (Jean-Noël), D. M.

Baux (Gharles-François), de Merlieux, horticulteur.

( xciv )

Desuyrrère (Joseph }, de Cassel, pharmacien et mé- decin.

Rosgerr (Pacifique -Antoine - Marcellin - Gustave -Sci- pion), D. M. suédois.

PasrR£ (Thomas), D. M.

Gnassis (François-Louis), horticulteur.

Massé ( Alexandre), propriétaire.

ASSOCIÉES LIBRES.

Mesdames

Laisné (Marie-Jeanne GuizranD veuve), à Ghâtillon- sur-Loing.

Srarr ( Sarah}, à New-Yorck.

Linné (Louise - Elisabeth - Christine), à Hammarby, près d’Upsal.

Linxé (Sara-Christine, veuve Dvsx), à Upsal.

Linxé (Sophie), épouse de M. Drse, procurateur de université d’'Upeal.

SaixT-AmanD (Alphonsine Gué£pon nr), à Neuilly-sur- Marne.

Mazau (Anne-Marie La Marcnière, baronne DE), à Nantes.

CORRESPONDANS NATIONAUX. Département des Hautes-Alpes. Nicozas (Jean), médecin, à Saint-Jean-Saint-Nicolas. Ardennes.

Trancnart (Jean-Baptiste- Théodore), avocat à fe- thel.

( xev ) Aveyron.

Ricnann (Georges), D. M. à Rhodez. Ginou (Louis-François-Charles), propriétaire cultiva- teur à Buzareingues.

Eure.

BgaucAnTiIN (Antoine-Jean-Chrysostôme }), directeur du jardin de botanique à Evreux. Bourieny (Pierre-Hippolyte), pharmacien à Evreux.

Ille-et Vilaine. De LA Pyzare (B.), naturaliste à Fougères. Indre.

BonneAu (Paul-Dominique), propriétaire cultivateur à la Brosse, près Saint-Lactensin.

Indre-et-Loire.

Durrocuer, correspondant de l’Institut à Château- Regnaud.

Isère.

CrepiN (Louis -Marie), propriétaire à £Lesynet, près de Grenoble.

Loire-Inférieure.

Priou (Jean-Baptiste), D. M. à Nantes. Tuowne (Jean-Baptiste-Pierre), propriétaire à Nantes.

Maine-et-Loire.

Bourron-L£vèque, propriétaire à Angers.

( xcvi ) Mur (Pierre - Aimé), propriétaire et naturaliste à

Angers. * Mayenne.

Bourrren (Eugène), propriétaire, ancien capitaine d’infanterie à Laval.

Meuse.

Gicaucr D'Orincourt (Louis- Achille), InÉcmieur en chef du cadastre de la Meuse à Bar.

mn oselle.

Boucnorre (Emile), propriétaire à Metz. Rhône.

Vaivozer, propriétaire cultivateur à Saint-Lager, près de Villefranche.

Mursanr (Etienne), propriétaire-naturaliste à Saint- Jean-la-Bussière.

Sarthe. Psscne (Julien-Remi), pharmacien à La Flèche. Seine-et-Marne.

Le Bourrencer, ingénieur en chef des ponts et chaus-

sées à Melun. Seine-et-Oise. Courtois (Marcelin), pharmacien à Mantes. P£rir (Edouard), médecin à Gorbeil.

ScuREIBER (Jean-Adam), ancien quartier-maîlre de cavalerie, botaniste à Versailles.

( xcvir ) Pnicipparr (François), jardinier adjoint au Trianon. Boupier ( Henri), pharmacien.

Seine-Inférieure.

Lecuevrez (Julien-Réné), propriétaire, médecin et na- turaliste au Hävre.

Tarn-et-Garonne. CarRÈRe (Guillaume-Bruno), D. M. à Saint-Nicolas-

de-la-Grave. DesrA (Prosper), propriétaire et peintre à Montauban.

Var.

Laure (Henri), propriétaire-cultivateur à La Valette. Gaza (François-Emmanuel), D. M. à Antibes. Gaupicuaun (Charles), pharmacien et naturaliste à Toulon. Vienne,

Barpoux (René-Désiré), médecin à Poitiers.

Vienne (Haute-) Juce De SAINT-MarTin (Jean-Aimé), avocat et pro-. priétaire à Limoges.

CORRESPONDANS ÉTRANGERS.

Allemagne.

Fuxcx (Henri-Chrétien), pharmacien et botaniste à Géfries, dans le Bareuth.

Kuwze (Gustave), professeur de botanique à Leipsick.

Fiôenke (Henri- Gustave), professeur d'histoire na- turelle à Rostock.

(dt

( xCvnt ) EscawgiLer (Fr.-G.), D. M. naturaliste à Munich,

Amérique du Nord.

Gnierex (Auguste-Robert), médecin à New-Yorck.

Torrey (John), médecin à New-Yorck.

Deray (James-E.), médecin à New-Yorck.

Prince (William - Robert), propriétaire à Flushing, Long-Island.

Pace fils (William-Robert), propriétaire à Flushing, Long-Island.

De Scnweinirz (Rev. Lewis), à New-Yorck.

Bzoopcoon (Joseph), D. M. à Long-Island.

Renssezaer (Jeremiah Van), médecin à New-Yorck.

Hazsey (Abraham), à New-Yorck.

Amérique du Sud. MacnevaL (Philippe), D. M. à l’ile de la Trinité. Angleterre.

Duxazison (Robley), membre du collége des chirur-

giens à Londres. Helvérie.

Scmnz (Henri-Rodolphe), Secrétaire de la Société de physique à Zurich.

De Cuaizrer, ancien capitaine et botaniste à Neuf- châtel.

Verpæis (François), D. M. à Lausanne.

Wyper, contrôleur des postes et zoologiste à D sanne.

Ds Lessenr (Henri), botaniste à Ouchy.

Cnup (le baron), à Genève.

( xcix ) Irlande. GouzTer (Thomas), D. M. à Dundalk. | Lombardie. Bezrrawi, physicien à Milan. Asrozri, ingénieur à Bologne. Pays-Bas.

Kickx (Jean), pharmacien à Bruxelles.

GawgerLyN D’Amoucis (Jean - Baptiste - Guillaume - Chev.), juge au tribunal civil de Gand.

Nysr (Henri-Joseph-Pierre), directeur du jardin de botanique à Bruxelles.

GérarD (Ant.), naturaliste et avoué à Bruxelles.

Piémont. Lascanis DE ViNtimizce (le marquis), président de la Société d'agriculture à Turin. Prusse.

Nges »’Esengecr (Théod.-Fréd.-Louis), professeur de botanique à Bonn.

Russie.

Norpenskio1D (Nils), directeur des mines à Abo. Suède.

Rogsanm (Olaus-Abraham), médecin et naturaliste à

Stockholm et à Wisbo.

STENUAMMER (Charles), professeur d'histoire naturelle à Stockholm.

(c)

Hezzsrroem (Gharles-Pierre), minéralogiste à Stock- holm.

Dazmax (Jean -Wilhelm), intendant du Muséum de l’Académie des sciences à Stockholm.

WauLeNBerG (Georges ), professeur de botanique à Upsal.

Markzin (Gabriel }, entomologiste à Upsal.

Nizssox (Sven), D. M., professeur d'histoire naturelle à Lunden.

Waixsrrozm (Jean-Eric), intendant et professeur à la pépinière de Bergii, à Stockholm.

Rose, D. M., botaniste à Stockholm.

Hanruax, D. M., botaniste à Stockholm.

Gyzzensrierna (Nils, baron), propriétaire à Krap- perup, près Helsingborg en Scanie.

Toscane.

Passerini (Carlo), conservateur du Muséum d’histoire naturelle à Florence.

SOCIÉTÉS SAVANTES AFFILIÉES.

Société des curieux de la nature, à Bonn. Société de Flore, à Bruxelles. Lyceum of natural history, à New-Yorck.

AAA AV VV VU VV VU VAL VU UV UMA VU 0/0 WA VA V0 WA

LISTE

Des ouvrages imprimés offerts a la Societe Linnéenne de Paris pendant les années 1825 et 1824, et déposés dans ses archives.

ACADÉMIE DES CURIEUX DE LA NATURE DE LEIPZIG. ACta, tomus 1, cum tabulis septem iconographicis. Lipsiæ , 1922 ; in-4.

ACADÉMIE DES GEORGOFILI DE FLorencE. Troisième vo- lume de ses Actes; in-8 de 492 pages.

ACADÉMIE DES SCIENCES DE BRUxELLES. Nouveaux moires, 1et volumes; in-4. Bruxelles, 1820 et 1922.

ACADÉMIE DE TouLouse. Sujets de prix proposés pour les années 1824 , 1825 et 1826 ; in.

M. Akerzy. H. Eulogy on the elder Michaux, pro- nounced on the 24 mai 1823 at the celebration of the birth day of Linnæus; in-8. New-Vorck, 1825.

l'acts showing the fatal effects of interments in popu- lous cities. New-Yorck, 1822 ; in-8.

A History of the proccedings of the board of the city of New-Yorck,in the summer and fall of 1822 together with, an account of the rise and progress of the yel- low fever, wich appeared daring that season, and the several documents in relation to it, wich were laid before the board. New-Yorck , 1823 ; 1 vol. in-8.

The Geology of the Hudson river, and the adjacents regions. New-Yorck, 1820; in-8, avec une planche gravée.

( cr )

Elementary exercises for the deaf and dumb. New- Yorck, 1821; 1 vol. in-8.

Documents and facts showing the fajal effects of inter- ments in populous cities. New-Yorck, 1822; in-8. Observations on the langage signs. New-Yorck,

1823 ; in-8.

Remarks adressed to the honourable the corporation of the city of New-York, on a work recently published in this city by D, Pascazs , on the subject of inter- ments; 1823; in-8.

On the cultivation of forest trees ; 1823, in-8.

Remaks on the cultivation of the locust tree (robinia- pseudo-acacia ), in-8 ; 1823.

M. ALeuquerquE (DE). C. Georgicas portuguezas; in-18. Paris, 1820.

Ideas sobre o estabelecimento da instrucçao publica;

in-8. Paris, 1823.

Aunaes das sciencias, das artes e das lettras. Paris,

1818 - 1822; 16 vol. in-8.

M. Awas (ne Sainr). H.—Observations critiques sur l’es- pèce de riz sec de montagne ou de la Cochinchine ; 4 pages in-8. Agen, septembre 1823.

M. Arras y Cosra. H. Lecciones de agricultura. Ma- drid, 1818; 2 vol. petit in-4, avec six planches gravées.

Coleccion de dissertaciones sobre varios punctos agro- nomicos. Madrid , 1819; 1 vol. petit in-4.

Informe descriptivo y diseno del aratro timonero re- formado por don Andreo Hennanre. Madrid , 1520 ; in-8, avec une planche gravée.

Propuesta de ley sobre escuelas praticas de agricultura y economia rural en la monarquia, y juntamente la

( ci )

memoria de la comision de agricultura. Madrid, 1821, in-8.

M. Barry. À. Manuel théorique et pratique du jar- dinier. Paris, 1824; 2 vol. in-18.

Manuel de physique, ou élémens abrégés de cette science. Paris, 1825; 1 vol. in-18.

M. Bazvis. H. Materies medica prælectionibus acade- micis accommodata; 1 vol. in-8 en deux "si Lies ; Turin, 1811.

M. J. P. Barruez. E. Réponse aux principaux écrits qui ont paru sur le fossile humain trouvé dans le mois de septembre 1023, au Long- “Rocher: Paris, 1824 ; in-5.

M. BarzezLorri. C. Pauli Mascacni anatomiæ uni- vérsæ prospectus. Pisis, 1822; in-folio, avec une planche gravée en couleur.

Le mème prospectus en italien ; in-18. Nuovo giornale de’ letterati, IV, V'et VI.

M. Berri. C. Notizie storiche al tifo carcerale di Ve- roua dell’ anno 1817, con alcune considerazioni sull uso de’ bagni freddi nel tifo, e sul modo ond’ esso si communica, da’ dottori di medicina G. B. Berri e To- MASO GUGEROTTI FRAcAasTOR. Verona, 1918; 1 vol. in-8.

* JB. Burkgnit di Kanifeld, Tridentini, opera posthu-

ma, quæ ex schedio ejus collegit et edidit J.-B. Ber- ri. Veronæ, 1822; trois vol. in-8. Bicor De Moroques. C. Observations générales sur l'influence de la latitude, de l’élévation , de l’exposi- tion et de la nature du sol des vignobles, avec quel- ques applications particulières à ceux de larrondis- sement d'Orléans, et à la répartition de l'impôt sur les vignes. Orléans, 1823; in-8.

7

( cv)

Influence des sociétés littéraires, savantes et agricoles sur la prospérité publique. Orléans, 1823 ; in-8.

De l'influence des récoltes intercalaires sur les blés qui leur succèdent ; mémoire in-8. Orléans, 1824.

De la meilleure méthode pour opérer économique- ment la fermentation vineuse ; mémoire in-8. Or- léans, 1824.

M. Braup. C. Nouvelles Recherches sur la laryngo- trachéite, connue sousle nom de croup. Paris, 1823; x vol. in-8.

M. Bonarous. C. Mémoire sur une éducation de vers à soie en 1822. Lyon, 1823; in-8.

De l’éducation des vers à soie, d’après la méthode du comte Danpoo, 2e édition. Paris, 1824 ; in-8, avec quatre planches lithographiées.

Supplément au catalogue des plantes du jardin de Saint- Sébastien, par le marquis de Sr. Turin, 1823 ; avec une planche lithographiée.

De la culture des müriers; édition. Paris, 1824; in-8.

M. BonwaiRe Mawsuy. C. Cosmogonie, ou de la forma- tion de la terre, et de l’origine des pétrifications : nouveaux principes de géologie. Paris, 1824 ; in-8.

M. P. D. Bonneau. C. Réflexions d’un cultivateur sur les moyens de faire observer les instructions que le gouvernement et les sociétés savantes répandent pour la prospérité des campagnes ; in-8. Château- roux, an XII.

Essai sur la culture des prairies artificielles, dans une exploitation de 176 hectares 81 ares. Paris, 1807; in-4.

Puissance combinée des lois et du crédit pour réprimer Ja mendicité. Paris, 1813, in-8.

(cv)

Puissance du crédit et des améliorations, ses rapports avec la guerre et la paix. Paris, 1913; 1 vol. in-8.

Considérations sur les destinées du monde relativement à l’agriculture; 2 petites brochures in-8.

M. Boucnorre ( Émie). C. Du mauvais état actuel des chevaux dans le département de la Moselle. Idée sur la possibilité d’introduire quelques moyens d’amé- lioration dans cette branche importante de l’écono- mie rurale. Metz, 1824 ; in-8.

M. Bouzencer (LE). C.— Excursion minéralogique dans une partie de la Chalosse , dépendante du départe- ment des Landes. Mont-de-Marsan , 1817; in-4.

Examen de l’administration civile en France ( dans son application à l’agriculture), et des changemens qu’il serait convenable d’y apporter pour l’approprier au régime de la Charte. Paris, 1818; in-8.

M. Bourper, dela Nièvre. C.— Mémoire sur les qualités et les connaissances que doit avoir un naturaliste voya- geur; suivi d’un traité de taxidermie. Berne, 1820; in-8.

Notice sur des fossiles inconnus qui semblent apparte- nir à des plaques maxillaires de poissons, dont les analogues vivans sont perdus, et que j'ai nommés ichtyosiagônes. Genève, 1822; in-4, avecune planche.

M. Bournon (DE). H. Observations sur quelques-uns des minéraux, soit de l’île de Ceylan, soit de la côte de Coromandel, rapportés par M. LEscHENAULT DE LA Tour; in-4. Paris, 1823.

Quelques observations et réflexions sur le calorique, l’eau et le fluide de la lumière. Paris, 1824; in-8.

M. Burnin. C. Catalogue général de sa pépinière si- tuée à Chambéry ; in-5. Chambéry, 1822.

( cvi )

M. Cazesrroupar. À. Dissertation sur l'hypocondrie. Paris, 1823; in-4.

M. Camverzyn. C. Ars costeriana typographia inventa ; poëme ; in-8. Gand , 1822.

Poëme latin sur la guerre d’Espagne. Gand , 1893 ; in-8.

Éloge de Jean de Harchies, bourgmestre de Thuin, défenseur de la hberté liégeoise ; poëme latin. Gand, 1924 ; in-8.

Jennero; poëme latin. Gandæ, 1894.

Eyckii immortali genio. Gandæ, 1824; in-8 avec deux planches lithographiées.

M. CampessÈpes. C. Observations critiques sur un ca- nal qui s'ouvre entre Pérols et le lieu dit la Redelle, près Montpellier. Paris, 1823 ; in-12.

Monographie du genre Spiræa, précédé de quelques considérations générales sur la famille des rosacées ; iu-8. Paris, 1824.

M. Canpoze (pe). H. Mémoire sur la famille des tern- stroemiacées, et en particulier sur le genre Sauranja. Genève, 1823; in-4 , avec planches.

Rapport sur les plantes rares ou nouvelles qui ont fleuri dans le jardin botanique de Genève, pendant les an- nées 1819, 1820 et 1821. Genève, 1823; in-4.

M. Canzonert. C. Saggio sul castagno d’India, con l’aggiunta della scoverta di una nuova sostanza Lro- vala nel frutto. Palermo, 1823; in-8.

1. Car. C. Mémoire sur cette question: Déterminer si, dans l’état actuel de nos connaissances, on peut établir une classification régulière des médi- camens, fondée sur leurs propriétés médicales. Lyon, 1923 ; in-8.

Vi. Carena. C. Calendario georgico della Sccietà agra-

( cvr ) ria di Torino, per l’anno 1823. Torino, 1823, in-8. Calendario georgico della Società agraria di Torino, per l’anno bisestile 1824. Supplément à sa monographie du genre ÆZirudo; in-4.

M. Carrëre. C. Essai sur la convalescence. Montpel- lier, 1822 ; in-4.

M. Cuasrezer ( pu). E. Catalogue d’une collection d’ornithologie à vendre, à Monifort-l'Amaury, dé- partement de Seine-et-Oise ; in-8.

M. Cueswez (DE). C. Les trois cahiers du journal poly- mathique de Montpellier, les seuls qui aient paru. 1923 ; in-8.

M. Cuevarter. R. Dissertation sur les cigués indigènes, considérées comme poisons et comme médicamens ; in-4. Paris, 1821.

Observations nouvelles sur les ciguës, avec leurs carac- tères générique et spécifique. Paris, 1821; in-8.

Essai sur les hypoxilons lichenoïdes ; in-4. Paris, 1822.

Fe livraison de son Histoire générale des hypoxilons; in-/4.

M. Corxa. C. Illustratio generis dysodii, addita icone nondum cognita speciei, quam divaricati nomine de- signaverunt botanici; in-4. Turin , 1824.

Freyliniæ genus addita icone; in-4. Turin, 1824.

Hortus ripulensis, seu enumeratio plantarum quæ ri- pulis coluntur; Augustæ Taurinorum; 184 ; in-4, cum quadraginta tabulis in vol. separatum.

CoLoniE de New-Yorck.— Celebrationat Flushing , of the birth-day of Linnæus by the New-Yorck branch of the Linnæan Society of Paris. New-Yorck, mai, 1824; in-8.

M. Cornizzon. A. Tableau synoptique du système de

( cvur ) Linné, appelé système sexuel, dressé par M. le doc- teur Lamouroux ; in-plano.

M. Courren. C. Mémoire sur les dipsacées. Genève, 1823 ; in-4, avec deux planches gravées.

M. Cuvirr. H. —Analyse des travaux de l’Académie des sciences de l’Institut, pendant l’année 1822 ; partie physique et partie mathématique; deux cahiers in-4.

Id. pour l'année 1823; partie physique par M. Cuvrer, partie mathématique par M. Foureier ; in-4.

M. Danisre. E. Mémoire sur la non- contagion de la fièvre jaune, suivi de conseils aux Européens qui passent dans les pays chauds, et notamment aux An- uilles; in-8. Bordeaux , 1824.

M. Drazer. C. Traité du hêtre et de son aménagement comparé à celui du chêne et des arbres résineux; in-12. Toulouse, 1824.

M. Deranue. C. Bulletin des sciences médicales d’É- vreux; in-8; cahiers de l’année 1823.

Jourval d'agriculture, de médecine et des sciences ac- cessoires, faisant suite aux deux journaux publiés par les Sociétés d’agriculture et de médecine d'Évreux ; in-8; premier, deuxième et troisième cahiers.

M. DE Lrsserr. H.— Le tom. IT de ses Icones selectæ, con- tenant les berbéridées , les nymphéacées, les pipavé- racées et les crucifères; in-4 , avec cent planches.

Ni. Descourti1z. R. Flore médicale des Antilles, in-8, depuis la jusques et compris la 44e livraison.

AI. Desmazières. C. Catalogue des plantes omises dans la botanographie belgique, et dansles Flores du nord de la France ; in-8. Lille, 1923.

Plantes cryplogames du nord de la France ( préface ) ; in-4. Lille, 1825.

M. Devèze. H. Nouvelles considérations sur la fièvre jaune ; in-8. Paris, 1823.

( cix )

M. Devisce. R. La botanique de J.-J. Rousseau, con- tenant tout ce qu ’il a écrit sur cette science, augmen- tée de l’exposition de la méthode de Tournefort, de celle du système de Linné, d’un nouveau diction- naire de botanique, et de notes historiques, etc.; 1 vol. in-12, orné de huit planches. Paris, 1825.

M. Ducnamson Vaizzanr. Recherches sur le principe vital; in-4. Paris, 1822.

M. Dumorrier Rurreau. C. Observations botaniques, contenant, quelques genres dédiés à des botanistes belges; les bases d’un nouveau système des végé- taux; un mémoire sur chacune des familles dites des pollinacées et fluidacées ; et un essai de mono- graphie des jungermanes. Tournai, 1823; in-8.

Éditeur (1) re, °°, 3°, 4°, et 6e livraisons des Annales Linnéennes.

Relation des deux fêtes champêtres de 1823 et 1824, célébrées le 24 mai à Romainville et à Ville-d’Avray; in-8, avec une planche.

M.Escanwezer. C. Systema lichenum, genera exhibens rite distincta, pluribus novis adaucta. Norimbergæ, 1824; in-4, avec une planche lithographiée.

M. Fopera. C.— Recherches expérimentales sur l’absorp- tion et l’exhalation ; in-8. Paris, 1823.

M. François DE NEUFGHATEAU (le comte). E.— Le corpset l’âme, discours en vers; in-8.

M. Gaizzon. C. Expériences microscopiques et physio- logiques sur une espèce de conferve marine, produc- tion animalisée, et réflexions sur plusieurs autres espèces de productions filamenteuses analogugs, con- sidérées jusqu'alors çomme végétales ; in-8. Rouen, 1824.

M. Gicaurr n'OrincourT. G. Rapport sur les expé-

(ex ) riences comparatives de vinification, faites à Bar-sur- Ornain, lors des vendanges de 1822; in-8.

M. Grizer DE Laumonr. H.— Note sur la fructification du phormium tenax, ou lin de la Nouvelle-Zélande, à Cherbourg et à Toulon : sur la germination particu- lière de ses graines et leur culture. Paris, 1824 , in-8. ( 50 exemplaires. )

M. Giro Cuanrrans. H. Mémoires et rapports de la Société d’agriculture et arts du département du Doubs, 1822-1823 ; 3: année de sa restauration ; in-8. Besançon , 1823.

M. Girou. C. Essai sur la division indéfinie des pro- priétés ; in-8.

Essai sur le tournis et sur le charbon du blé; in-8.

Supplément à l’essai sur le tournis; in-8.

De l'utilité des théories rurales ; in-8.

Mémoire sur les poils ; in-8.

M. Gouriz. C.— Essai sur les causes et la nature de quel- ques maladies fréquentes dans la ville du Mans; in-4. Paris, 1810.

Considérations sur les influences que peuvent avoir, dans la pratique chirurgicale , les vices scrophuleux, scorbutique et cancéreux ; in-4. Montpellier, 1811.

M. Gnirren. C. An essay on the botanical, chemical, and medical properties the fucus edulis of Linnæus. New-Yorck, 1816; in-8, avec une planche.

M. Grocnin. C. Compte rendu des travaux de la So- ciété d'agriculture de Lyon, pendant le cours de 1522; in-8.

M. Hazsey. C. Sinoptical view of the lichens growing in the vicinity of New-Yorck ; in-8, 1823.

M. Henmin. C. Recherches sur l'emploi de plusieurs procédés nouveaux pour Ja conservation des sub-

( axr) stances animales destinées à l’histoire naturelle ; bro- chure in-19. Metz, 1822.

Instruction sur les premiers soins à donner aux per- sonnes asphixiées par les vapeurs du vin ou de la bierre en fermentation, par celle du charbon et de la braise allumés. (Extrait dela Bibliothèque phy sico- économique , tome XIL:, page 272.) In-12.

Quels inconvéniens y aurait-il à rendre à l’agriculture les terrains incultes dépendans des fortifications des places de guerre, quand on peut le faire sans nuire au service militaire ? in-12 de quatre pages. Metz, 1822.

Nouvelle fontaine filtrante domestique. Metz, 1822; brochure in-12 de 7 pages, avec une planche litho- graphiée. .

Description d’un nouvel alambic à l’usage des pharma- ciens et des liquoristes. Metz, 1823; brochure in-12 de 23 pages, avec une planche lithographiée.

Description de plusieurs instrumens nouveaux pour conserver et améliorer les vins. Metz, 1823; bro- chure in-12 de 34 pages; avec une planche lithogra- phiée.

Récréations chimiques, ou recueil d'expériences cu- rieuses et instructives. Paris, 1824 ( pour 1823) ; 2 vol. in-5.

Description d’un appareil de distillation continue’, au moyen duquel on peut obtenir à la fois deux sortes d’esprits aux degrés déterminés. Paris, 1823; in-8, avec une planche.

M. Kickx. C.— Flora bruxellensis. Bruxellis, 1812 ; in-8.

Tentamen mineralogicum. Bruxellis , 1820 , in-8.

M. Lacnorx, A. Considérations pathologiques et théra-

( cxur ) peutiques sur l'attitude de l’homme; in-4. Paris, 1824. M. Lasous ( DE ). C. Journal d’agriculture de l'Ariège, 15 à 21, inclusivement. M. Lamouroux. C. Notice sur le Bon-Sauveur, l’un des hospices de Caen; in-8. Caen, 1824.

M. Lapierre. C. Quelques observations sur la butte po- lytaphe de Roanne, département de la Loire; in-12, 1824.

M. Laure. C. Mémoire sur la régénération des oliviers atteints par la gelée, suivi d’une relation du froid de 1709; in-8. Toulon 1820.

De la patate, de sa culture, de son usage, et de la con- servation de ses tubercules ; in-8. Toulon, 1821.

M. Lerorr. C. Mémoire sur la non-contagion de la fièvre jaune; in-8. Saint-Pierre de Martinique, 1823. Quelques remarques sur un mémoire de M. le docteur KérauDreN, sur la fièvre jaune ; in-8. Saint-Pierre de la Martinique, 1824. M. C. Lemesze. GC. Apologie du chat; in-12. Paris, 1824. Macédoine poétique ; in-18. Paris, 1824. M. LescmenauLT pe 1.4 Tour. C.— Relation abrégée d’un voyage aux Indes orientales ; in-4. Paris, 1822.

M. Lesrisoupors. C. Mémoire sur la structure des mo- nocotylédonées ; in-8. Lille, 1823. Notice sur la plus interne des enveloppes florales des graminées ; éd. Mémoire sur les fruits des papavéracées ; id. Mémoire sur les fruits siliqueux ; id. M. Lzsueur. C. Description of several new species of ascidia. Philadelphie, 1823; in-8 avec trois planches.

( ext )

Description of a new species of cephalopode of the ge- nus loligo and on three new species of parasitie ver- mes, belonging to the linnæan Lernæa ; 1824 ; in-8, avec deux planches.

Description of two new species of the genus batrachoid of La Cépède, 1824 ; in-8.

M. Limouzin Lamorne. CO. Les nes 2,3, 4, 5,6, 17,8, o, 10 et 11 de son Journal d'agriculture; in-8. Albi, 1823.

LycÆum D'HISTOIRE NATURELLE DE New-VYorck. Les cahiers 1, 2, 3, 4 de ses Annales; in-8,

Charter, Constitution and Bye-laws of the Lycæum of natural history incorporated ; april 20, 1818. New- Yorck , 1823 ; in-8.

M. Lrourr. A. Des rétentions d’urine, et dissertation sur les bougies œdaliqres; édition, in-8. Paris, 1824.

M. Marcez DE Serres, C. Essai pour servir à l’histoire des animaux du midi de la France; in-4. Montpel- lier , 1822.

M. Marquis. C. Notice nécrologique sur A. E. M. H1- VET, Daturaliste-voyageur, mort à Madagascar, le 1e juillet 1820 ; in-8. Paris, 1823.

M. Mauni. C. Floræ romanæ prodromus exhibens cen- turias XIE plantarum circa Romam et in Cisapenni- nis pontificiæ ditionis provinciis spontè nascentium, sexuali systemate digestas; auctoribus Anrono SE- BASTIANI et Ernesro Maur; in-8 ; 1 vol. Romæ, 1818.

Romanarum plantarum centuria XII, auctore Ernesro Mauri; in-6. Romæ, 1820.

M. Massras (pe). C. Rapports de la nature à l’homme, et de l’homme à la hature; in-8, Paris, 1823 ; et dernier volume.

e

he

( cxiv )

M. Maramœu. C. Rapport sur les travaux de la Société d’agriculture du département des Vosges, depuis sa création en janvier 1821, jusqu’en juin 1822; in-8. Épinal, 1822.

M. Marmieu pe Domsasce. C. Notice sur la fabrique d’instrumens d’agriculture perfectionnés, qu'il a éta- blie à Roviile, département de la Meurthe; in-8. Nancy , 1823.

Antales agricoles de Roville ; 1°° livraison, in-8. Paris, 1824. 4 MM. Merrens Er Kocu.C.— Roehlings deutschlands flora ; new bearbeitet. Erster theil. Francfurt am Main;

in-4, 1823.

M. Mrrcer. C. Mollusques terrestres et fluviatiles, ob- servés dans le département de Maine-et-Loire; in-1°2. Angers, 1823.

M. Miro. C.— Catalogue of the faculty and students in the college of physicians and surgeons of the uni- versity of the state of New-Yorck, in the city of New- Yorck. 1813; in-8.

M. MonraGne. C. Essai sur une nouvelle théorie des volcans par J. Merocrani, traduit de l'italien. Na- ples, 1810; in-8.

M. Nées pe Esensecx. C. Amœænitates botanicæ bon- nensis ; fasciculus T; de cinnamomo disputatio. Bon- næ, 1823; in-4, avec sept planches lithographiées.— Fasciculus II avec six planches; 1824.

Fungorum javanicorum prodromus. Bonnæ , 1824 ; in- folio atlantique, avec une planche lithographiée.

Entwicklungs geschichte der Pteris serrulata. (Disser- tation sur la pteris serrulata); avec une planche. En allemand ; in-4. .

Beobachtlungen über die entwicklung der laubmoose aus

( cxv ) ihren keinukoernen; in-4 , avec deux planches. (Ob- servations critiques sur la germination et les feuilles des mousses. ) En allemand. Hepaticæ javanicæ , editæ conjunctis studiis et opera Remnwarori, Biumu et Negsit AB ÉsENBECK ; in-4.

M. NoiSrre. A. Le bon Jardinier, almanach pour l'an née 1824 ; 1 fort volumein-12. i Figures pour l’almanach du bon Jardinier, 3 édition;

1 volume ih-12.

M. Pacassou. H. Nouveaux mémoires pour servir à l’histoire des pyrénile et des pays adjacens; in-8. Pau , 1823.

Notice historique sur la ville et le château de Pau, de- puis leur fondation jusqu’au milieu du XVII siècle ; 2e édition , avec un plan du château et de ses dépen- dances ; in-8. Pau, 1824.

M. Pascauis. H. The Plough boy, and journal of the board of agriculture; tome III°, in-folio. Albany, 1821-1822,

An exposition of the dangers of interment in cities ; il- lustrated bey an account of the funeral rites and cus- toms of the Hebrews, Grecks, Romans , and primi- tive Christian , etc., vol. in-8. New-Vorck, 1825.

À system of medical ethics, published of the state mie. dical Society of New-Yorck ; in-8, 1823.

Transactions of the medical Society of the state of New- Yorck ; cahier de février 1824 ; in-8. Albany , 1824.

M. Psscnr. C. Essai sur les bureaux de charité, in-8. Le Mans, 1817.

M. Piépacnez. R. Mémoire sur le vomissement consi- déré dans l’état sain et dans les maladies cancéreuses de l'estomac; in-8. Paris, 1821. |

Recherches sur l’organisation et le développement de

( cxvi ) l'oreille externe chez quelques animaux; brochure de 6 pages in-8.

M. Pirranp. C. Mémoire sur la culture des arbres à cidre dans un pays elle n’est pas encore connue, in-8. Paris, 1821.

M.PmozLe. R. L'Horticulteur français , ou le jardinier amateur , trailé complet théorique et pratique du jardinage. Paris, 1824-1825 ; 1 fort’ volume in-12 avec planches. .

M. Pruquer. E. Pièces pour servir à l’histoire des mœurs et des usages du Pin dans le moyen âge ; in-8. Caen, 1823.

MM. Prince. C. Catalogue of fruit and ornamental trees and plants cultivated of the Linnæan botanic garden ‘William Prince, proprietor, Flussing Long-Island, near New-Yorck; in-8. New-Yorck, 1822.

M. Prrou. C. Éloge historique de J. M. N. FRETEAU, docteur en médecine; in-8. Nantes, 1823.

M. Ricner. C. Voyage pittoresque dans le département de la Loire-inférieure. VI: lettre, contenant la des- cription du Croisic et d’une partie de la côte voisine ; in-4. Nantes, 1923.

M. Ripozrti. C. Les cahiers 5, 6, 7 et 8 des Atti dell Accademia economico-agraria dei Georgifili di Fi- renze, in-8. Florence, 1819.

D'un nuovo coltro da sostituersi alla vanga. Firenze, 1824 , avec une planche lithographiée.

M. Rogsnam. C. Dissertatio geographiam plantarum cultarum adumbrans. Upsaliæ, 1813; in-4.

SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE D’Aix, Procès-verbal de sa séance publique du 15 juin 1822 ; in-8.

Procès-verbal de sa séance publique du 7 juin 1823; in-6.

( cxvir )

Recueil de ses mémoires de 1819 à 1823; 1 volumein-6. Aix, 1823.

SoctËTÉ ACADÉMIQUE DE Nanres. Procès-verbal de sa séance publique tenue le 19 décembre 1822. Nantes, 1823; in-0.

Procès-verbal de sa séance publique du 18 décembre 1823. Nantes, 1924; in-8.

SoGÉTÉ AsrATIQUE DE Paris. Discours et rapports lus à

sa séance annuelle du 21 avril 1823. Paris, in-8.

Soc1ËTÉ D'AGRIGULTURE D'ANGOULÈME. Les 4 à 7 du tome V de ses annales.

SOGIÉTÉ D’AGRIGULTURE DE BOULOGNE. Programme des prix proposés pour les années 1824, 1825 et 1826.

Sociéré v’AcricuLTuRE D'Évreux. Les 5°, Ge, ever cahiers de son bulletin.

SOCIÉTÉ D’AGRICULTURE ET BOTANIQUE DE (AND. Procès- verbal de sa 28e exposition publique (Salon d’hiver de 1823. ); in-8. Gand, 1823.

Son Messager des sciences et des arts; 9 cahiers de la première année, et les 8 premiers de la seconde an- née.

SOCIÉTÉ D’AGRICULTURE DE L'INprE. Notes sur la vie de M. de Barbancois, par M. Bonn£au, président de la Société ; in-5. Châteauroux, 1822.

SoGiËTÉ D’AGRICULTURE DE MENDE. Rapport fait par M. Yanwon, son secrétaire perpétuel, sur les varia- tions de l’atmosphère, et sur les causes auxquelles on peut les attribuer ; ir-6.

SocËré D’AGRICULTURE DE Nancy. Le Bon Cultiva- teur; cahier de novembre 1922; les 1, 3, 4 6,8, 9, ro, 11 et 12 den823, et lesu® r, 2, 4,5, 6, 7, Set rr de 1824.

( GxvIn })

SOCIÉTÉ M'AGRICULTURE ET DES SCIENCES D'Or Léans. Tomes IV, Vet VI de ses Annales, et le 1 du tome Vil.

SOCIÉTÉ D'AGRICULTURE DE ROUEN. Procès-verbal de sa séance publique du 22 octobre 183; in-8.

Les 9, 10, 11,12, 13 et 14 de ses Mémoires.

Société D’Arras. Programme des prix proposés pour 10% et 1825.

SOCIÉTÉ DES CURIEUX DE LA NATURE, DE Bonn. Nova acta physico -medica, tomi duodecimi pars prior; in-4. Bonnæ, 1824.

SOCIÉTÉ DE FLORE DE BRUxELLES. Procès-verbal de sa séance d'exposition du 19 janvier 1813 ; in-8.

Procès-verbal de sa séance d'exposition du 14 février 1824. Bruxelles ; in-8.

Procès-verbal de la cinquième exposition publique qui a eu lieu le 13 juillet 1824; in-8.

SOCIÉTÉ DE GÉoGRApumIE. Notice historique sur ses travaux, pendant l’année 1829, par M.Maze-Bnun, secrétaire-général de la commission centrale; in-8.

Prix proposés pour 1825 et 1820. Les 3, 4, 5,6, 7,8 et 9 de son bulletin.

SOCIÉTÉ D’HORTICULTURE DE TourNay. Les procés-

verbaux de ses expositions publiques, 5, 7, 8 et 9“. Tournay, 1821 à 1823, quatre brochures in-8.

SOCIÉTÉ LANNÉENNE pu CALVADOS. Un cahier contenant ses statuts, et un arrêté relatif au projet de la Flore, de la Faune et de la minéralogie du département du Calvados ; in-8.

SOCIÉTÉ PHILOMATIQUE DE VERDUN. Ses réglemens; in-4.

SOCIÉTÉ DES SCIENCES DE Merz, Programme d’une expo-

( cxix )

sition des produits de l’industrie dans le département de la Moselle ; in-8. Metz, 1823.

M. SouzanGr-Bonin. H. Catalogue des plantes rares, cultivées et multipliées dans son jardin de Fromont, près Paris; in-12. Paris, 1822.

Catalogue de son établissement de cultures exotiques, situé à Fromont ; in-4, années 1824 et 1825.

M. Sovieue, C. Des hôpitaux et des secours à domi- cile. Montpellier, 1822 ; in-8.

Essai sur la dyssenterie, considérée dans son état de simplicité; in-8. Montpellier, 1823.

M. Tarsrannier. E. Notice sur l’université d'Oxford; en 1923.

M. Texore. C. Memoria sopra una specie di squadro (Squalus platycephalus, de Tevore), pescato nelle acque della riviera di Chiaja del littorale di Napoli, nel giorno 25 luglio 1809; iu-8.

Catalogus plantarum horti neapolitani, ad annum 1513; in—{4.

Osservazioni botanico-agrarie intorno la collezzione de cereali dell’ orto botanico di Napoli; in-8. Napoli, 1817.

Discorso pronunziato in occasione dell’ apertura della nuova sala destinata per le pubbliche lezzioni nelP orto botanico di Napoli, il di 7 maggio 1818. Napoli, 1819; in-/; con una pianta dell orto.

Ad Catalogum plantarum horti neapolitani anno 1813 editum, appendix. Neapoli, 1819; in-8.

Corso delle sue botaniche lezzioni, 4 volumes in-8. Na- poli, 1816-1820.

Floræ neapolitanæ prodromi appendix quarta ; 1593 ; in-8.

( cx ) Seminum in horto neapolitano anno 1823 collectorum enumeratio ; in-4.

Catalogo della collezzione agraria del giardino delle piante. Napoli, 1815 ; in-8.

M. Triégaur DE BernEauD. S. P. Manuel des proprié-

taires ruraux et de tous les habitans de la campagne, ou recueil, par ordre alphabétique, de tout ce que la loi permet, défend ou ordonne dans toutes les cir- constances de la vie et des opérations rurales, par C.S. Son; édition, revue, corrigée et considé- rablement augmentée par 2 volumes in-12. Paris, 1823. $ Discours prononcé le 8 mai 1823, sur la tombe de son ami A. Pascal Tissor ; in-8. Paris, 1823. Manuel théorique et pratique du vigneron français. Paris, 1824; 1 vol. in-8 , avec figures gravées. Bibliothèque physico - économique, années 1823 et 1824. L

M. Tuozrarp.C.— Précis des effets produits par les para- grêles pendant l’année 1823, suivi d’une instruction sur la manière de construire des paratonnerres éco- nomiques, à conducteur métallique. Tarbes, 1824; in-12. (6 exemplaires.) ;

M. Tuommwe. C. Mémoire sur la pêche de la baleine, considérée comme industrie maritime nouvelle pour le port de Nantes; 1824 , in-8.

M. A. Tnouix. H. Quelques notes et mémoires sur des cultures forestières, jardinières et champêtres; in-4. ( Ce recueil contient, ün mémoire sur la greffe Banks ; un autre sur la greile Sainclair; un au- tre sur la greffe Villemorin; un autre sur la greffe

Juge ; 590 histoire et description d’une nouvelle es- 6e; Ï

(/cxxi ) pèce de poirier du mont Sinaï; 69 circulaire sur un envoi fait aux Sociétés d'agriculture; note sur la culture et les usages du chêne à glands doux ; note sur la culture et les usages du pin Laricio ; ge enfin,

uote sur la soude d’Alicante, ou Barille. )

Tao (la famille). Discours prononcé sur la tombe de À. Tuouin, par MM. Cuvier et Core ; in-4. Notice nécrologique sur M. A. Tnouin, de l’académie

des sciences, par C. J. Trouvé; in-8.

M. Tuunsenc. H.— Beskrifning pae svenske djur : foersta classem om mammalia eller daeggan de djuren, af Carl Peter TauwserG (c’est-à-dire Description des animaux de la Suède; classe mammifères). Up- sala , 1708; in-8.

Inaugurationem medicinæ doctorum a condita Acade- mia upsaliensi tricesimam tertiam indicit promotor Carolus Zerrersrroem. Upsaliæ, 1822 , in-folio.

De plantis venenatis; auctor Æstanus-Eman. Harris. Upsaliæ, 1822; in-4.

Fauna Novæ - Hollandiæ, autore John.- Alex. Huss. Upsaliæ, 1822; in-4.

Dissertatio entomologica de hemipteris rostratis capen- sibus; pars tertia, Joannes-Enricus RüNGrEN, auctor ; pars quarta, Carolus-Udalricus WesrerLING ; auctor. Upsaliæ, 1822; deux in-4-

De digitaïi purpurea dissertatio Caroli-Aug. Tezninc. Upsaliæ , 1822; in-4.

Fauna japonica Olai WernserG. Upsaliæ, 1822; in-4.

Dissertatio academica de notione syphillitidis determi- nanda ; autore Sveno -Gottofrido Zimmerr. Upsaliæ, 1922; in-4.

Fauna japonica continuata ab Alexandro magno AuLs- TROEM. Upsaliæ, 1823 ; in-4.

( cxxnr )

M. Toscan. H.— L’Ami de la nature, ou Choix d’obser- vations sur les divers objets de la nature et de l’art. Paris, an VIII ; un volume in-8, avec deux planches.

M2 Unanus. C. Exposicion que al soberano congresso del Peru hizo sobre la hacienda publica. Lima, 1822; petit in-4. à

M. Unsin. C. Le dernier sacrifice humain, poëéme. Pa- ris, 1824; in-0.

M. Vazewris. C. Notice historique sur le docteur Jen- NER , suivie de notes relatives à sa découverte de la vaccine. Nancy , 1823; in-8.

M. Van Renssecarr. C. An essay on salt : containing notice of its origine , formation, geological position and principal localities , embracing a particular des- cription of the American salmes , with a view of it uses in the arts, manufactures and agriculture. New- Yorck , 1823 ; in-8.

M. Vazzor. C. Le ne des Petites-Afliches de Dijon, dans lequel se trouve une lettre de lui sur quatre plantes nommées dans les poésies de Louise Lasr.

SOCIÉTÉ LINNÉENNE -DE PARIS.

LUS AV VV UV VAUT VU EAU VAL VUE VA LU EE AAA VU

: SECONDE PARTIE.

MÉMOIRES.

LA SAV VA VAE VU VALVE VU MU VUS VV LAS VUS

AVR VUU/V VV 8/0 0/0 VV LV 0AV 1/0/0/0/0/0/0/0 LV 0/0 A A 0/0/0 VA 0/00/8707 A//0/V /0/0/Y , /0/0

ÉLOGE DE BROUSSONNET,

PREMIER FONDATEUR DE LA SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE PARIS;

Par M. Arsenxe THIÉBAUT-DE-BERNEAUD,

SÉCRÉTAIRE PERPÉTUEL (1),

000

Mons m'avez chargé, Messieurs, de vous parler en ce jour solennel du premier fondateur de votre illustre Société; je dois m’acquitter de ce devoir pieux, imposé à mon cœur par votre reconnaissance, mais je ne dois point vous dissimuler mes craintes. Déjà le premier zoologiste de notre siècle, M. Cuvier, a rendu à Brous- sonner, au sein de l’Institut (2), les hommages de la grande famille des lettrés; un autre de vos confrères, M. pe CANDoOLLE, a fait retentir sur sa tombe les accens douloureux de la célèbre université de Montpellier (3); que dire après ces hommes éloquens ? comment payer dignement à celui qui vous a donné la vie un nouvean tribut d’admiration et de gratitude? Cependant je dois remplir vos intentions. Heureux, si je trouve encore sur les pas des deux grands talens qui m’ont devancé, quelques fleurs à glaner pour en orner son buste ! heu-

(x) Prononcé dans la séance publique du 28 décembre 1822.

(2) Lu le 4 janvier 1808 à l’Institut, et imprimé dans le volume de 1807 des Mémoires de la classe des sciences physiques.

(3) Lu le 4 janvier 1809, et imprimé dans la même année à Mont pellier, in-4°.

I. 1

OR reux, si, en vous le montrant tel qu'il fut, je puis faire passer dans vos âmes les sentimens dont la mienne est pénétrée, si je rappelle à ceux d’entre vous qui le connurent le savant qui s’est immolé lui-même à la cause de l’humanité! plus heureux encore si j'arrive à faire aimer, à tous ceux qui m'écoutent, ces vertus simples auxquelles l’orgueil des hommes n’érige point de trophées, mais qui ont des autels dans tous les cœurs | Prenne-Manie-Aueusre Bnoussonner naquit à Mont- pellier le 28 février 1761. Fils d’un professeur de mt- decine estimé, il fut, pour ainsi dire, initié dès son berceau dans cet art si difficile, et qui, pour avoir quelque certitude , exige une foule de connaissances aussi profondes que variées. Au commerce des écri- vains de la docte antiquité qui ornent l'esprit, il se plut à marier l’histoire naturelle, si utile dans toutes les circonstances de la vie; il aimait à former des col- lections de plantes, d'insectes, d'animaux; Gouan lui révéla les charmes de la botanique, tandis que son père dirigeait ses études médicales. Plus le champ de l’ob- ervation lui parut vaste, plus il fit d'efforts pour l’ex- ploiter dans tous les sens. L’art d'observer a besoin d’auxiliaires, lorsqu'il veut fixer des objets fugitifs, offrir un repos utile à la mémoire, et en même temps la tenir sans cesse en haleine : Broussonner le reconnut de bonne heure, aussi apprit-il la philosophie des lan- gues mortes qui sont la clef des sciences, et voulut-il savoir le dessin, posséder le talent de manier le burin avec habileté, la musique, et jusqu’à l’art du tourneur. Ii doubla de la sorte son existence par la facilité avec

(5) laquelle il réussissait dans toutes ses entreprises et par la pénétration qu’il y apportait.

A peine âgé de dix-huit ans, il fut en état de faire son entrée dans le monde savant, et de prendre Île bonnet doctoral. Il choisit pour sujet de sa thèse le mécanisme de la respiration (1), et sut lui donner un tel caractère d'importance, qu’elle est encore aujour- d’hui regardée comme un excellent morceau d’ana- tomie et de physiologie comparée (2). C’est ainsi que le génie s’annonce et qu’il acquiert des droits particu- liers à des distinctions honorables. Le premier pas fait par Broussonner dans la noble carrière de l'étude marquait ceux qu’il devait faire par la suite. À travers les fleurs d’une sage érudition et les brillans éclairs d’un esprit heureusement l’on entrevit les germes de plusieurs découvertes; l’on reconnut l'exactitude d’un observateur profond, d’un scrutateur appelé à pénétrer dans le secret des merveilleuses combinaisons des êtres organisés. L'université de Montpellier, jalouse de posséder toujours un sujet aussi distingué, et de fixer invariablement dans son sein un talent qui s’an- nonçait sous des auspices aussi favorables, ne craignit point de demander pour lui la survivance de la chaire qu’occupait depuis long-temps son père, alors accablé d'infirmités.

Des obstacles rendus insurmontables par l'intrigue, tm

(x) Varic positiones circa respirationem; Monspelit, 1778, in-40.

(2) Elle fut imprimée dans plusieurs recueils de thèses choisies, particulièrement dans l'ouvrage de Lupwi intitulé : Dilectus opusc. ad historiam natural. spectant. Lipsiæ, 1796, tom. !, pag. 118 et suiv.

14

(4)

qui obstrue sans cesse toutes les voies de la justice, ne permirent point que ce premier hommage offert au vrai mérile pül se réaliser. La place fut réfusée. On pouvait craindre que ce contre- temps ne révoltât le cœur de Broussonxer et ne le détournät de la carrière qu'il devait parcourir avec gloire. Sa grande âme en décida tout autrement, et, profitant du voyage qu'il fit à Paris dans cette occurrence, il s’ouvritune route nou- velle. Placé sur ce grand théâtre des passions et des talens, il vit d’un œil calme se dérouler devant lui, d’une part, toutes les séduclions qui menacent, qui circonviennent la jeunesse étourdie; de l’autre , les res- sources en tous genres que la moderne Athènes offre à ceux qui veulent utilement employer leur temps, perfectionner leurs connaissances et en grossir le pré- cieux trésor. Son choix fut bientôt fait, L'histoire na- turelle lui donne accès auprès des hommes qui hono- raient le plus le siècle et la patrie, l’histoire naturelle fixe pour toujours ses goûts et ses études.

Depuis trente ans Burron occupait le trône de la science; il avait par l'harmonie de son style pompeux, par la force de son éloquence entrainante, su fournir aux veux de nouvelles facultés pour mieux voir la nature; tandis que des sommets glacés du pôle nord une voix non moins pressante révélait les lois de l’ordre, mon- trait la chaîne immense qui lie tous les corps au grand tout, el complétait l’heureuse révolution préparée par Tounnerorr, et opérée par les brillantes hypothèses, par la plume gracieuse et sentimentale du naturaliste de Montbar. Les botanistes se rangèrent les premiers sous l'égide de Lixxé, et furent demander aux régions

(5)

les plus lointaines toutes les plantes qui devaient rem- plir les cadres devinés par son génie. Rou£ De L’Isic faisait faire à la minéralogie un premier pas, et ouvrait la route que Berawax et Iauy devaient élargir, devaient rendre lumineuse. La zoologie seule négligeait la re- cherche d’une méthode fondée sur les propriétés des êtres dont elle s'occupe, et suivait les divisions intro- duites par Anisrore, lorsque Broussonner osa le pre- mier, en 1780, transporter dans celte science le système de nomenclature de Linxé, la précision des caractères distinctifs et l’art de décrire que ce grand homme avait révélés aux véritables observateurs.

Cette entreprise hardie, quoique soutenue par Dau- BENTON, qui cachait les nobles qualités de son cœur et les ressources de son esprit dans le rôle modeste de simple descripteur d'anatomie, suscita des ennemis à Broussonner, qui le forcèrent à passer en Angleterre. Là, il eut le courage d’exécuter ce que l’enthousiasme venait de lui faire entreprendre, et il publia presqu’en même temps deux ouvrages remarquables, l’un dans lequel il donna, dans le style linnéen, l’histoire de dix poissons de la mer océanique, dont cinq étaient abso- lument inconnus (1); l’autre sur l’opidie barbue, que Puine a très-bien décrite, et qui est recherchée pour sa chair grasse, blanche, fort agréable au goût (2).

ee RE RE Re NE (1) La première partie parut à Londres en 1782, in-fol., sous le titre de : Zchtyologia decus prima. Elle est accompagnée de dix plan- ches dessinées par Broussowner lui-même, et dédiée à Josçra Bancxs, qui fut son ami Le plus constant et le plus dévoué. (2) Ce mémoire est imprimé dans le vol. des Philosophical Transac: lions, pour l’année 1781.

(6)

À ce nouveau gage de sa perspicacité Bnoussoxnrr dut l’honneur de prendre place, à vingt-deux ans, parmi les membres de l’Académie des sciences de Lon- dres (1), et de s’asseoir auprès de Lixxé fils, de Baxcks, de SrArmANw, de Sigrnorr, de Forsrer, et autres savans qui jouissaient d’une réputation euro- péenne.

Dès lors, son porte-feuille s'enrichit chaque jour de recherches curieuses sur les squales (2), sur cet autre poisson que l’on appelle loup marin (3), sur le voilier de la mer des Indes (4), et sur le silure trembleur des rivières de l’Afrique, qui possède, comme la torpille, la singulière propriété de recéler une espèce de bat- terie électrique qu’il décharge pour sa défense (5). IL fit aussi des découvertes importantes sur les vaisseaux

(x) En 1782.

(2) Mémoire sur des différentes espèces de chiens de mer, inséré dans le vol. de l'Académie des sciences de Paris, année 1780, p. 641 à 680, et dans le Journal de physique, tom. XXVI, pag. 5x et 120. Broussonner y décrit 27 espèces de squales, et montre comment Luné, en les plaçant dans la classe des amphibies, a été induit en erreur par le docteur Garpen, lequel avait trouvé dans Porbis épineux des organes si considérables qu’il les prit pour des pou- mons,

(3) Observations sur Le loup marin (anarrichas lupus), inséré dans le vol. de 1785 de la même Académie, pag. 16» à 169, avec fig.

(4) Mémoire sur le voilier (Vichtyophore de LacérÈvE), espèce de poisson peu connue, qui se trouve dans la mer des Indes, inséré dans le vol. de 1786 de la même Académie, pag. 450, avec fig.

(5) Mémoire sur Le trembleur, espèce peu connue de poisson élec- trique, inséré dans le vol. de 1782 de la même Académie, pag. 692,

avec fig, et daus le Journal de physique, tom. XXVIX, pag. 139.

(97) spermatiques des poissons (1), sur le mécanisme de leur respiration (2), sur la faculté régénératrice de lears nageoires (3), sur la présence des écailles dans les individus de cette classe qu’on croirait en être dé- pourvus (4), enfin sur les dents en général et sur les organes qui en tiennent lieu (5).

Après trois années de séjour en Angieterre, Brous- sonner revint à Paris pour offrir à sa patrie le fruit de ses travaux. Il y fut reçu avec autant d’empresse- ment qu’on avait mis de passion à l’en éloigner. Les lauriers qu’il avait recueillis chez l’étranger, les ri- chesses en tous genres qu’il rapportait, autant, peut- être même plus encore ses manières douces et pré- venantes, et cette précieuse modestie qui prêtait un nouveau charme à son caractare aimable, lui firent

EEE nee

(1) Observations sur les vaisseaux spermatiques des poissons épi- neux, insérées dans le vol. pour;1785 de ia même Académie, p. 170.

(2) Mémoire pour servir à l’histoire de la respiration des poissons, inséré dans le vol. pour 1785 de la même Académie, pag. 174, et dans le Journal de physique, tom. XXXI, pag. 289. La plupart des faits cités et des idées développées dans ce mémoire se trouvent dans sa thèse doctorale.

(3) Observations sur la régénération. de quelques parties du corps des poissons, insérées dans le vol. de 1986; de la même Académie, pag. 684, et dans le Journal de physique, tom. XXXV, pag. Go.

(4) Ce mémoire, lu à l'Académie des sciences le 28 mai 1785, est imprimé dans le Journal de physique, tom. XXXI, pag. 12.

(b) Considerations sur les dents en général et sur les organes qut en tiennent lieu, insérées dans le vol. pour 1787 de même Acad., pag. 550. Ce mémoire, dans lequel Broussonnrr établit une compa- raison entre les dents de l’homme et celles des quadrupèdes, devait être suivi d’autres sur les dents de tous les animaux ; ils n’ont jamais, paru.

(8) trouver partout des amis, et un zélé protecteur dans celui-là même dont sa doctrine contrariait le plus les idées, dans l’auteur des Epoques de la nature. On vit alors BnoussonNET successivement appelé au Collège de France (1), à l'Ecole vétérinaire d’Alfort (2), et à l’Académie des sciences (3).

Une marche aussi rapide aux premières dignités liltéraires dut flatter son amour-propre, mais elle n’eut point le pouvoir de l’étourdir, et quoique le monde savant eût déjà la conscience que ce brillant triomphe était bien mérité, il voulut le justifier, ou , comme le disait lui-même, se le faire pardonner. II fit paraître les différens mémoires qu’il avait en porte-feuille ; àl décrivit d’une manière originale une tribu d’êtres dangereux long-temps étrangers à la France, et qui, depuis quelques années, pullulent dans toutes nos villes (4); et en faisant le premier bien connaître cette espèce extraordinaire de sainfoin du Bengale que les

(0

(1) En 1783, comme adjoint à DAUBENTON, qui professait lana- tomie.

(2) En janvier 1784, comme professeur de botanique et d’éco- nomie rurale. Cette chaire fut supprimée en 1788, puis rétablie, et supprimée de nouveau.

(3) Le 1e juin 1785; ses concurrens étaient M. Pinez, aujourd’hui membre de lInstitut, et M. le docteur CHamBon.

(4) En 1784, cet ouvrage parut en latin sous le titre de : Specimer monachologiæ methodo linneano tabulis æreis tribus illustratum, et en français sous celui de : Essai sur l'histoire naturelle de quelques espèces de moines décrits à la ‘manicre de Linne; 1 vol. iu-8° de xxx) et 53 pag., plus trois planches gravées. On Pattribua successt-

vement au baron DE Bonrx et à Hermann, de Strasbourg.

(9)

botanistes nomment {edysarum gyrans (1), à cause de l’oscillation régulière et perpétuelle de ses folioles latérales, il montra les rapports et les différences qui existent entre les mouvemens des plantes et ceux des animaux (2), et donna une explication ingénieuse, quoique peut-être hasardée, de la contraction des feuilles de la dionée et du rossolis (3).

Ennemi de la précipitation qui enfante les erreurs et de la crédulité qui les éternise, il se préparait, par des expériences suivies, à de nouvelles conquêtes dans le vaste domaine de l’histoire naturelle, surtout en physiologie; il étudiait les fonctions vitales dans les plantes et dans les animaux, et il espérait de lumineux résultats de la comparaison qu’il en faisait ; il allait mettre une dernière main à une PAilosophie icthyo- logique (4), œuvre immense que, avant lui, le jeune AnT£pi avait conçue, et qu’une mort prématurée ne lui permit point de terminer; il allait publier un ouvrage intéressant sur la grande tribu des animaux (5), lors-

(1) Cette plante a été découverte aux environs de Dacca, au Ben- gale, par mylady Mowsox, el par elle apportée en Europe en 1777.

(2) Essai de comparaison entreles mouvemens des animaux et ceux des plantes, et description d’une espèce de sainfoin dont les feuilles sont dans un mouvement continuel, inséré dans le vol. pour 1784 de l’Académie des sciences de Paris, pa. Go9, avec fig.

(3) 1 pense que la piqûre de l’insecte donne issue à un fluide qui tenait d’abord les feuilles étendues.

(4) Broussonner présenta le plan de cet ouvrage à l'Académie des sciences le 23 février 1785. Sa méthode est à peu de chose près la même que celle de Lan. Le nombre des espèces décrites s'élevait à 1200, tandis que le naturaliste d'Upsal n’en décrit que 46o. Cet ou- vrage demeuré manuscrit est perdu pour la science.

() Histoire abrégée des animaux, écrite en 1788, et demeurée

(10) qu'il fut chargé de réorganiser la Société d’agricul- ture de Paris, et d’en diriger les utiles travaux comme son secrétaire perpétuel,

Enlevé de ce moment à une carrière il était entré d’une manière si remarquable, Bnoussonnrr se consacra tout entier à l’agriculture et aux recherches utiles à l’économie rurale. Sentinelle placée entre les savans qui travaillent à éténdre et perfectionner les connaissances humaines, et le laboureur qui force la terre à répondre aux premiers besoins de la société, il prépara par son zèle et son activité les progrès ac- tuels de l’art agricole, en lParrachant aux mains de l’aveugle routine, en inculquant dans toutes les têtes les idées d'amélioration qu’il avait puisées à toutes les sources, en faisant adopter les procédés nouveaux lé- gitimés par l’expérience. On le vit alors porter des récompenses solennelles sous le chaume et aux fer- miers les plus recommandables ; on le vit décider, par toutes les voies de l’enthousiasme et de la persuasion, les propriétaires ruraux à diriger eux-mêmes leurs cultures, et à améliorer le sort des habitans de la cam- pagne, que la vanité des esclaves entassés dans les villes accablait d'impôts et de mépris. En un mot, persuadé que la première, que l’unique force des Etats est dans le bon usage de la terre, il s’occupa nuit et jour des nombreux perfectionnemens que pouvait recevoir l’a- griculture, tout ce qui devait le plus sûrement hâter sa

inédite; elle devait être accompagnée de planches in-4°; quarante- neuf étaient grayées. J’ignore en quelles mains les planches de cuivre

sont tombées.

(au)

prospérité, et dans la joie de son cœur il fit le sacri- fice de sa propre gloire aux intérêts de la patrie (1).

On doit à Broussonner la pensée grande et utile de ces Comices agricoles qui, rappelant les plus beaux jours de l'antiquité, opérèrent des prodiges dans les cantons ils tinrent leurs séances. On lui doit les heureux essais qui furent faits dans l’ile de Corse pour la culture du thé; l’acquisition d’une espèce de lapins monstrueuse par sa grosseur; d’une race nouvelle de pourceaux dont la chair est plus délicate que dans la race commune; et de ces chèvres d’Angora que lon vit prospérer durant plusieurs années sur la chaîne du Léberon , montagne assez élevée et formant un des pieds de nos Alpes. C’est encore à lui qu’il faut attri- buer l’acclimatation définitive du mouton mérinos en France (2), et l'introduction dans nos jardins du noyer

(1) Lisez son Année rurale, Calendrier à l'usage des cultiva- teurs; Paris, 1787 et 1788, 2 vol. in-12; la Feuille du Cultivateur, Paris, 1788 et années suiv., 9 vol. in-° ; et les instructions familières qu’il publia sur la culture des turneps ou gros navets, 1785; sur les moyens de suppléer à la disette des fourrages, 1785; sur les feuilles d'arbres employées comme fourrage, 1785; sur le parcage des bêtes à laine, 1785 ; sur le maïs, 1985 et 1786; sur les prairies artificielles, 1786; sur la betterave, 1788; sur les récoltes ravagées par la grêle, 1785, elc., qui furent souvent réimprimées sans nom d’auteur, et par- fois avec une ou deux signatures étrangères à BroussonNET.

(2) On avait contesté à l'Espagne la propriété indigène du mouton mérinos, et on attribuait aux Maures, et même aux Anglais, son introduction dans cette péninsule ; cependant on peut inférer d’un passage de Cocumezse (de Re rustiea, Hb. VIL, cap. 11, p. 606 de l'é- dition in-40 de Gesxer ) qu'il y a plus de deux mille ans que le mé- rinos y ekiste, et qu'il y fut le produit de croisemens successifs. Le mouton mérinos est en France depuis fort long-temps ; au commen-

é (ue ) du Japon (le Ginkgo biloba) et du mürier à papier, originaire de la Chine, dont, avant lui, on ne connais- sait chez nous que l'individu mâle (1). Il aida Pan- menTier à nous révéler les nombreuses propriétés de la pomme-de-terre (2). Dans l'exemple des monta- gnards des Gevennes et de l’Apennin, il apprit aux pays pauvres le parti que l’on peut tirer du genêt d’Es- pagne (3). Il paya un tribut d'hommage à la mémoire de Pucuer DE BELLEVAL, qui créa deux fois le jardin botanique de Montpellier (4), et rendit à Orrvier »E Serres la découverte de travailler l’écorce du mûrier

cement du XVHIe siècle, Cnomez parlait déjà d'individus que on trouvait dans plusieurs endroits de notre patrie. (Déc. économique, tom. 1, p. 133 de l’édit. in-fol. de Lyon, 1709.) En 1552, nE PERCÉ; en 1766,DE TrupaixE; en 1777, DAUBENTON en firent venir quel- ques têtes; les conseils de Broussonxer décidèrent, en 1790, plu- sieurs propriétaires à en importer un plus grand nombre. I’expé- dition de Gizsrrr, qui a péri victime de la parcimonie du gouver- nement et de l'abandon de ceux-là mêmes qui se disaient ses amis, l'a tellement multiplié, qu'aujourd'hui cette conquête est assurée à la France.

(1) Cette plante forme un genre particulier dans la famille des urticées, d'aprés les observations de M. Desronraives et de L'Héni- rer. Ce dernier lui a donné le nom de Broussonnetia.

(2) Parmentier lui rend ‘cet hommage dans son Traité sur la culture et les usages des pommes-de-terre, Yaris, 1789, in-80.

(3) Observations sur la culture et les usages économiques du genét d'Espagne ; im. d’automne 1985, des Mém. de la Soc. d’agr. de Paris, pag. 127 el suiv.

(4) Opuscules de P. Richer de Belleval, premier professeur de botanique et d'anatomie à Montpellier, auxquels on a joint un traité d'Olivier de Serres sur la manière de travailler l'écorce du mürier blanc. Nouvelle édition, par BroussonnerT; Paris, 17985, in-8°. Cette édition n’a été ürée qu'à petit nombre.

("13 )

blanc que d’autres voulaient s’attribuer (1). Il fit plus encore , il ouvrit à ses frais un concours pour le meil- leur éloge de ce patriarche de l’agriculture natio- nale (2), et prépara les élémens d’une nouvelle édition de ses œuvres (3). Heureux du bien qu’il produisait ainsi, Broussonner semblait répandre autour de lui une atmosphère de ce même bonheur qu’il procurait aux autres. Il s’attirait de toutes parts les bénédictions de la reconnaissance que commandaient des services réels, et il fixait l’amitié de tous ceux qui l’approchaient par les soins affectueux qu'il donnait à leur gloire. Il rapportait tout ce qu’il méditait, tout ce qu'il faisait, à la Société d'agriculture; aussi acquit-elle bientôt une considération générale qui détermina le gouvernement à en faire un centre d’où l'influence s’étendrait à tout le sol français.

Le 16 avril 1788 Burron cessa de vivre, empor- tant avec lui la certitude qu’il avait été l’homme de son siècle, et qu’il serait celui de la postérité. Brous- sonner fut chargé de lui rendre un juste et brillant hommage, au nom de cette même Société d’agricul-

ss (1) La seconde richesse du muürier blanc, qui se trouve en son

écorce pour faire des toiles de toutes sortes, non moins utiles que la soie, provenant de la feuille diceluy. Eschantillon de la seconde édition du Thédtre d'agriculture d'Oririer DE Serres. Paris, 1603, petit in-8°. C’est Le 16e chapitre du lieu de cet ouvrage.

(2) Le prix fut décerné par la Société des sciences de Montpel- lier, Le 29 avril 1590, à Dorruès. On en trouve un extrait dans le 15 vol. du Thedtre d'agriculture, pag. x à Ixüj, édit. in-4° de 1804.

(3) I devait donner cette édition avec Lerrsvre et Dupois. (Voy. le compte rendu de Ja Société d’agr. de Paris, an VIL.)

(a) ture dont il fréquentait habituellement les assemblées , et il prenait plaisir à se livrer à la science des cul- tivateurs , qui ne veut ni enthousiasme ni systèmes. Dans cet éloge (1), ainsi que dans ceux de GerBier (2), de Turcor (3), et de ScuugarT (4), il montra une grande flexibilité de talent et une profonde connais- sance du cœur humain, de ce livre dont l’erreur rem- plit tant de pages et dont quelques lignes sont à peine consacrées à la vérité.

Ce fut après la mort de l'historien de la nature, dont il respectait les écarts, que Broussonner conçut l’heu- reuse idée de réunir en famille les partisans des doc- trines linnéennes , tous ceux qui régardaient, avec le philosophe d’Upsal, la méthode comme un fil secou- rable qui seul peut empêcher de se perdre dans lim- mense labyrinthe que le naturaliste veut parcourir. « Buffon, leur dit-il. doué d’un esprit vif et pénétrant, » d’une imagination vaste et féconde, étale à nos yeux » les richesses de la nature, qui s’est fait voir à lui » dans toute sa beauté; Lixxé, rempli d’un génie non » moins vaste, non moins ardent, mais qu’il soumit à » l'observation, pour ne pas s’égarer avec lui, nous

:

(1) Eloge de Buffon, inséré dans le trimestre d'automne 1588 des Mémoires de la Soc. d’agr. de Paris, pag. 80 à 106.

(2) Æloge de Gerbier, même vol., pag. 72 et suiv.

(3) Eloge de Turgot, trim. d'automne 1789 des mêmes Mémoires, pag. 44 à G4.

(4) Eloge de Schubart, culivateur de la Saxe, trim. d’automne 1788, pag. 106 à 117. C’est ce cultivateurfqui reçut le surnom de Klcefeld (champ de trèfle), en mémoire du genre de culture qu'il ayait fait connaitre et adopter dans diverses parties de l'Allemagne.

(15) » montre la nature dans toute sa vérité. L’un paraît ne

» porter ses regards.sur cette riche confusion des cho-

ÿ

» ses, que pour les peindre dans cette confusion même, » et jeter de la variété sur le grand spectacle de la na- » ture : l’autre ne voit, dans ce mélange des êtres, » qu’ un désordre apparent qu'il faut faire disparaître, » pour faciliter et rendre plus utiles les connaissances » naturelles. Cédons par moment à l'imagination, ajou- » tait-il, elle répand quelques fleurs sur le chemin des » sciences, mais ne nous écartons point de la mé- » thode; c’est la voie de la vérité, l'ignorance n’a pas » de plus cruel ennemi. »

Ces nobles accens furent compris ; la gloire du na- turaliste suédois brille d’un nouvel éclat, la Société Linnéenne prend naissance , et tous les amis de l’his- toire naturelle votent une fête champêtre le jour an- niversaire du génie dont ils s’honorent d’être les disciples. Deux années de suite eut lieu la grande so- lennité (1), mais bientôt les troubles politiques sus- pendirent des réunions essentiellement paisibles , et le monument de la reconnaissance, érigé dans le sein d’une antique forêt (2), tomba sous la hache du van- dalisme. Vainement on voulut le relever depuis (5); il fallut se borner à un simple et modeste cyppe dans le jardin des plantes , au pied du cèdre du Liban, sur le- quel, peu de temps après, de jeunes fanatiques por- ièrent une main sacrilége. Tout fut détruit, le nom

(1) Le 24 mai 1788 et le 24 mai 1789, (2) Celle de Saint-Germain-en-Laye. (3) Le 23 août 1790.

(16)

seul de Linxé survécut. Vous avez, Messieurs , réédi- fié le temple, vous avez rétabli la fête solennelle insti- tuée par votre illustre fondateur; ni l’un ni l’autre ne redoutent plus les coups de la destruction ; l’anarchie ne viendra plus étendre son voile funèbre sur les bien- faits de la liberté, sur les monumens de la science; elle ne triomphera plus, quelles que soient les vues se- crèles de certains factieux toujours prets à tout usur- per, à tout empoisonner, quelles que soient les pensées homicides de l'étranger jaloux de notre gloire et de notre repos.

Encore une fois BroussonNeT se voit entraîné hors de la route première de ses études , et, comme malgré Jui, il est lancé dans le tourbillon des aflaires publi- ques (1). Pénétré de cette vérité, trop souvent mé- connue aux temps des troubles, que le philanthrope doit profiter du crédit dont il jouit, de l’autorité que lui donnent ses talens et ses vertus, pour opposer aux usurpations du crime les efforts de la probité, le calme d’une conscience pure et l'empire de la justice, sans laquelle il ne peut y avoir de vraie garantie sociale , il accepta tour à Lour les devoirs d’électeur, qu’il sut rem- plir avec impartialité; les fonctions municipales, du- rant lesquelles il assura , conserva et défendit les in- térêts et les droits de ses concitoyens , et l'honorable mission de législateur. Ami des hommes , idolâtre de

son pays, il n’épousa aucun parti. Il voulait sincère-

(a) I terminait alors une traduetion de l’Æistoire des découvertes et des voyages dans le Nord, par J.-R. Forster, Paris, 1788 , 2 vol

in-$°, avec trois cartes.

(7) ment le triomphe des lumières; le bonheur de ses semblables remplissait seul son âme généreuse. Inca- pable de feindre ou de ramper ; incapable, selon l’ex- pression de MonrarGxe , d’hypothéquer sa conscience, il s’éloigna, du moment que la cause ou l’objet des discordes, sans cesse renaissantes, n’avait pour but que de détourner de la route l’on voulait se lan- cer. Il se retira dans une campagne isolée; mais il n°y goûta plus ce doux repos, ces paisibles jouissances que donne l'étude : il eut beau publier des vues intéres- santes pour lier les sciences avec l’agriculture, en don- nant une direction plus utile au Muséum d'histoire naturelle de Paris (1); ileut beau prêcher d'exemple et tenter de ramener les esprits égarés vers les idées saines et utiles, vingt fois son zèle faillit lui être funeste; vingt fois il fut menacé de perdre la vie et prêt à sui- vre d’illustres victimes sur les échafauds dressés par ces mêmes monstres que nous avons vus plus tard, sous un autre masque, dévaster nos campagnes , incendier nos propriétés. BroussonxeT parvint à s'évader. Il ne fuit point la patrie, mais seulement le glaive assassin suspendu sur sa tête, et du haut des Pyrénées, qu’il traverse sous prétexte d’herboriser, il porte sur la France un regard attendri , lui fait un pénible adieu, et, le cœur ulcéré, maudit les factions qui s’entre-

(1) Vues sur le Jardin des plantes et le Cabinet d'histoire natu- relle.— Réflexions sur les avantages qui résulteraient de la réunion de lu Societe d'agriculture, de l'Ecole vétérinaire et de trois chaires du Collége de France au Jardin des plantes. Brochure sans date, in-8v; Ces vues furent en partie réalisées quelques années aprés,

2

(18) déchirent et boivent à longs traits le sang de l’inno- cence.

Après avoir essuyé toutes les sortes de privations , après avoir couru mille dangérs, Broussoxxer arriva, vers la fin de juin 17095, à Madrid, sans argent , pres- que sans souliers et sans habits. Deux botanistes cé- lèbres, OrTeGA et CAVANILLES, l’accueillirent avec cor- dialité, et lui promettaient d’heureuses journées , lorsque la calomnie et sa hideuse compagne, la persé- cution, vinrent s’allacher à ses pas. Éloigné de Madrid, on le relégua d’abord dans l'Etat de Valence, puis à Xérès, ensuite à Cadix , d’où il s’échappa pour se ren- dre à Lisbonne, près de notre savant confrère M. Con- REA DE SERRA, qu'il fut forcé de quitter presque aussi- tôt. Il erra pendant plusieurs mois dansles campagnes fertiles de lAlgarve et de l’Andalousie : partout il ren- contra des ennemis. Semblables à ces végétaux délé- tères que l’on trouve dans les jardins à côté des plantes alimentaires , ils le suivent en tous lieux pour lui mon- trer que le crime et la vertu sont toujours en présence. Fatigué d’une vie aussi triste, il se décide enfin à bra- ver la mer et les pirates qui la couvrent de leurs voiles homicides , il franchit le détroit, et la sûreté person- nelle qu’il ne peut obtenir sous le roi d’Espagne, il va la chercher et la trouve sous l’empereur de Maroc.

Pendant le séjour qu'il fit sur la côte d’Afrique , BroussonxET éprouva de nouveau le bonheur dans les excursions botaniques et dans l’étude des arts indus- triels dont il espérait pouvoir un jour découvrir les secrets à sa patrie. Îl visita Mogodor et ses mines d’or et d'argent, Fez aux trois villes, et Tétuan, se

(19)

préparent les plus beaux maroquins (1) ; il voit Tanger, Alcassar , Salé, dont les environs lui présentent l’arbre qui fournit la résine de sandaraque (2) et l’argan aux fruits donnant une huile bonne à tous les usages (3), etc. Partout il fait d’abondantes récoltes, partout il réunit des observations précieuses (4) , qu’il adresse à ses amis, qu'il envoie à l’Institut (5).

Il revint un instant en France en 1798. Ge ne fut pas sans une profonde émotion qu’il toucha le sol sacré dela patrie, qu'il entra dans cette ville de Montpellier il avait reçu le jour, et setrouvaient réunis son épouse et sa fille et un frère qu’il ne cessa d’aimer. Bientôt après, la dure nécessité l’obligea de partir pour les Ga- naries , il allait remplir les fonctions de consul de France.

Le voyage ne fut pas heureux, mais, une fois arrivé

(1) Mémoire sur la manière de préparer les maroccains (sic) . Fez et à Tétuan, inséré tom. V, pag. 81 à 88, de la Classe des sciences phys. de l’Institut national.

(2) C’est le Thuya articulata de Wan.

(3) Le Syderoxylon spinosum de Lixxé, l'Elæodendron argam de Scnous»or. Une description exacte de cette plante a été adressée à l’Institut, en 1802, par Broussonxer; elle n’a point été publiée, du moins sous le nom de son auteur.

(4) Cavamizres a publié, de Broussonwer, un mémoire fort dé- taillé contenant la description des plantes qu'il recueillit à Mogo- dor et dans le pays de Maroc: Il existe encore de lui un Florile- gium canariense et une Flore économique des Canaries contenant 1600 plantes; lun et l’autre de ces deux ouvrages sont demeurés in- édits.

(5) Malheureusement elles sont perdues pour la science ; elles n'ont point été publiées.

2,

(20) dans ces iles autrefois appelées Fortunées, il reprit ses habitudes d'exploration. Dans l'ile de Lancerote , peu- plée de chameaux , il fit plusieurs remarques intéres- santes sur l'emploi des végétaux herbacés qui seuls abondent sur ce sol volcanique ; dans celle de Fuesta- Ventura, il étudia l’espèce de ficoïde que les jardiniers connaissent sous le nom de giaciale (1), et dont les graines pulvérisées et cuites servaient à la nourriture des premiers habitans. Dans les Salvages, il introduisit la culture de cette plante, et arracha de la sorte deux pelites îles désertes à la stérilité ; au pied du Ténériffe, il explora cette montagne célèbre , découvrit quatre espèces de lauriers qui y vivent en forêts, et conçut à l'instant l’idée d’une distribution géographique des ctres organisés, dans laquelle il ferait connaître la ré- partition des espèces sur le globe (2). Hélas! le bon- heur que Broussonner goûtait alors ne dura pas. Depuis quatre ans ce savant vivait, en compagnie de sa femme et de sa fille, dans l’antique patrie des Guanches, quand tout-à-coup la mélancolie s'empare

(1) Le Mesembryanthemum cristallinum XL. Les Espagnols la désignent sous Les noms de Barilla moradera et de Ferva de vidrio.

(2) On ne peut contester cette grande pensée à Broussonner; le savant qui l’appliqua le premier à la botanique, M. ve Huusou, avoue qu’il lui en doit Pidée et les premiers matériaux.

Depuis, on s’est emparé de ce système ingénieux pour étudier tous les tres. Déja on y a soumis les poissons, les insectes, les animaux vertébrés; mais, il faut le dire, ces premiers travaux ne sont encore que de faibles ébauches; le temps seul, et des recherches plus nom- breuses, faites avec plus d'attention, fourniront d’amples matériaux pour remplir entiérement par la suite le but que BroussonxET vou-

lait atteindre.

(21)

de son esprit, désenchante tout à ses yeux, et le porte à se regarder, ainsi qu'il le disait lui-même, comme un malheureux exilé, végétant tristement sur un roc volcanisé tout inspire l'af/liction. Sa santé s’altère , et, pour échapper au désespoir , il part , touche l’An- gleterre , traverse Paris, il laisse quelques articles rares